Saint Esteben

SAINT ESTEBEN / DONOZTIRI (Basse Navarre)

" D'or à l'arbre de sinople sommé d'une pie au naturel "

Ces armes ont été adoptées par la commune en 2003 ; ce sont celles des seigneurs de Saint Esteben qui apparaissent en Arberoue vers 1350.

La maison noble Jauregi est citée en 1249 " Sancto Stephano " puis " San Esteban de Arberoa " (Saint Etienne) en 1321, avant que Jauregi ne soit citée en 1366 " salle de Saint Esteben ".

De nombreux membres du lignage des Saint Esteben furent des militaires au service du roi de France. On connaît aussi des religieux : Gabriel de Saint Esteben, évêque de Couserans en 1680 ; Tristan de Saint Esteben est curé d'Iholdy en 1670 ; Jean Louis de Saint Esteben est jésuite à Paris ; Jean Louis Xavier de Saint Esteben, curé de Ciboure et député du Clergé de Labourd à l'Assemblée Constituante de 1789.

Jean de Saint Esteben, chevalier, seigneur de Saint Esteben devient baron de Sault d'Hasparren par son mariage avec l'héritière Françoise d'Ibusty en 1685. Les Saint Esteben occuperont désormais le château de Sault. La seigneurie de Saint Esteben est érigée en vicomté vers 1750 au bénéfice de Jean Gabriel, en récompense sans doute de sa brillante carrière militaire.

La branche aînée des Saint Esteben s'éteint en 1778 ; une branche cadette est héritière des deux seigneuries de Sault et de Jauregia. Par alliance, Charles de Lafutzun, baron de Lacarre, devient baron de Saint Esteben et de Sault. En proie à de graves difficultés financières, il vend en 1788 la vicomté de Saint Esteben à Pellegrin de Soubelette de Ciboure ; en 1789, Sault sera vendu à la famille Diesse de Larressore.

La paroisse de Saint Esteben, abritait aussi une autre maison noble célèbre, celle de Sorhaburu connue en 1266, date à laquelle, un fils cadet de Gramont est seigneur de Sorhaburu, sans doute par alliance. Au début du XVIII° siècle, l'héritière de Sorhaburu épouse Jean Louis de Lascor de Jaxu, maison natale de Saint François Xavier.

En 1435 douze maisons de Saint Esteben furent anoblies : Agerre, Argainbehere, Etxebertze, Etxebertze-Urruzpuru, Etxegoien, Larrondo, Uharte, Urruzpuru, Irurita, Mendibil, Minxe, Uharte-Etxeberri. Par cet anoblissement (il y en eut 128 dans l'ensemble de l'Arberoue), le roi de Navarre entendait s'aliéner les populations d'Arberoue pour la défense de la vallée, frontalière du Labourd, où s'annonçaient les derniers combats de la guerre de Cent Ans entre les rois de France et d'Angleterre.

L'église, toute proche de Jauregia, ancien château vicomtal, et sans doute ancienne chapelle seigneuriale, avec son clocher-mur, est du XVII° siècle. Une très belle croix de pierre située au bord de la route d'Hasparren porte la date de 1683 ; elle fut l'œuvre de Pedro de Peleretegui.

Dans les armes communales, l'arbre est assimilé au chêne en Pays Basque, il est un des symboles des plus forts de notre pays. Par sa résistance aux éléments et la noblesse de son bois, il évoque la force, la puissance, il impose le respect. A sa régénération régulière, est associée la notion de durée et d'immortalité ; le chêne est la vie sur terre. Il ne faut pas attribuer à la pie la connotation un peu négative que lui prête l'époque contemporaine. Au contraire, dans les périodes les plus reculées, la pie était l'oiseau du bonheur. Par sa position au sommet de l'arbre, l'oiseau se situe entre terre et ciel. C'est le vol de l'oiseau qui assure cette relation entre les deux mondes terrestre et céleste ; c'est un messager. C'est aussi lui qui transporte l'âme des défunts vers les cieux. Les oiseaux que l'on voit souvent figurer sur les linteaux de pierre rappellent l'esprit des défunts qui continuent de veiller sur la maison souche.

Saint Etienne de Baigorry

SAINT ETIENNE DE BAÏGORRY / BAIGORRI (Basse Navarre)

" D'or à trois trangles ondées d'azur , au chef du même chargé d'un croissant versé d'argent et une champagne également d'azur chargée d'une étoile à huit rais d'argent "

Quelques héraldistes pensent qu'à cause des " trois fasces " ces armes découlent de celles des vicomtes d'Etxauz. Nous ne le pensons pas, d'autant que plusieurs familles du nom de Baigorri sont connues en Navarre (près de Estella et Tafalla) vers 1650 et 1764 et que, pour ajouter à la confusion, ces familles portent les mêmes armes que la commune de Baïgorry.

Le Pays de Baïgorry regroupait au XIII° siècle onze hameaux : Urdoz, Leizparz, Saint Etienne, Otikoren, Okoz, Germieta, Irulegi, Soroeta, Anhauz, Lasa, Azkarate. La Vicomté de Baïgorry, comprenant les onze hameaux, fut crée par Sanche le Grand vers 1033 au bénéfice de Garcia Loup I. Les premiers vicomtes sont navarrais, proches de la cour royale. Au XIV° siècle, Semen Garcia IV, le vicomte de Baïgorry, est aussi seigneur d'Etxauz, maison noble citée en 1350. Son fils hérite de la charge vicomtale sous le nom de Jean d'Etxauz ; désormais se succèderont les vicomtes d'Etxauz.

La vallée de Baïgorry, donnera progressivement naissance aux villages des Aldudes, Banca et Urepel. Ces hameaux sont progressivement peuplés à partir du XVI° siècle avec les cadets de Baïgorry, malgré l'opposition des assemblées du Pays de Baïgorry, qui désiraient conserver ces terres dans les biens communs. La paroisse des Aldudes apparaît au XVII° siècle (une première chapelle y est signalée à la fin du XVI° siècle) ; Urupel, quartier des Aldudes, devient commune en 1862. A Banca les Romains exploitaient déjà des mines de cuivre ; reprise au XVIII° siècle, l'activité cessait au début du XX°. Le vicomte d'Etxauz sera autorisé en 1640 à construire une forge pour fondre le fer ; il s'engageait en 1741 à livrer en quelques années 1200 canons.

La vallée offrait aussi une particularité, il n'y avait pas de maisons franches, toutes étaient fivatières de la quarantaine de maisons nobles. Au XIV° siècle, le vicomte de Baïgorry (maison d'Etxauz) possédait à lui seul une centaine de maisons fivatières (sur 280 citées), ce qui était considérable.

En 1650, la branche aînée des Etxauz, vicomtes de Baïgorry, s'éteint par les mâles et Claude Honorée, héritière de la vicomté, épouse Bernard de Saint Martin vicomte de Biscarosse. Le dernier vicomte d'Etxauz fut Bernard de Caupenne, fils de Marthe Madeleine de Saint Martin, vicomtesse d'Etxauz et de Henry de Caupenne d'Amou. L'une des filles de Bernard de Caupenne, Jeanne-Marie-Marguerite, épousera en 1795 Jean Isidore Harispe qui deviendra maréchal de France en 1851.

Le château d'Etxauz est acheté en 1848 par Mm. d'Abbadie d'Arrast pour son troisième fils Charles, frère d'Antoine installé lui à Hendaye. Le petit-fils de Charles, Harry sera l'assistant de Charlie Chaplin. Partiellement brûlé pendant les guerres de conquête de la Navarre par la Castille vers 1515, puis durant les guerres de religion, le château fut rapidement reconstruit à la fin du XVI° ou début du XVII° siècle. Il fut remanié par Henri de Caupenne au XVIII° et restauré par Charles d'Abbadie d'Arrast au XIX° siècle. Ses propriétaires actuels l'ont assurément sauvé des ravages du temps et de l'oubli.

Les relations seront très tendues entre la population et la vicomtesse Marthe de Saint Martin. Mais au XVII° siècle, cette situation conflictuelle avec la noblesse était perceptible partout en Pays Basque. Marthe entendait user de tous ses droits de banalité. Elle se plaignait des " quêtes de moulade " qui détournaient les habitants des moulins seigneuriaux. Les gens des Aldudes, n'hésitaient pas à faire mouler le grain dans les vallées espagnoles. Après l'achat de la terre d'Ortikoren (elle était aux Ahaxe) par le vicomte d'Etxauz en 1670, Marthe exigea que les anciens fivatiers des Ahaxe utilisent les moulins vicomtaux ; sans doute ces fivatiers avaient-ils pris leur aises avec les droits de banalité. La vicomtesse s'opposa aussi à la construction d'un moulin communautaire. En 1775, la communauté soutiendra avec succès un procès contre Caupenne d'Amou qui entendait percevoir les droits de chasse.

