Bardos

BARDOS / BARDOZE (Labourd)

"Ecartelé aux 1 et 4 d'azur à trois pals d'or, aux 2 et 3 de gueules au chêne arraché d'argent et un ours d'or passant sur le fût de l'arbre "

Armes adoptées par la commune en 1982.

Ce sont celles des Suhigaray, qui furent seigneurs de la Salle de Bardos, mais ils portaient des " colonnes " à la place des pals.

La terre de Bardos fut intégrée à l'une des branches cadettes des seigneurs de Gramont vers 1285. En 1605, Pierre de Suhigaray, capitaine du château de Guiche, achète la baronnie de Bardos à Antoine II de Gramont. En 1676, Isabeau de la Salle, héritière de Bardos, fille de Antoine Roger de Suhigaray, s'allie avec Antonin de Salha. Les Salha resteront seigneurs de Bardos jusqu'à la révolution.
Sur la butte Miremont à Bardos, se situe toujours la maison Miremont, citée comme noble en 1530 avec Bernard de Miremont. Cette famille s'y maintiendra jusqu'en 1739 ; elle passera ensuite aux Suhast, Elissalde, Logras et Damestoy.

Sur ces armes, les piliers initiaux, (remplacés par les pals), balisent une entrée dans un lieu hautement symbolique qui peut être un sanctuaire, une maison, voire une terre. Ce sont aussi des attributs de la symbolique maçonnique ; ces colonnes représentent les fondements de l'humanité que sont, selon les Francs Maçons, la justice, la sagesse et la force.

Suhigaray pouvant se traduire du basque par " chênaie d'en haut ", la tentation serait grande de voir dans le chêne un attribut d'armes parlantes, c'est fort possible. Mais la présence de l'ours peut élargir la réflexion. Le couple chêne-ours (ou chêne-sanglier) si souvent associés dans l'héraldique basque, suggère une symbolique bien plus profonde. L'ours fait corps avec le chêne ; ils évoquent tous les deux l'harmonie, l'équilibre, et la parfaite complémentarité entre l'animal et son milieu naturel. Cette association semble d'autant plus inaltérable et indestructible que l'ours (ou le sanglier) ne connaît que peu de prédateurs naturels. On mesure ici la grande simplicité, le caractère rural, que l'on devine dans les nombreuses armoiries basques qui présentent cette association; le titulaire affirme ainsi son enracinement à la terre nourricière.

La particularité de ces armes réside dans les émaux. En effet le chêne et l'ours sont toujours représentés dans leur couleur naturelle (respectivement vert et noir) ; mais cette dérive dans les armes des Suhigaray était intervenue antérieurement à l'adoption des armes par la commune.

Bassussarry

BASSUSSARRY / BASUSSARRI (Labourd)

" De gueules à deux palombes d'argent rangées en pal ,parti de sinople à trois feuilles de chêne d'argent 2 et 1 ; au chef cousu de sable chargé d'une onde d'argent "

Ces armes ont été adoptées par la commune en 1991.

Le village se dénommait " Bile Nave " vers 1170 ; désignant ainsi une sauveté sans doute ecclésiastique. En effet à cette date Pierre Bertrand, vicomte de Bayonne, cède la dîme du lieu à l'évêque de Bayonne. Ces terres furent peuplées au XII° siècle par Guillaume Raymond de Sault, vicomte du Labourd.

Vers 1502, l'évêché de Bayonne et la cure de Bassussarry sont en conflit pour l'attribution des novales, c'est à dire les dîmes levées sur les terres nouvellement défrichées.

A Bassussarry, on connaît depuis 1249, la maison noble Urdainz, toujours présente au golf. Cette bâtisse fut réhabilitée par le comte d'Empire Dominique Garat d'Ustaritz.

Le chef à l'onde d'argent rappelle la Nive et les feuilles de chêne l'ancienne forêt. Les palombes se veulent une allusion toponymique à Bassussarry, qui pour certains provient de Baso Xori (oiseau sauvage), ce qui est une erreur. En réalité, selon JB. Orpustan, Bassussarry vient de Baso Sarri (forêt épaisse) et c'est fort dommageable pour ce quartier d'écu qui se voulait " parlant ".

Bayonne

BAYONNE / BAIONA (Labourd)


" De gueules à la tour crénelée d'or , ouverte ajourée et maçonnée de sable , posée sur une mer au naturel chargée d'ondes d'or, surmontée d'une fleur de lys du même, accostée par deux lions affrontés d'or chacun d'eux brochant sur le fût de deux chênes de sinople englantés d'or "

Sa situation exceptionnelle sur le confluent de l'Adour et de la Nive explique à elle seule la fabuleuse histoire de Bayonne. Avec ces deux fleuves, l'antique cité romaine, se trouve naturellement en relation avec la Gascogne au nord, les Pyrénées à l'est, le Pays de Labourd et les vallées navarraises au sud, et ce à une époque où, en l'absence de routes, le réseau fluvial est l'élément essentiel pour les échanges commerciaux. L'Adour est navigable jusqu'à Saint Sever, sur son affluent la Midouze, on peut remonter jusqu'à Mont de Marsan ; sur les Gaves, autres affluents, on rallie Peyrehorade. La Bidouze, est navigable jusqu'à Came, la Joyeuse, jusqu'à Labastide Clairence et la Nive se remonte jusqu'à Cambo. L'embouchure de l'Adour était à Capbreton; la prospérité du port de Bayonne était liée aux caprices du fleuve qui, au XV° siècle, verra subitement son cours se modifier pour se jeter à Vieux Boucau, avec pour conséquence un ensablement progressif du lit du fleuve. L'activité portuaire déclinera de façon dramatique ; les ports de la côte, Saint Jean de Luz et Hendaye en bénéficieront. Il faudra attendre 1578 et les travaux de Louis de Foix, pour que le Boucau-Neuf soit ouvert.

