Ibarolle

IBAROLLE / IBARLA (Basse Navarre)

" Taillé, au 1 de gueules à une chaîne de montagnes d'argent mouvante d'une traverse d'azur surmontée d'une croix basque d'or en franc quartier ; au 2 de sinople à un troupeau de (8) brebis au naturel paissantes posées sans ordre en pointe, surmontées d'un bélier passant au naturel à la tête noire accornée d'or et accompagnées en chef d'un pèlerin au naturel marchant vêtu et capuchonné d'or, s'appuyant de la main senestre sur un bourdon de pèlerin le tout du même"

L'écu est accosté de deux guirlandes de feuilles de chêne.

Ces armes ont été adoptées par la commune en 2006.

Située en Ostabarret, Ibarolle comme son nom l'indique (" ibar " signifie vallée en Basque), se déploie dans une vallée qui lui est propre, entre des monts qui s'élèvent très rapidement ; un ruisseau mythique serpente le long des maisons, c'est le Laminosin, qui naît dans le " gouffre des Lutins ". De cette vallée, par le col de Gamia, on pouvait rejoindre Saint Jean le Vieux, l'antique capitale du Pays de Cize.

A Ibarolle, se trouve toujours la maison noble Etchepare, citée en 1350, que l'on peut admirer près de l'église et qui arbore ses armoiries sur son claveau de porte. Vers 1488, Pierre d'Etchepare épouse Jeanne d'Uhart, fille du seigneur d'Uhart et Sorhapuru ; son fils épousera l'héritière d'Uhart d'Aïnhice.

En 1763, Catherine d'Etchepare s'allie à Jean de Lafaurie, seigneur de Socarro de Zabaltze à Saint Jean le Vieux. Leur descendance prendra le nom de Lafaurie d'Etchepare.

Uhaldea, autre maison noble, est connue aussi en 1350 à Ibarolle. Au XVIII° siècle elle passera entre les mains de Lespade, Etcheverry d'Arbouet et Casamajor Salabert de Sauveterre.

Dans les armes communales, la chaîne de montagnes est celle qui surplombe la vallée et la traverse d'azur est pour le ruisseau des " Laminak ". La croix basque, est un symbole identitaire du Pays Basque ; la commune revendique ici son appartenance et son attachement à cette communauté. Le troupeau de brebis, rappelle le pastoralisme, propre à toute vallée étroite ; l'élevage est la seule activité agricole envisageable sur des pièces de terre de petite superficie au profil tourmenté. Le pèlerin bien sur évoque le pèlerinage de Compostelle ; l'Ostabarret était un des carrefours incontournables de ce phénomène spirituel de masse qui touche l'Europe entière à partir du XII° siècle, avec ses innombrables couvents et hôpitaux qui jalonnaient les chemins jacquaires. C'est à Ostabat que se rejoignent les trois importantes voies de Vézelay, du Puy et de Tours, avant de rejoindre les Ports de Cize et la Collégiale de Roncevaux, par Utxiat et Saint Jean le Vieux.

Iholdy

IHOLDY / IHOLDI (Basse Navarre)

" D'or à la bande d'azur "

Iholdy, avec Armendarits et plus tardivement Irissarry, pour des raisons historiques mal connues, formaient une entité administrative particulière. Cédées au royaume de Navarre vers 1191 par Richard Cœur de Lion, le roi d'Angleterre contestera cette cession vers le milieu du XIII° siècle. Ces trois paroisses n'étaient rattachées à aucune des Cours Générales de Pays qui les entouraient ; elles n'étaient constituées que de simples Assemblées Paroissiales.

A Iholdy, on dénombrait plusieurs maisons nobles citées au XIV° siècle : Olce, Etxepare, Intzaurgarate, Jauregiberri, Uhalde et Elizabelar qui était elle portée comme noble aux Etats de Basse Navarre en 1522. La chapelle Oxarty, dédiée à Saint Blaise, porte la date de 1595, mais elle pourrait être bien plus ancienne.

La maison d'Olce est bien sur la plus connue à Iholdy ; le château réhabilité récemment fut celui qui fur édifié par Mgr d'Olce, évêque de Bayonne de 1643 à 1681 ; il bénit à Saint Jean de Luz le mariage de Louis XIV et de l'infante d'Espagne le 9 juin 1660.

La terre d'Olce fut érigée en baronnie le 14 mai 1655, en faveur de Antoine d'Olce, frère de l'évêque.