Pour faire face aux envahisseurs Espagnols, c'est à Baïgorry que sont constituées en 1792 les quatre compagnies des Chasseurs Basques qui, selon leur coutume, éliront leurs chefs : Victoire, remplacé après sa mort en 1794 par Harriet pour la première compagnie ; Harispe commandait la seconde ; Lassalle la troisième et le Souletin Darhampé la quatrième.

Il faut attendre 1790 pour voir la naissance de la commune de Saint Etienne de Baïgorry, par le regroupement des bourgs de : Urdoz, Leizparz, Saint Etienne, Otikoren, Okoz et Germieta; Soroeta sera rattachée à Iruleguy.

Plusieurs hameaux possèdent leurs anciennes chapelles ; l'église de Baïgorry date du XII° siècle.

Dans les armes communales de Baïgorry, les fasces ondées évoquent généralement l'eau ; ici il pourrait s'agir de trois cours d'eau. On reconnaît à l'eau deux significations principales : elle est source de vie (il n'y a pas de vie possible sans eau) et elle est un moyen de purification, de guérison. La lune et l'étoile sont des astres lumineux mais nocturnes. La lune symbolise le passage de la vie vers la mort, sa lumière plus pâle que celle du soleil ou des étoiles, est celle des morts ; d'ailleurs la lune, " ilargi " en basque, se traduit par " lumière des morts ". L'étoile, symbole de spiritualité, est elle, comme le soleil, lumière de vie. L'étoile et la lune sont terriblement complémentaires, l'une et l'autre ne brillent que dans les ténèbres, assimilé au monde des morts. Elles évoquent la vie et la mort qui sont le destin de toute l'humanité.

Saint Jean de Luz

SAINT JEAN DE LUZ / DONIBANE LOHITZUNE (Labourd)

" Coupé au 1 d'azur , au navire voguant de sable, équipé et girouetté d'argent , brochant sur une mer du même ; au 2 de gueules au lion d'or couronné du même, parti d'azur à une crosse d'argent posée en pal "

Armes adoptées sous leur forme actuelle en 1992.

Ces armes furent celles de Jean de Haraneder-Poutil qui à quelques nuances près furent enregistrées par Charles d'Hosier en 1698. Jean de Haraneder était maire de Saint Jean de Luz.

Saint Jean de Luz est cité vers 1186 " Sanctus Johannes de Luis ". Quatre maisons nobles sont connues : Jaldai (citée en 1233), Phagasu (1235), Santsu (1249), Urthaburu (1253).

Vers 1150, Bertrand de Bayonne, vicomte de Labourd et d'Arberoue, fait don au chapitre de la cathédrale de Bayonne, de la baronnie de Saint Jean de Luz avec tous ses droits seigneuriaux : droits de justice, de pêche, de péage… Une bulle de Clément VI confirme cette possession en 1194.

La ville de Saint Jean de Luz était encore une possession du chapitre de l'évêché de Bayonne au début du XVII° siècle.

Les chanoines du chapitre, après l'avoir un temps concédée, vendront la baronnie aux habitants de Saint Jean de Luz le 28 mai 1570. Mais, en 1600, ils reviennent sur cette vente et les Luziens effectueront un nouveau versement de 510L. Mais le chapitre ne s'en tenait pas là et il contestait toujours semble-t-il le montant de la transaction. Le roi intervient par un arrêt en 1632 ; il déboutait les chanoines dans leurs prétentions, mais imposait aux jurats un nouveau versement de 6000L ; la paroisse mettra 81 ans… à s'acquitter de cette dette.

Les Luziens comme leurs voisins, pratiquaient sans doute la pêche côtière à la baleine dès le XI° siècle. Le développement de Saint Jean de Luz intervient au XV° siècle, avec la disparition des cétacés du golfe de Gascogne. Les pêcheurs les poursuivront plus au nord, de plus en plus loin ; la pêche hauturière en Terre Neuve est née. Mais elle bénéficie aussi d'un autre facteur imprévisible, la détérioration des conditions de navigation sur l'Adour. Le lit du fleuve change sa trajectoire et s'ensable progressivement ; le déclin du port de Bayonne est alors irrémédiable. Saint Jean de Luz conservera le monopole de la pêche, même après le percement du boucau actuel en 1578. En Terre Neuve, les pêcheurs basques découvriront la morue. Vers 1750, ils pêcheront la sardine ; vers 1950, ce sera le thon, d'abord près des côtes puis au large du Sénégal.

Les navires de 500 tonneaux pénétraient sur la Nivelle plus en amont qu'aujourd'hui , à l'abri des vents du large (les digues n'étaient pas construites) ; chantiers de construction navales, entrepôts, ateliers divers, tous les équipements portuaires s'étalaient le long des quais de la Nivelle .

Le contrôle du port et les profits en découlant, furent à l'origine de constants affrontements, souvent violents, avec Ciboure devenue autonome en 1603 et Urrugne, en la personne de Tristan d'Urtubie. Les Récollets s'installeront en 1613, sur l'île de la Nivelle, entre les deux paroisses, pour apaiser les tensions.

La prospérité de Saint Jean de Luz atteint son apogée au XVII° siècle. Les armateurs accumulent des fortunes considérables, tels Lohobiague, chez qui Louis XIV logera lors de son mariage en 1660, ou les Haraneder, qui offriront deux navires armés au roi de France. Saint Jean de Luz comptabilise alors 10000 habitants et Ciboure 3000.

Cette richesse de Saint Jean de Luz, régressa au début du XVIII° siècle. D'abord, les assauts de la mer causent régulièrement des ravages dans la ville : en 1707, en 1722 le quai de Socoa est emporté, en 1749 deux cents maisons sont dévastées. Pourtant en 1686, Vauban avait dressé un plan de protection de la baie avec l'intention d'en faire un port militaire ; faute de moyens, ce projet ne vit pas le jour. Il faudra attendre 1867 pour que Napoléon III fasse réaliser les ouvrages préconisés par Vauban, tels qu'ils existent aujourd'hui avec les trois digues et le mur de garantie le long de la plage.

Viennent ensuite les guerres incessantes de Louis XIV. L'édit de 1669, relatif à l'enrôlement systématique des marins, eut des conséquences dramatiques ; les armateurs furent privés d'équipage. Les Luziens s'opposeront violemment aux décisions royales ; Gramont, gouverneur du roi enverra 400 hommes pour les ramener à la raison. Néanmoins, les marins Luziens furent de redoutables corsaires, parmi ceux-ci : Dolabarats, Michel le Basque, Coursic, Harismendi, Saint Martin. Le traité d'Utrech de 1713, privant la France de ses possessions de Terre Neuve, assènera un coup fatal à la pêche.

Avec le règne de louis XV, et une paix relative qui s'en suivra, l'activité reprend ; on construira 87 navires de pêche, les Basques retrouveront les mers du nord à Saint Pierre et Miquelon.

De part sa situation, Saint Jean de Luz, comme ses voisines labourdines, subira tout au long de son histoire de fréquentes invasions. Durant la période anglaise, une armée castillane pillera la ville et incendiera l'église. En 1438, elle subit des exactions de la part du célèbre routier Rodrigues de Villeandro. En 1523, le prince d'Orange, après avoir ravagé Sauveterre et Bidache, s'abat sur Saint Jean de Luz. En 1542, nouvelle incursion des Espagnols qui pillent la ville et brûlent le château d'Urtubie.

En 1558, Bertran de la Cueva, duc d'Albuquerque, qui combat pour Charles Quint, se livre à un carnage total ; navires, entrepôts, maisons furent pillés et brûlés. Ce fut le désastre le plus terrible qu'eut à subir Saint Jean de Luz. Durant la guerre de Trente Ans, en 1636, les Espagnols franchissent à nouveau la Bidasoa et se livrent à de nombreux excès ; Ciboure fut pratiquement détruite.

Ces nombreuses armées d'invasion ne rencontraient que l'opposition de la milice du Labourd ; jamais les rois de France n'entretiendront une armée en Labourd, ils renforçaient la garnison de Bayonne et laissaient les Labourdins seuls face aux envahisseurs.

En 1820, la ville ne comptait plus que 2500 habitants. La population actuelle comprend de nombreux descendants des réfugiés des guerres Carlistes du XIX° siècle.

Saint Jean de Luz possédait un hôpital jacobite, sans doute à l'ancien couvent des Ursulines.