Le vicomte de Labourd, Fortum Sanche, restitue en 1059 la cathédrale Saint Marie à Raymond le Jeune, évêque de Bayonne ; il lui cède en outre la moitié de la ville. Les seigneurs labourdins, profitant de la fuite des membres du clergé devant les Normands, s'étaient appropriés les biens ecclésiastiques vacants et les revenus des dîmes. C'est lors d'une invasion normande vers 892, que Saint Léon, fondateur présumé du siège épiscopal de Bayonne fut décapité. D'autres donations vinrent enrichir considérablement le temporel de l'Eglise Sainte Marie, partagé entre l'évêque et les chanoines du chapitre.

A propos des noms de Bayonne et Lapurdum, certains auteurs pensent que vers 1100, le nom de Bayonne remplace celui de Lapurdum ; opinion que ne partagent pas E. Goyenetche et Belasque. Dans le Livre d'Or de Bayonne, il est incontestable que Lapurdum et Bayonne cohabitent dès l'origine. Bayonne, à une ou deux exceptions près, est toujours utilisé pour désigner l'évêché, le chapitre ou la cathédrale Saint Marie, c'est à dire l'urbain. Le vicomte est désigné indifféremment de Bayonne ou de Labourd. Le titre de vicomte de Bayonne, se transforme définitivement en vicomte de Labourd, après la séparation politique des deux entités décidée par Richard Cœur de Lion en 1170. Postérieurement à cette date, le Labourd (ou Lapurdum) désignera vraiment le territoire physique et politique de la province ; Bayonne définira l'entité citadine.

On attribue généralement à Raymond de Martres la construction des enceintes du Bourg Neuf. Guillaume Raymond de Sault, vicomte du Labourd, édifie le Château Vieux, les tours de Sault et des Menons qui barraient la Nive en amont, au pont du Génie. La tour de Saint Esprit sur le Réduit, celle du Nard vers les Allées Paulmy, qui contrôlait les anciens marécages et le port du Verger du Nouveau Bayonne. Au gré des guerres, la place forte, ultime rempart face à l'Espagne, verra ses fortifications étendues, détruites, reconstruites ; elles furent en chantier permanent pendant des siècles ; il est évident que pour conserver leur efficacité, elles étaient tenues de s'adapter aux progrès de l'artillerie. Ainsi, au fil des aménagements, les remparts médiévaux tout en hauteur, s'effaceront devant les fortifications rasantes, plus basses mais surtout talutées de terre à l'arrière, pour résister aux tirs tendus de l'artillerie.

Richard Cœur de Lion, troisième fils d'Aliénor d'Aquitaine et de Henri Plantagenet roi d'Angleterre depuis 1154, est investi du duché d'Aquitaine en 1169 ; il recevra l'hommage des seigneurs labourdins en 1170 à Bayonne et en 1190, il sépare Bayonne du Labourd . Il rachète en 1194 les droits du vicomte de Labourd, qui sera désormais administré par des baillis, nommés par ses soins.

C'est Jean sans Terre, frère de Richard et nouveau duc d'Aquitaine, qui en 1215, dote Bayonne d'une charte communale originale, lui conférant franchises et capacité juridictionnelle ; une coutume propre complétera ces dispositions en 1273.

Avec l'assentiment du roi d'Angleterre, Bayonne exercera une hégémonie totale sur toute l'économie du Labourd et sur les pays de Gosse, de Maremne et du Seignanx. Tous les échanges (chargement et déchargement) de marchandises devaient avoir lieu sur les quais de Bayonne, tous les produits de la pêche fluviale du Bec de Gave à Capbreton, devaient être acheminés sur Bayonne. On a vu que les pêcheurs de baleine de Biarritz, approvisionnaient le commerce bayonnais. Outre la production agricole, les Bayonnais entendaient également contrôler les terres de pacage d'Anglet et les forêts labourdines si essentielles à la construction navale.

Dès 1130, Bayonne était dotée de chantiers de construction maritime, situés sur l'Adour et la Nive, qui assurèrent la prospérité de la commune. C'est grâce à ses navires et à ses marins, que Bayonne bénéficiait de toutes les libéralités de la part du roi d'Angleterre. Le souverain y faisait construire ses nefs. Les bâtiments et les marins bayonnais, participaient sans rechigner à tous les combats auprès du roi d'Angleterre. Au Moyen Age, marine marchande et militaire se confondaient ; pinasses, baleinières et galupes pouvaient être rapidement armées. Bayonne était la seule marine de guerre dans le golfe de Gascogne, Bordeaux n'avait pas de flotte.

Signe de grande prospérité, on commence la construction de la cathédrale gothique de Sainte Marie au XIII° siècle, à l'emplacement de l'église romane du XII° détruite par un incendie ; les Labourdins apportent leur contribution financière et manuelle à cette grande aventure humaine qui durera plusieurs siècles, entrecoupée de plusieurs incendies. La tour sud était arrêtée à la base de la flèche en 1544 ; elle sera terminée en 1872. En 1877, la tour nord se dressait enfin.