Ces armes communales sont attribuées à la commune d'Iholdy par Vital Genestet de Chairac dans l'Armorial de Basse Navarre (1845). Il cite comme source l'Armorial Général du Royaume de Navarre (n°1.847).

Irissarry

IRISSARRY / IRISARRI (Basse Navarre)

" D'azur à la bande d'or cantonnée en chef d'un croissant versé et en pointe de trois étoiles posées en orle le tout du même "

L'histoire d'Irissarry est indissociable de celle de Commanderie des Chevaliers de Saint Jean de Jérusalem, ordre Hospitalier tant religieux que militaire fondé au milieu du XI° siècle, qui deviendra l'Ordre de Malte.

Dans le Livre d'Or de Bayonne, Irissarry est citée en 1194 " Hospitale et oratorium de Irizuri ", les Hospitaliers étaient aussi présents à Saint Esprit, hors de Bayonne et à Aphat-Ospital à Bussunarits. C'est autour de la Commanderie que s'agglutinent les premières habitations ; au XIV° siècle, on dénombrait 23 maisons fivatières et quelques maisons sans doute franches. Le Commandeur avait droit de basse et haute justice; il jouissait des droits seigneuriaux et prélevait la dîme, excepté quelques maisons qui relevaient du chapitre de l'évêché de Bayonne.

Pour des raisons historiques qui nous échappent, Irissarry formera tardivement avec Iholdy et Armendarits une " université ", au statut très particulier.

Au cours du XVI° siècle, avec l'annexion de la Navarre et son cortège de guerres revendicatives aboutissant à la partition du vieux royaume, puis les guerres de religion, s'ouvre une période des plus confuses ; soit par destruction, soit par délabrement, la Commanderie est en ruines. Martin de Larrea, nommé commandeur en 1602, sera chargé de la reconstruction ; l'ouvrage sera terminé vers 1615. En 1794, la commanderie est vendue en bien national pour 46000 livres à JB. Larrouy de Saint Palais.

Il ne faut pas, comme on a pu tenter de le faire, rechercher l'origine de ces armes communales chez les Irisarri, lignage navarrais de Yanci, connu seulement au début du XVII° siècle (1611), alors que la paroisse était déjà dénommée Irrissarri en 1249. D'ailleurs, aucune des nombreuses branches (une dizaine) de cette importante famille ne porte des armes mêmes approchantes de celles portées par la commune.

Elles sont attribuées à la commune d'Irissarry par Vital Genestet de Chairac dans l'Armorial de Basse Navarre en 1845 ; il cite comme source l'Armorial Général du Royaume de Navarre (n° 30).

Le clocher de l'église, devait être une tour de défense, à laquelle était adossée l'oratoire Saint Jean, qui deviendra sans doute église paroissiale à la fin du XIX° siècle.

Dans ces belles armes, la bande, pièce dite " honorable " dans le langage héraldique est un attribut de chevalerie selon les anciens héraldistes. Les étoiles et le croissant de lune sont des éléments de lumières nocturnes très complémentaires.

Dans ce dualisme, le croissant (ou la lune) nous ramène à notre condition de mortels. Mais si la vie terrestre s'est achevée, elle n'est pas pour autant totalement éteinte ; en basque, la lune se dit " ilargi ", ce qui se traduit par " la lumière des morts " ; cette délicate expression puise ses racines dans la mythologie basque. Les étoiles, lumières célestes dans les ténèbres, sont d'une intense luminosité ; elles évoquent la plénitude de l'homme dans sa vie, la lumière de la lune est celle de l'après vie.

Irouleguy

IROULEGUY / IRULEGI (Basse Navarre)

" De gueules à six billettes d'argent rangées en fasce 3 et 3 "

Ces armes ont été adoptées par la commune en 1999.

Irouléguy, fait partie de cette vallée qui relie les Pays de Baïgorry et de Cize ; la grande majorité des maisons de cette vallée étaient fivatières des vicomtes de Baïgorry.

Les armes adoptées par la commune sont celles des Etxeberri, citée en 1412 " sanz decheverri " ; en 1397 garcie d'Echauz, bâtard du vicomte de Baïgorry, était sieur d'Etcheberry. Cette maison fut anoblie tardivement ; en 1664, elle était aux Urdos, maison noble de Baïgorry, qui la possédait encore à la veille de la Révolution ; ils possédaient également Sorhoeta, autre maison noble d'Irouléguy, vers la même époque.

Il y avait un château à Irouléguy (sans doute celui dénommé en 1366 " lassale diruleguy ") ; ce château fut semble-t-il restitué aux Beaumont en 1486 par Jean d'Albret, éphémère roi de Navarre.