La construction de l'église actuelle fut entreprise après l'incendie de 1558 et fut terminée vers 1670 ; c'est dire qu'elle était en chantier lors du mariage de Louis XIV en 1660. Vers la fin du XVII° siècle fut construit le clocher et en 1755 l'escalier extérieur.

Dans les armes communales de Saint Jean de Luz, dérivées de celles des Haraneder en 1696, le navire évoque l'importance et la diversité du port (pêche, commerce et armement de navires) ; le lion couronné rappelle les vicomtes du Labourd qui firent donation de la ville au chapitre de la cathédrale de Bayonne, évoqué par la crosse épiscopale.

Saint Jean le Vieux

SAINT JEAN LE VIEUX / DONAZAHARRE (Basse Navarre)

" D'or à neufs besants tourteaux parti d'argent et de gueules, 3 3 et 3 "

Ces armes ont été adoptées par la commune en 2001. Elles présentent une anomalie héraldique : le champ d'or et le parti d'argent sont incompatibles.

Saint Jean le Vieux, du nom de l'ancienne paroisse Saint Jean d'Urruti, l'épithète " le Vieux " qualifiant l'antériorité sur sa voisine Saint Jean Pied de Port, est mentionné sous cette dénomination en 1293. Elle est la vénérable ancienne " capitale " de Cize, avant la création par le roi de Navarre de la ville neuve de Saint Jean Pied de Port à la fin du XII° siècle ; le souverain y entretenait déjà un châtelain vers 1190.

Saint Jean le Vieux regroupe trois paroisses médiévales. Deux sont délimitées par le Laurhibar : Saint Pierre d'Usacoa sur le plateau de Zabalza et Saint Jean d'Urruti ; la troisième Saint Blaise, du nom de la chapelle d'Aphat-Ospital, qui s'étendait jusqu'à Ahaxe (Libiete, Libietabehere… étaient rattachées à la communauté de Saint Blaise au XVII° siècle). L'église Saint Jean d'Urruti, ancienne église paroissiale, fut dévastée par les guerres de religion. L'église de Saint Pierre d'Usacoa, l'actuelle église paroissiale Saint Pierre, possède un portail du XII° siècle ; elle fut restaurée à plusieurs reprises au XVII° siècle, notamment par Martin de Vizcay, l'historien et prêtre bas-navarrais.

Les Romains avaient édifié en ces lieux un camp important sur la rive droite du Laurhibar ; sur cette vaste terrasse entre la route de Saint Jean Pied de Port et la rivière, furent effectuées les premières recherches en 1966 par JL.Tobie. Ce camp aurait été une étape désignée Imus Pyreneus (pied des Pyrénées) et située sur l'itinéraire d'Antonin (III° siècle) Bordeaux-Astorga.

Summus Pyreneus (sommet des Pyrénées), autre étape de cet itinéraire et malgré quelques avis divergents, devait sans doute être érigée à Urkulu ; mais si tout le monde s'accorde à reconnaître à l'édifice une origine romaine, il n'en est pas de même de sa vocation : tour de défense ? Observatoire ? Trophée ? On ne sait.

Saint Jean le Vieux fut ensuite une importante étape jacquaire ; le prieuré hôpital de la Madeleine de la Recluse tenu par les Prémontrés de Lahonce au moins en 1328 et la commanderie d'Aphat-Ospital dépendant des chevaliers de Saint Jean de Jérusalem dès 1194, accueillaient les pèlerins en provenance d'Ostabat, d'Ordiarp, voire d'Irissarry. Pour atteindre Roncevaux, les jacquets pouvaient soit rejoindre les ports de Cize par Saint Michel, soit passer par Saint Jean Pied de Port et Arneguy.
A Zabalza, une maison Arsoritz, qui fut selon Haristoy une abbaye laïque en 1147, puis noble en 1264, est une commanderie possédée par les Augustins de Roncevaux vers 1350. L'abbaye de Roncevaux percevait les dîmes à Saint Pierre d'Usacoa et nommait à la cure ; elle possédera l'église de Saint Jean d'Urruti à la suite d'un legs de Pierre Sanche d'Urruti en 1243.

En 1427, les jurats de Saint Jean Pied de Port s'opposent au châtelain de la ville Jean d'Armendarits, à Herrandito commandeur d'Arsoritz et à Jean d'Irumberri, qui prétendaient à l'administration, et donc aux revenus, de l'église Saint Pierre, droit revendiqué par lesdits jurats. Une sentence de justice confirmait les droits des jurats de Saint Jean Pied de Port, exceptés la propriété et le patronage de l'église qui étaient à l'abbaye de Roncevaux. Cet épisode nous montre que, depuis plus de quarante ans, la paroisse de Saint Pierre était administrée par les jurats de la ville voisine. Mais les choses semblent évoluer, car l'année suivante en 1428, les jurats de Saint Jean le Vieux s'opposent à ceux de Saint Jean Pied de Port, pour des règles de préséance à l'église lors des rogations ; ceux de la " nouvelle capitale " prétendaient occuper le premier rang, statut honorifique que ceux de Saint Jean le Vieux n'entendaient pas leur reconnaître. Le procès qui s'ensuivra donnera raison aux jurats de Saint Jean le Vieux.

C'est à l'église Saint Pierre d'Usacoa que se tenaient les " assemblées générales des voisins, manants et habitants du Pays de Cize " ; à l'exclusion de la ville de Saint Jean Pied de Port qui avait sa propre administration.

Les jurats de Saint Jean Pied de Port détenaient les droits de justice criminelle sur les Pays de Cize, Baïgorry, Ossès et sur les principautés d'Iholdy, d'Armendarits et d'Irissarry. Les jurats de Saint Jean Pied de Port dont il est question sont évidemment ceux de la ville neuve fortifiée, distincte de Sainte Eulalie d'Ugange, aujourd'hui incluse dans Saint Jean Pied de Port mais qui au Moyen Age était une paroisse autonome.

Au nord-est du camp romain, sur Kaxkomendi, le château (certainement une tour de défense) de San Per se dressait sur sa motte féodale ; gardien du Pays et de la route des Ports mais aussi symbole de puissance et d'autorité. C'est autant pour réduire cette puissance que pour protéger les jacquets que Richard Cœur de Lion rase le château en 1177. Il ne sera plus reconstruit.

L'actuel château de Salha se dénommait au Moyen Age " château de Saint Pée (ou Samper) ", à ne surtout pas confondre avec San Per, ci-dessus évoqué. Selon J. de Jaurgain, le château de Saint Pée fut édifié vers la moitié du XIII° siècle, par Garcie Arnaud de Sault /Saint Pée. Le château de Salha fut acheté par Louis Etcheverry, député, qui fondera en 1887 le journal Eskualduna, qui deviendra Herria. Ce château abrite aujourd'hui des colonies de vacances.

La maison noble Irumberri est citée en 1249. Vers 1247, l'héritière de la Salle épouse Bernard de Sault.

Le château d'Harrieta est cité comme maison noble en 1150 ; le château avait sa propre chapelle. En 1582, Simon de Garat, seigneur de ladite maison noble d'Ahaxe, est sieur de Harrieta. Le château devient propriété des Larralde de Villefranque au XVII° siècle ; il le restera jusqu'à la révolution. La terre d'Harrieta sera érigée en baronnie en 1691 au bénéfice de Sauveur de Larralde.

Dans les armes communales, les besants ou les tourteaux se différencient par les émaux : les besants sont de métal (or ou argent) et les tourteaux sont de couleur. Ils furent à l'origine des pièces de monnaie byzantines. Les besants étaient attachés à la fonction d'Argentier ou de Maître d'Hôtel. Pour d'autres, ils évoqueraient un pèlerinage ou une croisade en Terre Sainte.

Saint Jean Pied de Port

SAINT JEAN PIED DE PORT / DONIBANE GARAZI (Basse Navarre)

" De gueules à une tour d'argent ouverte ajourée et maçonnée de sable, senestrée d'un Saint Jean-Baptiste au naturel posé de face nimbé et vêtu d'or la main dextre appuyée sur la tour, tenant de la main senestre une croix haute d'argent posée légèrement en barre ornée d'une banderole du même chargée des lettres San Juan de sable ; le Saint Jean Baptiste est accompagné à ses pieds d'un agneau couché d'argent ; aux chaînes de Navarre d'or posées au pied de la tour "

Avant l'apparition des fortifications et de la ville neuve, seule existe la petite paroisse de Saint Eulalie d'Ugange, située dans la plaine entre la Nive et le Laurhibar. Elle était séparée d'Uhart Cize par un gué (Ugange vient de Urgaina qui signifie gué) ; Sainte Eulalie était d'ailleurs rattachée à Uhart Cize. L'église Sainte Eulalie d'Ugange datait sans doute du XI ou XII° siècle et Roncevaux détenait un droit de présentation à la cure ; elle possédait aussi un hôpital jacquaire.