Les relations entre les Bayonnais et les turbulents Labourdins furent toujours très tendues. Bayonne, malgré les franchises dont devaient bénéficier les Labourdins, imposait les marchandises qui leur étaient destinées. En 1343, le maire de Bayonne, Pé de Poyane, fait mettre à mort cinq nobles labourdins. La réaction des Labourdins fut à la hauteur de l'événement; ils organisent le blocus de la ville, ravagent les possessions extérieures des Bayonnais, massacrent tous ceux qui s'aventurent hors de la ville, n'hésitant même pas à mener des incursions à l'intérieur des murs. Le duc d'Aquitaine intervient pour condamner les Bayonnais ; ils furent condamnés à payer aux Labourdins 1500 écus d'or, et les franchises des Labourdins furent reconnues et confirmées. Bayonne ayant fait appel de ce jugement, les choses traîneront en longueur ; les gens du Labourd menacent alors de reprendre les armes. Le Prince Noir rend une sentence en 1357, qui reconnaît la culpabilité des Bayonnais et confirme aux Labourdins, la franchise sur les vivres nécessaires à leur consommation ; le reste étant taxé.

Au XVI° siècle, les Gramont qui sont maires héréditaires de Bayonne, seront secondés dans leur tâche par de brillants lieutenants de maire, Saubat de Sorhaindo et Johan de Sorhaindo ; la fonction de clerc de ville fut pleinement accomplie par Jehan de Prat, mais le Corps de Ville ne renonçait pas pour autant à sa politique protectionniste et dominatrice. En 1601, un nouveau conflit surgit avec les gens de Capbreton, profitant de la décadence du port de Bayonne, ils entendaient construire un port chez eux ; les Bayonnais se rendirent à Capbreton pour démolir les travaux entrepris. En 1602, les Bayonnais se rendront aussi à Saint Jean le Vieux (ancien nom de Mouguerre) incendier une maison qui se livrait au commerce du vin " …à une grande lieue plus haut de Bayonne " sans doute à Urt.

Durant les guerres de Succession d'Espagne (1701-1714) et de Sept Ans (1756-1763), la " guerre de course " sera l'épopée glorieuse des corsaires de Bayonne et de Saint Jean de Luz. En 1747, la marine des deux cités comptait 31 navires et 4900 hommes d'équipage (ce chiffre paraît élevé, on comptait de 20 à 100 hommes d'équipage par navire). La guerre de course était d'un très bon rapport économique, car les équipages et les Corps de Ville se partageaient les prises en mer. Tout le monde y trouvait son compte, car le roi de France en échange demandait aux armateurs de fournir des navires armés à la marine royale. Ainsi, en 1627, Jean Haraneder offre deux navires à Louis XIII; en 1762, une souscription fut ouverte pour offrir à Louis XV une frégate, baptisée " La Bayonnaise "

A partir de 1680, Vauban assèche les fossés, édifie les ouvrages extérieurs aux remparts et construit la Citadelle à Saint Esprit.

Les Capucins apparaissent en 1615 à l'emplacement de l'église de Saint André (construite elle en 1856), les Clarisses émigrent à la place Montaut en 1688, les Ursulines s'implantent en 1623, sur l'actuelle gare à Saint Esprit. Les Allées Boufflers sont construites en 1685, les Allées Marines en 1727, les Allées Paulmy en 1753, l'hôpital actuel voit le jour en 1866, le pont Saint Esprit est refait en pierres en 1845.
Les rapports entre Bayonne et les Juifs portugais installés à Saint Esprit (d'abord autonome, cette bourgade avait été rattachée à Bayonne en 1584) , considérés toujours comme des concurrents, furent souvent conflictuels. Ils furent accusés de vendre à bon marché, en falsifiant les poids et mesures. En 1753, cette communauté sera dotée d'un Règlement, reconnaissant la religion et les usages juifs et d'une représentativité politique ; elle obtiendra également la capacité héraldique. Même en 1787, le bourg de Saint Esprit demandait l'autonomie politique.
En 1720, la population bayonnaise comptait 14000 habitants.

Les armes de Bayonne ont subi bien des variations au cours des siècles. Elles seront adoptées, dans leur forme actuelle, par le conseil municipal en 1919, après des débats très passionnés parmi les érudits bayonnais. Elles sont tirées d'un sceau de 1351 où figure la cathédrale de Bayonne entourée d'une enceinte fortifiée et, sur le contre-sceau, un léopard brochant sur un chêne. La cathédrale se transformera en tour de défense et le léopard d'inspiration anglaise en lions français.

L'écu est surmonté d'une couronne comtale, flanquée de deux bannières où s'inscrit la devise " Nunquan Polluta " (Jamais polluée). La couronne rappellerait le rattachement définitif à la ville de Bayonne, du quartier Saint Esprit initialement rattaché au comté d'Albret. Saint Esprit fut acheté le 13 décembre 1584, à Henri III de Navarre, futur Henri IV, également comte d'Albret.

La tour rappelle la place fortifiée et c'est sans doute au XV° siècle, à la fin de la guerre de Cent Ans, qu'apparaissent la fleur de lys et les lions rampants à la place du léopard. La fleur de lys n'est pas une quelconque concession royale, mais elle évoque plus sûrement la Vierge Marie, patronne de la cathédrale.