La commune d'Irouléguy est surtout connue pour son vin, seul cru du Pays Basque. La production viticole fut très prospère jusqu'à la fin du XIX° siècle ; les ravages du phylloxéra entraînent un déclin irrémédiable. La profession réagit et s'organise en syndicat en 1945, autour de Baïgorry, Anhaux et Irouléguy. En 1970, l'AOC est élargie à six autres communes et s'étend sur 150 hectares. La qualité du produit de la Cave Coopérative d'Irouléguy est unanimement reconnue à ce jour.

Ispoure

ISPOURE / IZPURA (Basse Navarre)

" D'argent à l'arbre de sinople au pied nourri surmonté d'un pigeon de sable au vol contourné "

La commune a adopté ces armoiries en 1997.

Ces armes sont dérivées de celles des Eliceiry de Lantabat (le pigeon contourné remplaçant un corbeau), qui deviennent seigneurs de la Salle d'Ispoure après le mariage de Pierre II d'Eliceiry et de Marie d'Ainciondo, héritière de la Salle au début du XVIII° siècle. Ils le resteront jusqu'à la Révolution.

La paroisse d'Ispoure abritait à elle seule une vingtaine de maisons nobles, citées au XIV° siècle. Outre Jauregia (ou Casemayor), les plus connues sont celle de Lastaun et surtout celle de Larrea (ou Lalanne).

Les Larrea, après avoir servi les rois de Navarre, compteront parmi les fidèles de Jeanne d'Albret lors des guerres de religion du XVI° siècle. En récompense, en 1570, la reine de Navarre dotera Jean de Larrea de la Commanderie de Saint Michel ; elle avait pour cela destitué les les chanoines de Roncevaux. Puis, en 1570, son frère Marc fut pourvu de la charge de châtelain de Navarre, capitaine des Ports de Cize. Cette fonction, dont l'importance est difficile à apprécier, restera chez les Larrea jusqu'en 1770, car ils surent habilement rentrer en grâce auprès des rois de France, sans doute avec le soutien d'Henri IV.

En 1724, la terre de Larrea fut érigée en baronnie par Louis XV, en faveur de Pierre de Larrea.

La paroisse d'Ispoure avait pour annexe le prieuré de la Madeleine à Saint Jean le Vieux qui dépendait des Prémontrés de Lahonce.

Dans ces armes communales, l'arbre évoque la puissance et l'invulnérabilité dans sa lutte contre les éléments. A sa régénération régulière est associée l'idée de durée et d'immortalité. Le pigeon qui surmonte l'arbre, quoique maladroitement contournée, est un attribut de l'esprit rejoignant les cieux après avoir quitté l'arbre de vie.

Isturitz

ISTURITS / IXTURITZE (Basse Navarre)

" De gueules à une tour d'or, maçonnée et ajourée de sable, ouverte du champ, cantonnée en chef à senestre d'une chauve-souris d'argent "

Ces armes ont été adoptées par la commune en 2003.

Elles sont citées à Isturits par le Diccionario Onomastico y Heraldico Vasco et sont visiblement en rapport avec le château royal de Rokafort.

Entre Isturits et Saint Martin d'Arberoue, au sommet de la colline qui abrite les grottes préhistoriques d'Oxocelhaya, on aperçoit encore les ruines de la tour de Rokafort. La fonction première de ce fort devait être l'observation. Occupée par un petit détachement, Rokafort relevait directement du roi de Navarre qui désignait les capitaines châtelains. Ainsi, Charles II de Navarre, confie au début du XIV° siècle la garde de Rokafort à Johanicot d'Urtubie, puis à son frère Adam ; Charles III confiera le fort à Jean de Béarn, gouverneur du château de Lourdes qui avait épousé sa sœur naturelle Jeanne.

Les ruines de la chapelle de la paroisse de Sainte Eulalie d'Isturits, sont encore visibles en contrebas des grottes.

Si on ne connaît pas précisément l'origine de ces armes communales, à leur lecture, on peut sans grand risque les attribuer soit à l'un des capitaines châtelains (mais ils pouvaient porter aussi leurs armes familiales), soit peut être à la fonction de commandement de Rokafort. Dans ces armes, la tour évoque bien sur un ouvrage militaire de défense et de protection. La chauve-souris, oiseau nocturne, réputé ne jamais s'assoupir, est symbole de vigilance ; elle est la sentinelle qui veille au sommet du fort. Rappelons aussi que dans nos campagnes les chauves-souris clouées sur la porte protégeaient des mauvais sorts.