La ville neuve située à l'intérieur des fortifications est fondée vers la fin du XII° siècle sans doute par Sanche le Sage, roi de Navarre. Un premier château fort est édifié sur le " Puy de Mendiguren ", surplombant la ville de 80 mètres. Sa position stratégique fait de Saint Jean Pied de Port la nouvelle capitale de l'Ultrapuertos, gardienne des ports de Cize, rôle jusqu'alors dévolu à Saint Jean le Vieux et à son vieux château de San Per, détruit en 1177 par Richard Cœur de Lion. L'antique capitale se voyant attribuer le qualificatif de " vieux ".

Ce premier château féodal comportait sans doute une ou deux tours de défense et un corps de logis suivant l'importance de la garnison ; d'importants travaux de rénovation sont réalisés vers 1364. Dès la fin du XIII° siècle, le " bourg major " et la rue San Per (actuelle rue de la Citadelle) sont entourées de murailles. La partie supérieure des fortifications fut remaniée au XIX° siècle, mais les quatre portes (de Navarre, de France, Saint Jacques et Notre Dame) sont bien du XIII° siècle. Le quartier Saint Michel (actuelle rue d'Espagne) est édifié sur le modèle des bastides vers 1292, mais il n'était pas encore fortifié.

Lors de la guerre civile de Navarre, le contrôle de la châtellenie sera l'un des enjeux des luttes entre les Gramont et les Beaumont Tristan de Luxe, qui défendait le parti légitimiste de Charles de Viana s'empare du château de Saint Jean Pied de Port en 1451. La communauté de la ville reçoit l'autorisation d'ouvrir une prison en 1445. Gaston de Foix, gendre de Jean II d'Aragon essaie en vain de reprendre le château après un long siège. Le roi d'Aragon (et de Navarre) viendra en personne en Cize ; il pénètre dans la ville en 1452 et désigne Gracian de Gramont comme châtelain. Les Beaumont avec Gracian de Luxe, se rendent à nouveau maîtres de la place en 1455, mais sur les ordres du prince de Viana, ils remettront le château en 1460. Pedro Periz de Jassu, ancêtre paternel de Saint François Xavier, est nommé bailli de la ville ; Gracian de Gramont récupère sa fonction de châtelain en 1463.

Dans la continuité de la guerre civile, la guerre de succession en Navarre s'allume, avec pour conséquence l'annexion de la Haute Navarre par la Castille en 1515 et la naissance de la Basse Navarre en 1530. Jean d'Albret et Catherine de Foix, souverains sans royaume, sont réfugiés à Sauveterre et n'ont pas renoncé à reconquérir la Navarre. De l'autre côté, Charles Quint est roi de Castille en 1516, il succède à Ferdinand d'Aragon. Après l'annexion, si la Haute Navarre est résignée à son sort, l'Ultrapuertos, cette partie transpyrénéenne de la Navarre, n'est pas acquise au nouveau roi. Le duc d'Albe, capitaine de Charles Quint, prend possession de Saint Pied de Port en 1512. Il répare les fortifications, renforce le dispositif de défense en faisant descendre de l'artillerie de Roncevaux, ce qui fut une tâche gigantesque, il installe une garnison de 1200 fantassins. Pourtant peu de temps après, il rapatrie son artillerie à Pampelune. Henri d'Albret, à la tête de 6000 Gascons, aidé par des troupes de François I, enlève la cité en 1521 ; Château Pignon, récemment construit par les Espagnols, est également conquis par 2000 fantassins rassemblés par Gratian d'Etxauz. Le roi de Castille, renonça définitivement à la capitale bas-navarraise, mais en 1523, il lance une autre armée de 24000 hommes commandée par le prince d'Orange (rallié à Charles Quint), sur le Béarn. Le château de Bidache est incendié, Mauléon Sauveterre, Navarrenx…sont conquises. Les assaillants retournent en Guipuzcoa en 1524, il ne restait plus que 6000 hommes. Trop loin de ses bases, Charles Quint comprit alors qu'il lui serait impossible de tenir l'Ultrapuertos ; il renonce à la Basse Navarre en 1530.

Durant les guerres de religion, le seigneur de Larrea, proche de Jeanne d'Albret, est châtelain de Saint Jean Pied de Port ; il subira les assauts de Charles de Luxe qui commandait la ligue catholique.

A la fin du XVI° siècle le château et les fortifications de la ville étaient en partie détruits.

C'est vers 1630, à l'emplacement du château féodal, que commence la construction de la citadelle, sous la direction de Antoine Deville, ingénieur militaire ; l'ouvrage sera terminé vers 1650. Vauban, lors de son inspection en 1685, dressera le contour définitif des ouvrages de défense et des bâtiments d'intendance, tels le casernement, l'arsenal, la citerne, le puits, la boulangerie, la chapelle… Les préconisations de Vauban sont mises en œuvre à partir de 1691, la citadelle (300m x 150m) fut pratiquement terminée vers 1730 ; l'enceinte de la ville basse (rue d'Espagne), initialement prévue en 1713, sera définitivement construite plus tardivement, vers 1840.

Pendant les guerres révolutionnaires, la citadelle était au centre d'un vaste dispositif défensif comprenant aussi les redoutes des ports de Cize, face au défilé de Roncevaux, seul itinéraire permettant aux Espagnols d'acheminer rapidement et dans des conditions acceptables, troupes et artillerie. Près de 2000 hommes étaient affectés à cette tâche, dont 550 pour la seule citadelle. La citadelle n'eut pas à souffrir de la retraite des troupes de Soult en 1814 ; les combats affectèrent surtout le Labourd et la région de Saint Palais. La citadelle abritera une garnison jusqu'en 1920 ; elle servit de prison durant l'occupation allemande.

Lors du schisme d'Occident (1378-1429), Saint Jean Pied de Port sera le siège d'un évêché de l'obédience d'Avignon ; celui de Bayonne était de l'obédience de Rome.

La ville perdra son statut de capitale au bénéfice de Saint Palais après la partition de la Navarre en 1515. Déjà, en 1351, Saint Palais s'était vu dotée d'un Hôtel de la Monnaie par Charles II de Navarre ; cet atelier fonctionnera jusqu'en 1672. Les premiers Etats Généraux de Basse Navarre se déroulent en 1523, à l'église Saint Paul de Saint Palais ; ils s'y succéderont durant un siècle (à Saint Jean Pied de Port, la salle des Etats se situait dans la rue d'Espagne). La Chancellerie de Navarre s'installe toujours à l'église de Saint Paul en 1524. Ce transfert institutionnel aura pour conséquence une impitoyable rivalité entre les deux cités navarraises. Ce climat délétère atteint son paroxysme avec, en 1790, l'installation à Saint Palais du tribunal de justice, alimenté il est vrai par les difficultés relationnelles entre les deux maires.

Les maisons de la ville haute payaient un fief au roi de Navarre en forme de vassalité. Elles furent affranchies en 1367 et cette allégeance entraînait de fait l'anoblissement de la soixantaine de maisons enserrées dans la ville. Comme dans toute ville fortifiée, les habitants avaient à charge l'entretien des fortifications. Ils étaient pour cela astreints à l'impôt de " cermenage " ; ils en furent également déchargés par Philippe d'Evreux vers le milieu du XIV° siècle, Charles III confirma ce privilège en 1424.

Dans la ville neuve, on trouvait deux hôpitaux : l'un, désigné " infirmerie " dans la ville haute près de la porte Saint Jacques plus sans doute à l'usage des habitants et des militaires. L'autre, désigné l'hôpital Sainte Marie à proximité immédiate de l'église Notre Dame, est affecté plutôt à l'accueil des pèlerins de Saint Jacques. Notre Dame était une annexe de Sainte Eulalie d'Ugange, qui restait donc l'église principale.

Le châtelain de Saint Jean Pied de Port, nommé par le roi, était gouverneur du château de la ville et gardien des ports de Cize ; représentant royal, on le dénomme alcade, bailli ou mérin. Il exerçait les pouvoirs de police sur la châtellenie, qui comprenait le Pays de Cize, de Baïgorry, d'Ossès et les principautés d'Armendarits, d'Iholdy et d'Irissarry. Si la police relevait du châtelain, la justice civile et criminelle était administrée par les jurats de Saint Jean Pied de Port dans l'ensemble de la châtellenie ; cette situation ne devait pas manquer d'entraîner de graves problèmes de prédominance entre le châtelain et les jurats.