Behorleguy

BEHORLEGUY / BEHORLEGI (Basse Navarre)

" D'argent à cinq fleurs de lys d'azur posées en sautoir "

Ces armes ont été adoptées en 2002.

Elles dérivent des armes de France que portaient les Evreux-Beaumont, comme princes de sang du royaume de France, et qui ont donné trois rois de Navarre : Philippe III le Bon, qui épousera Jeanne de Navarre, Charles II le Mauvais et Charles III le Sage.

Cette terre de Béhorleguy fut érigée en baronnie en 1391 par Charles III, roi de Navarre pour Jean de Béarn, gouverneur du château de Lourdes, qui avait épousé une sœur naturelle du roi.

Elle passera ensuite aux Beaumont, sans doute en 1425, lorsque le même Charles III marie sa fille naturelle Jeanne à Luis de Beaumont, comte de Lérin. Celui-ci était le petit-fils de Louis de Beaumont, frère de Charles II de Navarre, qui aura trois enfants adultérins (Charles, Jeanne et Tristan) d'une liaison avec Marie de Lizarazu, d'une maison noble de Baïgorry.

Ces armes qui portent les lys de France, sont une brisure des armes familiales de Evreux-Beaumont ; Charles III fut le dernier des Evreux à régner en Navarre.

Bergouey-viellenave

BERGOUEY - VIELLENAVE / BURGE - ERREITI (Pays de Gramont)

" Ecartelé au 1 d'azur à la croix de Saint Jacques cousue de gueules chargée en cœur d'une coquille renversée d'or ; au 2 d'or au lion de gueules armé et lampassé d'azur ; au 3 d'or à la vache passante de gueules ; au 4 d'azur au pont à trois arches d'or posé sur deux trangles ondées d'argent "

Ces armes ont été adoptées en 2002.

Vers 1040, Bergon Garcia de Gramont est apanagé des seigneuries de Viellenave de Gramont et de Bergouey. Le lion, symbole de suzeraineté et de puissance, évoque le seigneur du lieu.

A Viellenave, au bout du pont séparant les deux paroisses, à la maison Espitau face à l'église , était situé le prieuré Saint Jacques, bien sur à vocation jacquaire. Cette église du même nom, datant du XIII° siècle, est remarquable par son tympan à clé pendante. Elle servit de sépulture à Arnaud Guilhem de Gramont, qui y fut enterré au retour de Terre Sainte en 1279. Son squelette accompagné d'une dague et d'une épée, fut mis à jour lors de réparations en 1860 ; il fut replacé sous le maître autel. Les Gramont avaient sans doute contribué à son édification. Viellenave abrite également sur la colline La Mulari, les ruines du château primitif des Gramont. Vers 1040, Bergon Garcia de Gramont est apanagé des seigneuries de Viellenave de Gramont et de Bergouey. En 1203, Vivian II de Gramont, y prêtera hommage à Sanche le Fort, roi de Navarre ; son frère Brun de Gramont fera bâtir le château de Bidache vers la même époque.

Dans les armes communales, la croix de Saint Jacques et la coquille, présents au premier quartier, représentent bien sur le prieuré Saint Jacques (à ne pas confondre avec l'Ordre de Saint Jacques de l'Epée), la coquille étant pour les pèlerins. Le pont, qui figure sur le dernier quartier, est celui qui enjambe toujours la Bidouze, et qui dégage un charme incomparable. Il fut à l'origine construit par les Gramont ; ceux-ci y percevaient encore un péage à la fin du XVII° siècle. Le lion, symbole de suzeraineté, est celui que portait les Gramont. La vache nourricière et paisible, rappelle la vocation agricole, de cette contrée gasconne, notamment la culture du maïs.

Beyrie sur Joyeuse

BEYRIE SUR JOYEUSE / BITHIRINE (Basse Navarre)

" Ecartelé aux 1 et 4 de gueules à une aigle d'or ; aux 2 et 3 d'argent au lion d'azur "

Ces armes ont été adoptées en 2002.

Ce sont celles des seigneurs de Domezain en Soule qui deviendront également seigneurs de Beyrie sur Joyeuse, maison noble citée en 1150. Jeanne de Beyrie, héritière de la terre de Beyrie, épouse vers 1440 Guillaume de Domezain, les Domezain deviennent seigneurs de Beyrie.

Le lignage des Domezain s'éteint avec Valentin de Domezain. Lors des guerres de religion, il s'empara de Sauveterre et de Salies. Valentin de Domezain n'ayant pas eu de descendance, sa sœur Isabeau de Domezain hérite des biens, elle épouse en 1541 Jean de Montréal de Moneins.

Tristan de Montréal, leur fils, est seigneur de Beyrie, Domezain, Moneins, Amendeuix, Caresse, Sault, Miotz, puis seigneur de Barcus après son mariage avec Catherine de Belzunce, héritière du lieu. Il meurt en 1608.

La seigneurie de Beyrie reste dans les biens des Domezain jusqu'en 1541, où par alliance, elle sera rattachée aux Montréal, grande famille labourdine. En 1708, les Montréal, seigneurs de Beyrie et de nombreuses seigneuries, par donation, héritent du comté de Trois Villes en Soule. Ils possédaient toujours le château de Beyrie en 1830.

Dans ces armes communales, le lion (roi sur terre) et l'aigle (roi dans les airs), sont le plus souvent opposés. Ils sont tous deux des symboles de puissance et de domination, avec pour l'aigle, une connotation plus guerrière.