Jatxou

JATXOU / JATSU (Labourd)

" Parti au 1 d'or au lion de gueules tenant de la patte dextre un dard péri en barre du même; au 2 d'azur à une façade de chapelle d'argent, au clocheton du même ajouré du champ, portillé de tenné le contour de l'ouverture maçonné de sable, la chapelle est posée sur une champagne de sinople semée de points d'or sans ordre (fleurs de genêt) "

Ces armes ont été adoptées en 2002. Elles sont en partie parlantes, Jatxou venant de " jats " qui en basque signifie genêt.

Le lion évoque la province du Labourd. La chapelle avec son prieuré est celle de Saint Sauveur. C'était un lieu de passage pour les pèlerins de Saint Jacques de Compostelle, tenu par les Prémontrés de Lahonce, comme l'étaient également Otsanz non loin d'Ustaritz et Saint Jacques de Gostoro à Souraide. Tous ces établissements " jacquaires " se situaient sur l'axe labourdin qui de Bayonne menait à l'abbaye de Urdax, proche de la frontière et de Ainhoa.

Au XVII° siècle, des Clarisses de Bayonne, en délicatesse avec leur couvent, occuperont la chapelle Saint Sauveur pendant quelques années.

A proximité de la chapelle de Saint Sauveur à laquelle on associera son nom, se trouvait " Faldaracon ". Ce pouvait être une paroisse regroupée autour d'une abbaye laïque. En effet, en 1253, " WS de labadie de jahsu " engage à l'évêque et au chapitre de Bayonne pour dix livres de Morlaas, la dîme du lieu. Ces biens seront d'ailleurs acquis en 1611, après une vente en adjudication, par Bertrand de Hiriart, chanoine du chapitre de Bayonne ; ce qui facilitera l'installation des Clarisses vers 1637.

Jatxou faisait partie d'Ustaritz à l'origine ; elle s'en détachera en 1507.

Jaxu

JAXU / JATSU (Basse Navarre)

" Coupé au 1 d'or à l'ours passant de sable ; au 2 d'argent au buisson de sinople au pied nourri fleuri d'azur "

Ces armes sont celles des Ganaberro, famille noble de Jaxu, citée en 1304, qui se mettra au service du roi de Navarre. Cette maison fut acquise en 1683, par Bernard de Saint Martin, vicomte de Baïgorry par alliance depuis 1650, qui l'assigna à une prébende en 1685. En 1697, son petit-fils Jean de Saint Martin, vicomte, vendra Ganaberro à Arnaud d'Olhagarai, seigneur de Lascor (ou Jassou), autre célèbre maison noble de Jaxu pour 1800L. La paroisse comptait une dizaine de maisons nobles.

La maison de Lascor, ou Salle de Jassou, est surtout connue pour être la maison natale du père de Saint François Xavier, Jean de Jassou. Celui-ci y naquit vers le milieu du XV° siècle, par sa mère, il était seigneur de Idocin en Navarre ; par son mariage avec Marie d'Azpilcueta, il devient seigneur de Xavier et d'Azpilcueta. Son fils cadet François vient au monde au château de Xavier le 7 avril 1506. Il quitte le château familial à dix neuf ans ; en 1525, il entreprend des études supérieures à Paris au collège Saint Barbe. En 1529, il rencontre Ignace de Loyola et ensemble ils se donnent à Dieu en 1534 avant de fonder l'ordre des Jésuites. François Xavier entame alors sa vie d'évangéliste aux Indes, en Malaisie, au Japon ; victime d'une fièvre tenace, il s'éteint en atteignant les côtes chinoises en 1552.

L'église de Jaxu possède des vitraux armoriés ; une quinzaine de villages du Pays de Cize y sont représentés. Outre la Salle de Jassou, on reconnaît également les armes de Jeanne d'Arc et celles de la famille d'Ignace de Loyola le fidèle compagnon de François Xavier.

Ces armes sont partiellement parlantes : Ganaberro pouvant être traduit du Basque par " broussaille d'en haut ", le buisson étant ici assimilé à la broussaille. L'ours est peut être celui de la Salle de Jassou (après l'acquisition de Ganaberro en 1697) ; il est ici passant alors qu'il est dressé dans les armes des Jassou. L'ours, emprunté au bestiaire celte, par sa force primitive, sa sauvagerie ou sa brutalité, symbolise la classe guerrière.