On connaissait à Saint Jean Pied de Port les maisons nobles de Alhaste, Anta, Ansisala, Beola, Etxegaraia, Lohiteguy et Logras érigée en marquisat en 1758. A la fin du XVII° siècle, la population de Saint Jean Pied de Port compte de nombreux Béarnais qui monopolisaient le commerce. Ainsi, David de Fourré, de Lagor, était en 1693, fermier des trois moulins appartenant à la collectivité. C'est ce même Fourré qui construit en 1707 ce qui deviendra en 1937 l'actuelle mairie de Saint Jean Pied de Port. Cet édifice est souvent appelé " maison Mansart ", non parce qu'elle fut construite par le célèbre architecte, mais à cause de la présence sur le haut de sa façade d'ouvertures mansardées. En 1758, la " maison de Mansart " sera occupée par le comte de Gramont venu présider les Etats de Navarre. La maison appartenait en 1880 au docteur Darrieux. Elle est vendue en 1890 à JB. Alamon, qui à son tour la vend à la ville de Saint Jean Pied de Port en 1935 ; c'est l'architecte bayonnais Saint Vanne qui le transformera en Hôtel de Ville en 1937.

L'église primitive fut certainement construite durant le XIII° siècle, mais il n'en reste que les soubassements. L'église actuelle et son clocher datent du XVII ou XVIII° siècle. Bizarrement, le Pont Neuf sur la Nive ne sera construit que très tardivement, en 1901 ; jusqu'alors, seul le pont Notre Dame enjambait la Nive à l'intérieur de la ville fortifiée, ce qui, compte tenu de l'étroitesse des lieux, devait engendrer beaucoup de problèmes.

Saint Jean Pied de Port fut la patrie de Huarte (1530-1590), grand médecin qui exerça à Madrid ; de Charles Floquet (1828-1896), ministre sous la III° république ; du bienheureux Majorga (1533-1570) qui naquit dans la rue de la Citadelle, massacré par des pirates calvinistes au large de Madère.

Dans les armes communales, la tour de défense rappelle bien sur la ville fortifiée ; à senestre figure saint Jean Baptiste, il est associé à son symbole l'agneau (c'est Jean le Baptiste qui voyant s'approcher Jésus s'écrie "voici l'agneau de Dieu… "). La position de la main de Jean Baptiste sur la tour, évoque la protection dont bénéficie la cité.

Saint Just Ibarre

SAINT JUST IBARRE / IBARRA (Basse Navarre)

" Ecartelé au 1 d'azur au pèlerin marchant vêtu et capuchonné le tout d'argent s'appuyant de la main senestre sur un bourdon de sable à la gourde d'argent, cantonné en chef à senestre d'une coquille d'or et à dextre d'un cœur croisé le tout du même ; au 2 d'or à une montagne de sinople montante d'une rivière d'argent en pointe ; au 3 d'or au hêtre arraché de sinople fruité d'or et futé au naturel ; au 4 d'azur à une brebis passante au naturel accornée d'or posée en pointe et une palombe volante d'argent posée en chef "

Ces armes ont été adoptées par la commune en 2004.

Situées en Pays d'Ostabarret, Les deux paroisses de Ibarre et de Saint Just ont été unifiées en 1841.

La paroisse d'Ibarre est citée en 1350. L'origine toponymique de Saint Just, nom roman, est inconnue.

Avant de devenir une paroisse au XVI° siècle, Saint Just était un prieuré tenu par les Bénédictins de l'abbaye Saint Jean de Sorde. Ce prieuré se situait près de la Bidouze, entre la rivière et le canal d'amenée du moulin du prieuré, à hauteur du pont sur la rivière.

L'église initiale de Saint Just appartenait à Pierre d'Uhart d'Uhart Mixe et Loup d'Aïnhice son parent ; ils la donneront avec ses dépendances à Guilhem Martel, abbé de Sorde, vers 1135. Dix donats seconderont le prieur ; certaines familles du village sont leurs descendants. L'un de ceux-ci Bernard Cartategui fut, en 1761, désigné député du Tiers Etat d'Ostabarret aux Etats de Navarre, mais il en fut exclu car, ayant prononcé ses vœux de donat, il n'avait pas qualité pour représenter le peuple. Les Etats de Navarre estimait que la prononciation des vœux était un acte de dépendance féodale.

Le prieur de Saint Just était l'un des quatre dignitaires de l'abbaye de Sorde ; il exerçait aussi des prérogatives seigneuriales sur l'ensemble des habitants du hameau et des donats : droits de banalité, droits de justice et fruits décimaux. La paroisse d'Ibarre, payait une partie des dîmes à Saint Just ; l'autre partie revenant à l'hôpital d'Utziat.

Le prieuré Compostellan de Saint Just, était situé à l'intérieur du triangle Ostabat, Ordiarp et Saint Jean le Vieux.

Dans le bourg d'Ibarre, la principale maison noble est celle de Saint Jayme (ou Donaiki) ; Oxoa de Saint Jayme est châtelain de Rocabrune vers 1400. Au XVIII° siècle, les Saint Jayme sont aussi seigneurs de Ametzaga, autre maison noble d'Ibarre. Enfin, la dernière demeure noble Ibarbeheti, était aux Olce d'Iholdy au XVII° siècle. Dans la chapelle Donaiki, attaché à Saint Jaime, on peut voir une peinture polychrome de Saint Jacques le Majeur.

Le bourg d'Ibarre a vu naître saint Michel Garicoïts, de la maison Garaiko Etxea (francisé en Garicoïts), le 15 avril 1797. Il était le fils de Arnaud Garicoïts et de Gratianne Etxeberri de la maison Ordokia à Juxue. Il entre au séminaire d'Aire en 1818 et fait sa théologie à Dax ; il est ordonné en 1823 à l'âge de 27 ans. Il est de suite affecté au vicariat de Cambo mais n'y restera que deux ans.

Dans le premier quartier des armes de Saint Just Ibarre, le pèlerin et la coquille évoquent bien sur la vocation jacquaire du prieuré de Saint Just ; le cœur croisé rappelle la fondation à Bétharram, de la congrégation missionnaire du Sacré Cœur de Jésus, par Saint Michel Garicoïts. Dans les autres quartiers figurent les principaux attributs de cette vallée d'Ostabarret, enclavé entre les Pays de Cize, de Mixe et de Soule : la montagne omniprésente ; la rivière est la Bidouze, qui traverse le village et qui prend sa source dans la toute proche forêt des Arbailles symbolisée par le hêtre ; la brebis et la palombe suggèrent l'élevage, le pastoralisme et la chasse.

Saint Martin d' Arberoue

SAINT MARTIN D'ARBEROUE / DONAMARTIRI (Basse Navarre)

"Bandé de gueules et d'hermine de quatre pièces"

Ces armes sont issues de celles des seigneurs de Saint Martin.

L'ancien nom de la paroisse est Belhorritz ; Saint Martin semble avoir été le nom de la maison noble du lieu. Saint Martin et Belhorritz sont cités séparément en 1249 ; Saint Martin de Belharritz apparaît en 1350.

C'est à Saint Martin de Belhorritz que se réunissait la Cour Générale d'Arberoue, qui comprenait aussi les paroisses d'Ayherre, Isturits, Saint Esteben et Hélette. Deux autres paroisses d'Arberoue avait un statut particulier : Labastide Clairence, cité royale, avait sa propre organisation et Méharin relevait entièrement du vicomte du lieu. L'Arberoue (comme le Pays de Mixe), échappait à la juridiction des jurés de Saint Jean Pied de Port en matière criminelle ; elle possédait son alcalde (ou bailli) royal, toujours un noble d'épée, chargé de l'administration et de l'exercice de la justice civile et criminelle. La fonction d'alcalde sera tenue par la famille noble Saint Martin et sa descendance, exception faite en 1350 où l'alcalde est le sieur de la maison franche Haristoy. Les seigneurs de Saint Martin sont cités dès 1249 ; on devine les ruines de leur château au-dessus de l'église.

Dans chaque paroisse, les Etxeko Jaun (maîtres de maisons), lors des assemblées paroissiales tenues habituellement après la messe dominicale, gèrent les affaires communes (bois, chemins, moulins…), règlent la vie pastorale et agricole. Les habitants avaient droit au libre parcours pour le bétail, surtout les porcs qui constituaient la base de la nourriture avec la volaille. En agriculture, le millet et le froment sont les principales céréales, on cultive les pommiers pour le cidre.

En 1435, Jean II d'Aragon et Blanche de Navarre, pour sécuriser les frontières avec le Labourd alors aux mains des Anglais, anoblit 128 maisons en Arberoue. Cette décision exemptait les maisons du paiement du fief de 6 sous 4 deniers du au roi ; l'affranchissement en faisait des maisons infançonnes, mais elles ne possédait pas le droit de siéger aux Etats de Navarre. A Saint Martin d'Arberoue, le privilège d'anoblissement concernera 23 maisons, c'est à dire l'ensemble des maisons citées à cette époque, à trois exceptions près.