Biarritz

BIARRITZ / MIARRITZE (Labourd)

" D'azur à une barque au naturel voguant sur une mer du même, montée par cinq pêcheurs au naturel : trois contournés ramants, un à senestre tenant la barre debout, un à dextre debout s'apprêtant à harponner une baleine cousue de sable brochante sur la mer ; au chef d'or à trois coquilles d'argent ; celle de senestre disparaissant sous un canton de gueules à l'étoile d'argent "

L'écu est soutenu par une ancre d'argent et surmonté d'une bannière portant le cri de guerre Aura , sidus , mare adjuvant me (J'ai pour moi les vents , les astres et la mer).

Ces armes furent composées en 1870 par Mr Genin, d'après un sceau paroissial de 1351. Ce sceau porte les meubles présents sur les armes actuelles, exception faite du chef ; le contre-sceau, représente Saint Martin, une épée à la main, coupant son manteau pour un mendiant, pour rappeler l'église et l'habitat primitif de Saint Martin.

Biarritz, modeste port de pêche, est cité dans le Livre d'Or vers 1150, avec Galinders de Bearitz qui remet la dîme de Saint Martin au chapitre de la cathédrale de Bayonne. La paroisse, quoique très modeste, devait donc déjà posséder une organisation sociale.

L'activité de la pêche se développera autour du Port Vieux, Gardague citée en 1233 et le château de Belay (ou Ferragus) cité en 1198. Plus au sud, c'était autour de Saint Martin, Larrepunte (citée en 1342), Pioche ; vers La Négresse, on trouvait Silhouette (citée en 1362), Harausta (citée en 1498), Legure (Mouriscot), Catalina (sur Bidart).

La chasse à la baleine se pratiquait avant 1270, à cette date, Edouard, fils aîné de Henri III, roi d'Angleterre, signe au nom de son père une charte autorisant les hommes du port de Biarritz à pêcher les baleines contre 15 livres à payer au château de Bayonne. Le port de pêche (il s'agissait du Port Vieux), ne possédait aucune installation, les embarcations étaient tirées sur la grève. A la saison de pêche qui avait lieu en hiver, le guetteur se tenait jour et nuit dans une tour dressée sur l'atalaye. A la vue des cétacés, il sonnait le rappel des matelots ; ceux-ci embarquaient sur plusieurs barques, l'une étant chargée de récupérer les pêcheurs tombés à la mer.

La juridiction de Bayonne sur cette activité se substituera très vite à celle des rois d'Angleterre. En 1315, les pêcheurs de Biarritz devront apporter à Bayonne tout le poisson qui n'est pas destiné à leur consommation personnelle. La baleine prise, l'animal ne sera débité qu'en présence d'un délégué de Bayonne.

Les agriculteurs devaient être peu nombreux. Ils se regroupaient autour de l'église capitulaire de Saint Martin. En 1558, est cité l'héritage de Morisquo (Mouriscot) ; en 1628, la maison noble Migron, avec maison, pressoir, demeure du bouvier et 40 journées de terre.

En 1710, le sieur de Belay, cité comme noble dès 1198, dont le château surplombait le port, jouit d'un banc fermé par une balustrade dans une chapelle de l'église ; comme tous les nobles en Labourd, il tenait à ces droits honorifiques à défaut de posséder d'autres prérogatives. On connaît également Arnaud de Silhouette, secrétaire du roi, revenu s'installer à Biarritz ; son fils Etienne de Silhouette, surintendant du duc d'Orléans, qualifié " noble petite maison de Silhouette (Ziloeta) "

Biarritz relevait du bailliage de Labourd ; les assemblées communautaires se déroulaient à l'église Saint Martin. En 1568, l'assemblée élira 8 mariniers et 4 laboureurs comme jurats. Les habitants jouissaient du droit de pacage pour tout bétail, dans les terres communes.

Au XVIII° siècle, avec l'effondrement de la pêche hauturière (il n'y a plus que 4 pinasses en 1788), la paroisse est victime d'une forte émigration notamment à Pasajes.

Mais dès la fin du XVIII° siècle, on commence à entrevoir le formidable essor touristique auquel est destiné la ville. Elle devient tout d'abord le lieu de villégiature des riches bourgeois bayonnais. Au XIX° siècle, Napoléon III et l'impératrice, tombent sous le charme de Biarritz ; le destin de la station est alors tout tracé. L'empereur construit en 1855 l'Hôtel Impérial (l'actuel Hôtel du Palais) ; il y recevra les chefs d'état étrangers. La vogue des bains de mer, la verve de Victor Hugo en 1843, ouvrent une ère nouvelle et irréversible. Le petit village de pêcheurs disparaît pour laisser place à une cité où se côtoie toute l'aristocratie européenne. La ville se transforme ; en 1837, le Port Vieux est remis en valeur, on élargit et on nivelle les voies, on plante les tamaris. Le port des pêcheurs est aménagé en 1863, la chapelle impériale voit le jour en 1864, la même année on pose la Vierge sur le rocher du même nom ; la mystérieuse villa Beltza, cabaret russe des années folles est édifiée en 1880 ; la gare est inaugurée en 1911. Ce développement difficile à maîtriser, aura pour corollaire la démesure de nombreuses constructions. En 1897, on dénombrait 10000 habitants à Biarritz, il y en avait moins de 2000 en 1850.

Les armoiries communales évoquent la chasse à la baleine, principale activité de Biarritz, petit port de pêche au Moyen Age, jusqu'à la fin du XV° siècle, date à laquelle le cétacé disparut de nos rivages. Les coquilles du chef sont-elles liées à une activité " jacquaire " ? Certes, des pèlerins devaient passer par Biarritz, lorsqu'ils longeaient la côte, mais la paroisse ne semble pas avoir été une halte " compostellane ", on n'a pas trouvé d' " Ospitalia " à Biarritz. L'étoile, selon quelques érudits, rappellerait l'usine à gaz chère à Mr. Guenin ; nous ne le pensons pas. Pour notre part, nous préférerons que la luminosité dispensée par l'astre nocturne, évoque le rôle sécuritaire tenu par le phare de Biarritz.

Bidarray

BIDARRAY / BIDARRE (Basse Navarre)

" De gueules à la crosse croisée de Roncevaux d'or accostée de deux coquilles du même "

L'écu, s'affiche sur un parchemin ; il est cerclé d'une chaîne fermée en pointe par une émeraude de sinople ; qui rappelle les chaînes de Navarre.

Bidarray est à l'origine rattachée à Ossès ; elle est couverte de forêts denses (on y faisait encore des battues aux loups en 1818), gérée pour partie par la collectivité, le reste relève du roi de Navarre ; les limites de l'un et de l'autre étant souvent contestées. Les premiers défrichements ont lieu au XVII° siècle, autour de la commanderie tenue par les Augustins de Roncevaux, près de l'église actuelle. C'est là que s'établissent les premiers peuplements, sans doute des cadets des principales maisons d'Ossès. Outre le bois qui alimente les nombreuses forges, ces forêts abritent en transhumance d'immenses troupeaux de porc. On compte soixante feux en 1677 et Roncevaux cèdera à cette date la chapelle aux nouveaux habitants, pour pallier à l'éloignement de l'église d'Ossès. En 1712, les habitants de Bidarray demandent d'être représentés par un jurat à la communauté d'Ossès ; ils obtiendront satisfaction en 1726. Mais cette nomination n'apparaît toujours pas effective vers 1785, période à laquelle les bois communaux seront répartis en indivis entre les sept hameaux existants d'Ossès.

Bidarray est érigée en commune en 1790, malgré les protestations véhémentes des gens d'Ossès ; mais cette érection sera effective en 1800 pour les 1376 habitants que comptait alors la paroisse.

La commanderie de Bidarray, en vertu d'un procédé d'échange avec les chanoines de Roncevaux, devient possession de l'évêché de Bayonne en 1712.

On retrouve dans ces armes communales les coquilles, emblèmes jacquaires et la crosse croisée de Roncevaux. Les Augustins de Roncevaux installeront au XII° siècle, autour de l'église actuelle une commanderie, pour accueillir les pèlerins en route vers Saint Jacques de Compostelle.

Bidart

BIDART / BIDARTE (Labourd)

" Parti au 1 de sinople à une falaise d'argent mouvante du flanc dextre posée sur une mer du même , sommée d'un phare crénelé d'or ajouré du champ et enflammé de gueules ; au 2 de gueules au navire d'or voguant de front sur une mer d'argent en pointe , équipé d'une voile d'argent chargée d'une croix basque (contournée) de sable et girouetté de sinople ; une vergette d'or brochant sur la partition est accostée de dix billettes du même posées en pal 5 et 5 "

L'écu est soutenu par un harpon ; devise : Bidartean Zuzena Onena (le meilleur des chemins est le plus droit). Ces armes ont été adoptées par la commune en 1958.

On connaissait à Bidart deux maisons nobles : Dona Maria (citée en 1412) et Haritzagerre (1505). Comme dans l'ensemble du Labourd, Bidart relevait du bailli du Labourd, représentant du roi ; elle participait aux assemblées du Biltzar du Labourd.

L'église du XVI° siècle abrite des fonds baptismaux offerts par la reine Nathalie de Serbie. La chapelle Saint Joseph, bien conservée, était le lieu d'assemblée des pêcheurs ; la chapelle d'Ur Ona, était l'objet d'un culte particulier. La chapelle Sainte Madeleine, détruite en 1817, fut reconstruite en 1820.

Au Moyen Age, Bidart est un port de pêche à la baleine qui englobait Guéthary ; cette dernière fut définitivement reconnue comme paroisse en 1633, mais elle devait bénéficier déjà d'une certaine autonomie, car elle est présente au Biltzar du Labourd en 1567.

Le port primitif de Bidart se situait à Uhabia. Comme sur l'ensemble de la côte, on pêchera la baleine jusqu'à sa disparition vers la fin du XV° siècle. Par la suite, ce sera le thon et la sardine. Le port d'Uhabia s'ensablera progressivement au début du XVIII° siècle et les pêcheurs de Bidart utiliseront alors le port de Parlementia à Guéthary, où plusieurs démêlés juridiques, liés à la propriété et la jouissance du port de Guéthary opposeront les deux paroisses en 1749.

En 1697, il y avait 116 marins à Bidart (5,3% de la population) ; à Guéthary, on en comptait 89 (15% de la population). En 1748, Bidart fournissait 43 hommes à la Milice du Labourd, pour une population de 2200 habitants.