On connaît mieux les seigneurs de Saint Martin à partir du XVI° siècle. Tristan de Saint Martin est également alcalde d'Arberoue en 1556. En 1572, ce sont les Aroue qui héritent de la fonction et de la seigneurie. C'est en faveur de Jean Valentin d'Aroue que Saint Martin est érigée en baronnie en 1634 ; l'érection de la vicomté a lieu en 1657. Par son mariage avec Catherine d'Aroue, Jean Paul Bidou est alcade et capitaine d'Arberoue en 1652, il sera vicomte de Saint Martin en 1657. Sans descendance, en 1768 Antoine Charles de Bidou lègue son office et ses titres à Anne Christine de Noguès Assat (mariée à Louis François de Navailles-Mirepoix), sa cousine éloignée. Sa fille héritière Victoire Henriette de Navailles épouse en 1785 Armand Désiré du Plessis de Richelieu (du lignage des neveux du cardinal), duc d'Aiguillon. Puis en secondes noces, elle s'allie en 1802 à Alexandre François Louis de Girardin.

Les armes communales reprennent les armes des premiers seigneurs de Saint Martin. La peau d'hermine est au Moyen Age un produit de luxe, dont le port fut un temps réglementé. C'est sans doute pour cette raison que l'hermine reste attachée à l'exercice du pouvoir. Seuls les souverains, les membres de la famille royale, les pairs de France et certains hauts magistrats pouvaient porter de l'hermine. Contrairement à une idée reçue et mal véhiculée, l'hermine n'apparaît dans les armes des ducs de Bretagne qu'en 1316 ; leurs armes primitives étaient un " échiqueté d'or et d'azur brisé d'un franc-quartier d'hermine ".

Saint Martin d' Arrossa

SAINT MARTIN D'ARROSSA / ARROSSA (Basse Navarre)

" D'azur à une tour d'or maçonnée et ouverte de sable adextrée d'une masse d'argent posée en bande et accompagnée d'une onde d'argent en pointe "

Ces armes ont été adoptées par la commune en 2003.

Saint Martin d'Arrossa n'est érigée en commune qu'en 1923 ; elle naît de Eyhartze et Etxabe, deux quartiers de la vallée d'Ossès, situés sur la rive gauche de la Nive.

Le nom d'Arrossa vient de Arrossagarai, maison d'Eyharce anoblie vers 1570 ; Arrossagarai étant lui-même une déformation de Arlaussa, maison franche citée en 1249 et Arlaussa Garai citée en 1350. Le nom de Saint Martin, paroisse actuelle, désignait l'église annexe de Saint Julien d'Ossès. Cette église était connue en 1302, mais elle est bien plus ancienne. Elle fut sans doute édifiée à cause de l'éloignement des quartiers d'Eyharce et d'Etxabe, comme ce fut le cas pour Bidarray. L'église Saint Martin fut agrandie au XVII° siècle.

Le cimetière de Saint Martin d'Arrossa est d'un intérêt exceptionnel. On y dénombre une trentaine de discoïdales et une croix de pierre datée de 1638.

La vallée d'Ossès était un ensemble de sept hameaux : Horza quartier principal, Ahaiz, Ugarzan, Iriberri, Gahardu, Eiharce et Etxabe, nichés entre le Baïgura, le Larla et les hauteurs d'Ahaiz. Ce territoire englobait à l'origine les communes de Bidarray et de Saint Martin d'Arrossa.

L'administration et la basse justice étaient confiées à des juges jurats qui assistaient le mérin, représentant du roi. En 1426, le seigneur de Gramont reçoit de Blanche de Navarre la charge héréditaire de mérin du Pays d'Ossès. Les maîtres de maisons de chaque hameau, élisaient pour un an un jurat (appelé " bedalero "), en charge des litiges dans sa bourgade ; il était assisté de plusieurs députés. La Cour Générale réunissait l'ensemble des jurats à Horza (à la maison Etxeberri); ils étaient donc sept, puis huit lorsque Bidarray eut sa propre représentation et l'une de leur mission consistait à réglementer l'usage des bois.

Saint Martin d'Arrossa, devient paroisse autonome en 1826. Mais, comme il l'avait fait pour Bidarray, le conseil municipal d'Ossès s'opposera vigoureusement et durant près d'un siècle à la création de la commune. La séparation survient en 1923 avec la Nive comme limite.

La maison Arrossagarai fut anoblie en 1571 par Jeanne d'Albret au bénéfice d'Ursua ; cette famille du Baztan avait été possessionnée par le roi de Navarre Charles II vers 1360. Miguel Sanz d'Ursua est seigneur d'Harismendi, maison noble d'Ossès vers 1412. Miguel d'Ursua est seigneur de Gentein en Soule vers 1546. Les Ursua s'allieront aux Leizarazu de Baïgorry vers 1600 et aux Sainte Marie de Hélette en 1610. En 1745, Castenolets, notaire royal, est sieur de Arrossagarai.

Les armes communales reprennent les armes historiques d'Arrossagarai, auxquelles on a ajouté une fasce ondée comme élément contemporain. Cette fasce ondée rappelle la Nive, frontière naturelle le long de laquelle s'est étendue et développée le village. La tour, contrairement au château, est un ouvrage essentiellement militaire. La massue est ici une arme de défense, elle est complémentaire de la tour. Cette allégorie n'est pas provocatrice, elle se veut dissuasive.

Saint Michel

SAINT MICHEL LE VIEUX / EIHERALARRE (Basse Navarre)

" Ecartelé au 1 d'or à deux crosses de Roncevaux affrontées de sinople posées en pal et rangées en fasce; au 2 de sinople à la brebis au naturel accornée d'or ; au 3 de sinople au mur de façade navarraise d'argent maçonné de sable, portillé de tenné et sommé d'une fenêtre d'argent filetée de sable ; au 4 d'or à l'aigle au vol abaissé de sable "

Avant la fondation de Saint Jean Pied de Port vers la fin du XII° siècle et son développement ultérieur, le petit village de Saint Michel le Vieux, avait pour fonction principale l'accueil des pèlerins en provenance de Saint Jean le Vieux, alors capitale du Pays de Cize. La bourgade était l'ultime halte avant l'ascension vers les ports de Cize. Avant d'atteindre l'abbaye de Roncevaux, sur la route des crêtes les pèlerins disposaient encore des refuges de la Madeleine d'Orisson et Saint Sauveur d'Ibañeta. A Saint Michel, les chanoines de Roncevaux, outre le prieuré d'Orisson, possédaient une commanderie située à la maison Arbelaenia, qui porte encore sur son linteau deux crosses croisées de Roncevaux. Cette commanderie s'était substituée au prieuré-hôpital Saint Vincent et sa chapelle ; le proche village de Çaro était aussi sous la dépendance de Roncevaux.

On ne comptait pas moins de trois églises à Saint Michel : celle de Saint Vincent ; face à elle, l'oratoire de Saint Barthélémy et enfin l'église de Saint Michel.

En 1253, les églises Saint Vincent et Saint Michel sont réunies à Saint Martin de Çaro ; elles sont confiées au Frère Anecius de Roncevaux, avec l'accord de l'évêque de Bayonne. En 1285, en plus de ces trois églises, Roncevaux étendait son contrôle aux oratoires de Saint Barthélémy et de Sainte Madeleine d'Orisson.

A Saint Michel, autour des églises et prieurés, on dénombrait en 1350 vingt et une maisons de laboureurs, dont une partie de la production agricole devait sans doute alimenter les divers établissements jacquaires.

La présence des chanoines de Roncevaux à Saint Michel est forcément postérieure à 1127, année de la fondation de la collégiale de Roncevaux, par décret royal de Alphonse le Batailleur ; Sanche de Larrosa, évêque de Pampelune, est l'autorité spirituelle qui accompagne cette fondation. Avant cette date, au XI° siècle, les Bénédictins de Saint Sauveur de Leyre étaient présents à Saint Engrâce et au prieuré-hôpital de Saint Sauveur d'Ibañeta, distinct de l'abbaye. Sanche IV de Peñalen (1054-1076), roi de Pampelune, demande aux Bénédictins de s'implanter à Saint Vincent de Cize, l'actuel village de Saint Michel.

On recensait également à Saint Michel une douzaine de maisons nobles ; la plus connue étant Alzu. Par donation, Bernard d'Alzu, héritera en 1768 de Larrea d'Ispoure. Les Larrea possédait Eiheralde à Saint Michel, terre érigée en baronnie en 1724.
A la Révolution, Bernard d'Alzu s'enfuit à Pampelune, il y meurt en 1792 ; bon nombre de ses biens furent vendus aux enchères comme " biens nationaux ".