Bidart est aussi connu pour ses sources (Ur Ona, Contresta, Plazako Iturria…), auxquelles on attribuait des vertus médicales. Au siècle dernier, il fut même envisagé de commercialiser ces eaux minérales.

Le château d'Ilbaritz, sur la colline Handia, domine Bidart et Biarritz ; il fut construit en 1894 par l'original baron de l'Epée.

Dans les armes communales, la tour de guet qui servait à repérer les cétacés, est sans doute celle de Koxkenea, qui surplombe la plage de Parlamentia ; la flamme évoque le feu que l'on allumait pour sonner le rappel des pêcheurs ; en l'occurrence, il semble qu'à Koskenea on utilisait une cloche. Le navire évoque bien sur la pêche. La croix basque voit ses lobes tourner vers la gauche (par convention, si on la dénomme croix basque, elle tourne plutôt dans l'autre sens), il aurait été peut être plus judicieux de l'appeler " croix à virgules ". Les billettes, semblent ici baliser ou tracer le chemin qui, comme l'indique la devise, doit être le meilleur, car le plus droit.

Biriatou

BIRIATOU / BIRRIATU (Labourd)

" Coupé mi-parti en chef, au 1 d'or au lion de gueules tenant en sa patte dextre un dard du même péri en barre parti d'azur à la fleur de lys d'or ; au 2 de gueules à la rose des vents d'argent bordé d'or aux pointes d'or et de sable, l'aiguille d'azur brochante en barre la pointe en bas ; au 3 d'azur chargé de quatre ondes en filet d'argent et un saumon courbé du même nageant sur le dos dans le champ "

Ces armes ont été adoptées en 1988.

Biriatou était à l'origine un quartier d'Urrugne, elle devient paroisse en 1603 (en même temps que Ciboure, autre hameau d'Urrugne), confirmée en 1630 ; mais Urrugne maintiendra une tutelle sur le hameau, principalement la levée des gens de guerre et le droit d'usage des nouvelles terres communales

Avant 1630, son histoire se confond avec celle d'Urrugne. Toutefois, en 1305, l'église Saint Martin de Briato était une annexe du prieuré de Zubernoa, fondé vers 1137 et tenu par les prémontrés ; elle fut sans doute l'église primitive du quartier. Saint Martin versait en 1702, 450 livres de dîme au prieuré de Zubernoa ; celui-ci disparut en 1792. Au XVII° siècle, le hameau comptait sept feux (soit une trentaine d'habitants) ; au début du XVIII°, il y avait trente cinq feux. Boniortz, était une maison noble de Biriatou, citée en 1266. En 1654, Boniortz appartient à Martin d'Aprendisteguy.

Les Biriatuars, s'embarqueront bien sur pour la pêche hauturière, mais ils pratiqueront aussi la pêche au saumon dans la Bidasoa, avec bien sur, son cortège d'incidents avec les riverains espagnols.

En avril 1793, les armées espagnoles pénètrent en Pays Basque, elles occupent Urrugne, Hendaye et Biriatou. Les forces républicaines, inférieures en nombre, se retranchent dans les redoutes. Le 28 juin, les Espagnols sont refoulés d'Urrugne, mais ils s'accrochent autour de l'église de Biriatou. L'hiver passé, les Français reprennent l'offensive sur toute la frontière en juin 1794 ; Biriatou fut ainsi dégagée. Son église fut reconstruite en 1852. Durant ces combats, Biriatou, comme ses voisines, fut pillée. Les réfugiés des guerres carlistes augmenteront sensiblement la population au XIX° siècle.

Dans les armes communales, apparaissent les armes de la province du Labourd, qui sont aussi celles d'Urrugne, la paroisse d'origine. La rose des vents, évoque la navigation et l'aiguille indique la position de la commune. Le saumon, rappelle la pêche dans la Bidassoa.

Bonloc

BONLOC / LEKUINE (Labourd)

" Parti , au 1 d'or à la crosse croisée de Roncevaux de sinople ; au 2 d'azur au bourdon de pèlerin d'or accompagné de trois coquilles du même posées 1 en chef et 2 sur les flancs "

Ces armes ont été adoptées en 1993.

Bonloc abritait une commanderie qui appartenait aux chanoines de Roncevaux (Notre Dame de Bon Loc (ou Bon Lieu) ; cette commanderie, ainsi que la terre de Bonloc sont citées pour la première fois en 1287 dans les registres de Roncevaux. La commanderie était dirigée par un commandeur nommé par l'abbaye-mère de Roncevaux ; c'est elle qui bénéficiait de tous les profits. La commanderie abritait un hôpital qui accueillait les pèlerins de Saint Jacques de Compostelle.

La commanderie possédait toute la terre de Bonloc. C'est le commandeur qui distribuait la terre aux habitants selon son bon vouloir. A Bonloc, les habitants au nombre de 30 à 36, ne possédaient pas de biens propres ; chaque maison disposait d'environ de quatre arpents (environ 1,2ha) de terre cultivée pour ses besoins propres et ceux du commandeur. Les gens de Bonloc étaient assujettis à quantité de travaux et corvées, ils étaient mobilisables sur simple appel du commandeur.

En 1475, en 1500, les d'Ibusty sont commandeurs fermiers à Bonloc. En 1540, Pierre Dibusty, obtient le fermage de la commanderie pour trois ans, il était prêtre du diocèse de Bayonne. A partir de 1603, ce seront les Garro qui obtiendront cette charge ; en 1617, ils possédaient en fermage 20 maisons.