Dans les armes communales de Saint Michel, les crosses croisées sont pour la Commanderie de Roncevaux et la vocation jacquaire du village. Dans le 2, le mouton évoque l'élevage ovin et le pastoralisme. L'élément architectural du 3, relatif à la maison bas-navarraise, semble quelque peu étrange. Au 4, l'aigle de sable, symbole primitif des rois de Navarre, évoque l'appartenance à l'antique royaume.

Saint Palais

SAINT PALAIS / DONAPALEU (Basse Navarre)

" De gueules au rai d'escarboucle pommeté et fermé d'or allumé en cœur de sinople ".

Ce sont les anciennes armes de Navarre.

Les armes modernes de Navarre sont " De gueules aux chaînes d'or posées en pal, en fasce en sautoir et en orle, et chargées en cœur d'une émeraude au naturel "

Saint Palais, à l'époque de sa création vers le début du XIII° siècle, se nomme Iriberri (Ville Neuve) ; elle fut sans doute d'initiation royale, mais aucune charte de fondation ne le confirme.

C'est en 1268 qu'apparaît le nom de " Sant Pelay ", lors d'un appel de fonds pour préparer la croisade de 1270 ; à cette date est également cité le prieuré-hôpital de Lagarraga avec son église Sainte Marie Madeleine, qui se situait près du cimetière et qui devait exister avant la Ville Neuve. Celle-ci était implantée entre la Bidouze et l'actuelle rue Gambeta. L'église de Sainte Madeleine, était qualifiée d'église mère au XVIII° siècle, elle était en ruines en1770.

Lors de l'enquête de monnayage en 1350, la ville neuve de Saint Palais comptait une soixantaine de feux, soit 300 habitants environ.

Saint Palais ou Sant Pelay vient de Saint Pelage, du nom de cet otage de dix ans, détenu par les Sarrasins en échange de son oncle, évêque de Tuy, vaincu en 920 et fait prisonnier à Valjunquera (Aragon) par le sultan Abdheraman. Ce jeune otage fut torturé et mis à mort en 925. Mais on ne saura jamais pourquoi " Saint Pelage " fut associé au nom de la nouvelle ville.

La Ville Neuve, était implantée entre la place de la mairie et l'extrémité de la rue du Palais de Justice. Elle était entourée d'un mur d'enceinte et d'un fossé tout le long de la rue Gambetta; on devait sans doute y pénétrer par deux portes opposées ; la " porte de Pampelune " étant située au sud.

Vers 1351, Charles II de Navarre crée un Hôtel de la Monnaie à Saint Palais, à la maison Angelu ; cet atelier, situé à la rue du même nom, fonctionnera jusqu'en 1672.

Jean II d'Aragon, en 1462, accordait aux habitants de Saint Palais une rente annuelle de 100L pour l'entretien des églises et de l'hôpital ; cette rente était prélevée sur " l'alcabala " de Mixe, taxes royales prélevées sur les transactions. En outre, les habitants se voyaient exemptés de péage et bénéficieront désormais d'un marché et d'une foire.

Les premiers États Généraux de Basse Navarre (après la partition de la Navarre) eurent lieu en 1523 à l'église Saint Paul (ils s'y succèderont jusqu'en 1620). En 1524 la chancellerie de Navarre est installée à Saint Paul; elle y restera jusqu'en 1624. Ainsi, après les privilèges accordés aux habitants lors du XV° siècle et la mise en place des institutions au début du XVI°, Saint Palais devient progressivement la " capitale " de la Basse Navarre, favorisé il est vrai par l'impossibilité d'Henri II de Navarre, de tenir la place de Saint Jean Pied de Port face aux armées de Charles Quint. Ce transfert institutionnel eut pour corollaire une impitoyable rivalité entre les deux cités navarraises, notamment lors de l'installation du tribunal de justice qui échut à Saint Palais en 1790 ; à cette occasion, un climat délétère s'installe entre les deux Corps de ville, alimenté par des difficultés relationnelles entre les deux maires : Fargues pour Saint Jean Pied de Port et Goyenetche pour Saint Palais.

Face à l'église Saint Paul, sur " la maison des têtes " sont représentés les bustes des derniers rois de Navarre : Henri II, Jeanne d'Albret et Henri III de Navarre (le futur Henri IV). Cette bâtisse est la Salle d'Erdoy, ancienne maison noble, dont l'héritière Jeanne épousera l'historien mauléonnais A. Oyhénart en 1627.

Saint Palais avait aussi un quartier Agotea (quartier des cagots) à l'extérieur de la Ville Neuve, rue de la Bidouze ; cette population ne comptait pas moins de treize chefs de famille en 1514.

Durant les guerres de religion au XVI° siècle, Jeanne d'Albret, interdit le culte catholique et impose les prêches protestants. Cette décision provoque la révolte des principaux seigneurs bas navarrais autour de Charles de Luxe, ennemi juré de la Réforme. Ils prendront le château de Garris, tenu par Lalanne proche de Jeanne d'Albret ; le fils de celle-ci, le futur Henri IV, reprendra le château royal et tentera de pacifier le pays. Ces luttes cultuelles offriront leur cortège de crimes et de pillages ; la Soule, Une partie de la Basse Navarre eut à souffrir de ces luttes cultuelles, qui se traduiront par des meurtres et des pillages La Soule verra de nombreux nobles adhérer aux idées nouvelles et le peuple souffrira particulièrement de tous ces excès.

Saint Palais en temps que ville royale, possédait son propre bailli et un corps de douze jurats (au XIV° siècle) généralement cooptés puis élus ; cette jurade siégeait à la maison du Roi, non loin de l'église Saint Paul, qui descendait également vers la Bidouze. La maison royale fut improprement dénommée " château " au XVII° siècle. Les assemblées communautaires composées des maîtres de maisons, convoqués au " son de cloche ", délibéraient avec les jurats pour régler les affaires communes. Les jurats disposaient de pouvoir de police et de basse justice. En 1606, ils étaient au nombre de quatre, choisis parmi les maîtres de maisons, renouvelables par moitié tous les ans. Avec les jurats étaient désignés six prud'hommes, renouvelés tous les ans, qui secondaient le bailli et les jurats, dans l'administration de la ville. Ces six prud'hommes étaient préférés aux réunions tapageuses et inefficaces des réunions des maîtres de maisons. En 1700, était désigné un régent qui devait instruire " les enfants de la communauté et les y élever dans la crainte de Dieu "

En 1710, une ordonnance royale supprimera le marché de Garris pour compenser la perte de l'Hôtel de la Monnaie et celle de Chancellerie, transférée à Pau en 1620.

Une curieuse ordonnance des jurats de la ville rendue en 1719, imposait à chaque maison la réparation du pavage devant sa porte sous peine de 10 L d'amende.

L'église actuelle de Saint Palais fut construite vers 1870. Auparavant, c'est l'église Saint Paul qui dut faire office de lieu de culte car l'église mère Sainte Madeleine de Lagarraga était ruinée en 1770. Les Franciscains s'installeront à Saint Palais au XIX° siècle.

Les chaînes, telles qu'on les voit aujourd'hui dans les armes de Navarre, sont relativement récentes. Ces chaînes étaient pourtant destinées à évoquer la bataille de Las Navas à laquelle participe victorieusement le roi de Navarre en 1212. Les armoriaux connus du XIV° siècle (armoriaux Urfé, Lalaing, Valenciennes…) gratifient tous le roi de Navarre " d'un rai d'escarboucle allumé de sinople ". (un rai d'escarboucle est une figure semblable aux rayons d'une roue). Il faut attendre la fin du XVI° siècle pour qu'en 1572, le Libro de Armer?a blasonne le roi de Navarre avec " un escarboucle pommeté fermé ", c'est à dire que les extrémités des rayons sont reliées entre elles et le cœur de l'escarboucle est clairement désigné comme étant une émeraude verte.

Mais ce ne sont pas encore les fameuses " chaînes ". Les héraldistes contemporains tel Vital Genestet de Chairac (Armorial de Basse Navarre en 1869) et Jacques Meurgey en 1931, parlent enfin des " chaînes de Navarre " en mémoire de la bataille de Las Navas. L'interprétation mythique des chaînes de Navarre évocatrices de cette victoire de 1212, est donc récente ; mais elles figurent sur le mausolée de Sanche le Fort réalisée vers 1625, dans l'église ND de Roncevaux.
En résumé, " l'escarboucle fermé " supplante " l'escarboucle primitif " à la fin du XVI° siècle ; les " chaînes de Navarre modernes " apparaissent vers le début du XVII° siècle.