Lors de l'échange des biens entre l'évêché de Bayonne et l'abbaye de Roncevaux en 1712, la condition des habitants ne s'améliora guère. Malgré de nombreuses tentatives d'affranchissement, en 1743, les habitants de Bonloc étaient toujours métayers de l'évêché et encore astreints à des journées de travail. En 1789, Bonloc n'était toujours pas représentée au Biltzar du Labourd. C'est dire que la Révolution fut sans doute accueillie avec enthousiasme dans la paroisse.

Dans les armes communales, les coquilles et le bourdon de pèlerin sont des emblèmes jacquaires. Les armes de Roncevaux, figurent avec la crosse croisée de sinople sur champ d'or. A noter que la crosse se termine en pointe d'épée pour souligner le caractère autoritaire des Augustins de Roncevaux.

Briscous

BRISCOUS / BESKOITZE (Labourd)

" Parti au 1 d'or au lion d'azur ; au 2 de gueules à l'encrier et la plume posée en barre, le tout d'argent, coupé de sinople à une tour de saline d'or à la façade cousue de gueules ; à la bordure générale d'argent chargée sur les flancs de six gerbes de sinople 3 et 3 "

L'écu est timbré d'un heaume de chevalier surmonté de trois panaches et orné de lambrequins d'argent et de sinople.

Ces armes ont été adoptées en 1993.

En 1330, Briscous est détachée de la souveraineté du Labourd pour être intégrée à la seigneurie de Guiche, laquelle sera acquise par les Gramont en 1485. Cette seigneurie est vendue par Athalia, dame de Guiche à Pées d'Albret en 1340. Mais en 1567, lors du Biltzar, Briscous figure à nouveau parmi les paroisses labourdines ; elle n'était donc plus sous la souveraineté des Gramont.

Dans les armes communales, le lion rappelle les seigneurs de Gramont, la paroisse fit partie des biens des Gramont de 1485 à 1567. La plume est pour Johanes de Leizarraga de Briscous, curé de Labastide Clairence, traducteur du nouveau testament en Basque sur la demande de Jeanne d'Albret ; la traduction sera imprimée en 1571. La tour des salines rappelle les activités liées à l'exploitation du sel dans la commune (il existe un quartier Les Salines) et les gerbes d'ajonc qui chargent la bordure représentent les six quartiers du village.

Bussunarits-sarasquette

BUSSUNARITS-SARRASQUETTE / BUZUNARITZE-SARRASKETA (Basse Navarre)

" Ecartelé ; au 1 de gueules à la croix pommetée d'argent ; au 2 d'or au chêne arraché de sinople au sanglier de sable brochant sur le fût ; au 3 d'or à l'aigle de gueules au vol abaissé; au 4 de gueules à quatre coquilles d'argent rangées deux et deux "

Ces armes ont été adoptées par la commune en 2002.

Dans cet écartelé, on trouve au 1 les armes des Apat, maison noble de Bussunarits, citée en 1313, dont le château est toujours existant ; au 2 apparaissent les armes des Etchacon, autre maison noble de Bussunarits citée en 1412 ; au 3 figurent les armes des Etchepare, maison noble de Sarrasquette citée en 1294 ; les coquilles du 4 évoquent la commanderie de Saint Nicolas d'Apat-Ospital, tenue par les chevaliers de Saint Jean de Jérusalem dès le XII° siècle

Les seigneurs d'Apat seront des militaires au service du roi de Navarre ; mesnadiers ou alcade de Viana en 1507. Vers 1520, l'héritière d'Apat épouse Pierre de Saint Esteben (Arberoue), chevalier, officier de la maison du roi de 1522 à 1549 et son lieutenant au château neuf de Bayonne. Son fils Jean sera capitaine du roi et gouverneur de Dax de 1564 à 1584. Par alliance, la seigneurie passera aux Etchepare de Sarrasquette.

De la seigneurie d'Etchacon (ou Chacon) est issu Jean de Etchacon qui , par son mariage avec Jeanne de Salazar ( héritière de Saint Pée ) deviendra seigneur de Saint Pée sur Nivelle vers 1455 . Leur fils Jean de Etchacon (alias Chacon) sera bailli du Labourd de 1515 à 1532 ; il épousera Isabeau de Gramont. Leur fille Françoise apportera les seigneuries de Saint Pée sur Nivelle et d'Etchacon aux Caupenne d'Amou, après son mariage avec Jean III de Caupenne en 1535. En 1722, cette salle appartenait aux Apesteguy (d'Anhaux) car Mlle d'Apesteguy, héritière de Chacon épouse M. de Haramburu d'Etcharry, qui fut reçu aux Etats pour Chacon le 24 juillet 1723.

Jean Etchepare se marie à Jeanne de Saint Julien d'Ahaxe. En 1664 Guillaume d'Etchepare écuyer épouse Catherine de Lostal, fille du seigneur d'Apat, qui se retrouve héritière d'Apat, à la mort de son frère. Les deux seigneuries d'Apat et d'Etchepare se retrouvent ainsi réunies. Les Apat-Etchepare s'allieront aux Urdos de Baïgorry au XVIII°siècle.

Les Commanderies d'Apat -Ospital et d'Irissarry, furent saisies par Jeanne d'Albret en 1568, lors des guerres de religion.

Les paroisses de Bussunarits et de Sarrasquette furent réunies en 1841.