Nous préférons bien évidemment que Saint Palais arbore les anciennes armes de Navarre, (telles qu'elles apparaissent sculptées sur la maison Berrogain), données par le Libro de Armer?a en 1572, au détriment des " folkloriques " chaînes que l'on voit fleurir un peu partout.

Saint Pée sur nivelle

SAINT PEE SUR NIVELLE / SENPERE (Labourd)

" Ecartelé aux 1 et 4 d'or à trois pals de gueules ; aux 2 et 3 d'azur à trois chaudrons d'or posées 2 et 1 "

Ces armes communales sont issues de celles des anciens seigneurs de Saint Pée. Elles sont citées au XVI° siècle mais avec un seul chaudron ; comme nous le verrons plus loin, elles datent probablement de la fin du XIV° siècle.

La paroisse initiale se situe à Ibarron, aujourd'hui quartier de la commune : Sanctus Petrus d'Ivarren en 1233, du nom de vocable de l'église Saint Pierre (ou San Per) qui se transformera en Saint Pée. Jusqu'au XVIII° siècle, la Nivelle qui arrose le village se dénommait Urdaçuri (plutôt Urxuri). C'est lors de la construction du château des seigneurs de Saint Pée au début du XV° siècle que l'habitat se développe au bourg actuel.

La première maison des seigneurs de Saint-Pée s'éteignit avec Raymond-Arnaud de Saint-Pée. Sa fille Raymonde épouse vers 1190 Per Arnaud de Sault, fils de Guillaume Raymond IV de Sault, vicomte du Labourd et d'Arberoue et de Milescut, dame de Laguingue. Les Sault d'Hasparren, seront seigneurs de Saint Pée jusqu'à la fin du XIV° siècle.

En effet, Jeanne, héritière de Sanche de Sault, s'allie vers 1372 à Pero-Lopez d'Amézqueta, seigneur d'Amézqueta, au sud de Tolosa, qui par ce mariage devient ainsi seigneur de Saint Pée. Leur fils héritier, Jean de Saint Pée, acquiert la terre d'Arbonne en 1408 de Jean de Saint Julien, seigneur de Sault. Arbonne appartiendra aux seigneurs de Saint Pée jusqu'à la Révolution.

Ogerot de Saint Pée, fils illégitime de Jean d'Amézqueta-Saint Pée, fut institué héritier légitime de la seigneurie à cause de ses qualités guerrières en 1441. Oger de Saint Pée, combattant émérite, sera le dernier rempart des rois d'Angleterre à la fin de la guerre de Cent Ans. Il livre bataille à Gaston IV de Béarn à Dax et au château de Guiche ; le Béarnais était au service du roi de France. Il n'aura de cesse d'abattre Oger et à la tête de 1500 hommes, il viendra incendier le château de Saint Pée vers 1450. Oger succombera les armes à la main cette même année et Jeanne de Saint Pée, sa demi-sœur hérite de la seigneurie.
Jeanne de Saint Pée mariée à Gracian de Luxe aura une fille, autre Jeanne, héritière, qui épouse vers 1488, Jean d'Etchacon, noble de Bussunarits et bailli du Labourd en 1516.

Après le mariage en 1535 de Jean III de Caupenne et de l'héritière Françoise d'Etchacon-Saint Pée, les Caupenne d'Amou, d'origine béarnaise, deviennent seigneurs de Saint Pée et le resteront jusqu'à la Révolution.

Le château de Saint Pée est édifié vers 1403, incendié en 1450 ; reconstruit sans doute vers 1490, il sera définitivement détruit par les Espagnols en 1793 lors des guerres révolutionnaires.

Refoulés d'Espagne, Juifs et Bohémiens se fixent dans les zones frontalières, semant parmi la population les phobies les plus insensées. Le seigneur de Saint Pée, JP. de Caupenne, bailli du Labourd, s'en émeut auprès du roi et demande l'envoi de commissaires. En 1609, désigné par le Parlement de Bordeaux, l'intendant de Lancre instruira seul les sinistres procès en sorcellerie au château de Saint Pée (désigné depuis Château des Sorcières). Il fut en cela soutenu par le lieutenant de bailliage Boniface de Lasse ; cette hystérie collective, fera 600 victimes en Labourd.

La charge de bailli de Labourd était détenue héréditairement par les seigneurs de Saint Pée depuis 1516.Au décès de Jean de Caupenne d'Amou en 1653, son fils Léonard sera dépossédé du bailliage par l'ambitieux Salvat Urtubie, proche du roi de France. Cette nomination sera à l'origine de violences entre les Sabel Gorri et Sabel Xuri, respectivement partisans de Saint Pée et Urtubie. En compensation de la perte du bailliage, Léonard de Caupenne verra sa terre d'Amou érigée en marquisat en 1664. La charge de bailli restera chez les Urtubie jusqu'à la Révolution, le dernier bailli du Labourd sera Joachim Dominique d'Urtubie-Garro.

Dans un dénombrement de 1684, on peut apprécier l'importance du patrimoine des Saint Pée. Ils possédaient le château et trois moulins. Les habitants en ayant construit un autre sur la Nivelle, un accord intervint pour que la propriété et les frais d'entretien de ces quatre moulins (Olha, Acquetesse, Elbaron, Moulin Neuf) soient partagés entre châtelain et roturiers. Dans ces biens apparaissent aussi les maisons nobles suivantes (avec leurs terres) : Albainitz à Arcangues, Urdaintz à Bassussary et Haritzague à Anglet, avec leurs terres attenantes (25 arpents à Anglet, soit 8 à 9ha). Il faut ajouter les maisons censitaires : tous les domaines de la paroisse d'Arbonne, qui à l'époque débordait sur celles de Bidart, Ahetze et Arcangues, sont soumises au paiement d'une redevance annuelle (cens) ; à Saint Pée et dans les quartiers, 84 maisons (dont 44 à Olha) payent aussi un cens au châtelain, ceci correspond au cinquième de l'ensemble des habitations de Saint Pée.

Outre Jauregia des seigneurs de Saint Pée, connue en 1249 et Olhagarai, la paroisse comptait trois autres maisons nobles : Elzaurzpe (citée en 1505), Sorritola (1505) et Gaztanbidea (1505). Parmi les autres maisons, citons : Alfaro (1451), Kamieta (1505), Heuti (1249), Jauregizahar (1415), Uharte (1198), Elhartz (1415), Antzola (1415).

Ibarron nous l'avons dit, fut le premier hameau d'habitations. Les forges étaient particulièrement nombreuses à Saint Pée, comme nous le rappellent les noms dérivant de " Olha " : les quartiers Olha et Olhasso bien sur, mais aussi les maisons, Olhabidea, Olhaetxeberria, Olhabaratxa ou Olhagarai, (maison noble citée en 1505) ; l'activité devait être intense. Le minerai de fer provenait sans doute par charrettes à boeufs de Ainhoa, Sare, Vera… Les liaisons avec Saint Jean de Luz s'effectuaient depuis le port d'Ascain, qui était apparemment la limite de navigabilité de la Nivelle.

Sous l'ancien régime, partout en Pays Basque, l'organisation socio-économique du village s'articule autour des assemblées paroissiales, réunissant tous les maîtres de maisons. Ces rassemblements se tenaient généralement sous le porche de l'église ou dans une salle située au-dessus (salle capitulaire). Les Fors précisaient les domaines de compétence et reconnaissaient la légalité juridique des décisions prises lors des assemblées communautaires. Au cours de ces réunions, sont évoqués les problèmes qui intéressent la collectivité : entretien des équipements (ponts, routes…) ; répartition de la dîme annuelle par foyer (toutes les taxes sont abonnées et collectivisées) ; moulades (revenus des moulins communautaires) ; police, utilisation et entretien des bois (il y en avait 4000 ha, soit les deux tiers de la surface actuelle de la commune), les terres incultes, bois et taillis constituaient la propriété collective des habitants, nobles compris. ; secours aux démunis et aux enfants abandonnés ; désignation du régent (maître d'école). Les assemblées capitulaires prenaient aussi des mesures d'exclusion pour les vagabonds ou les mendiants ; elles veillaient à sauvegarder la moralité publique.

L'église de Saint Pée, une des plus belles du Pays Basque, fut restaurée en 1606. Le clocher tour date de 1850 ; les dalles funéraires qui tapissent le sol sont d'une grande qualité, la plus ancienne est datée de 1507.

Ces armes communales sont celles des anciens seigneurs de Saint Pée ; leur origine mérite de plus amples explications. Elles sont plus précisément issues de la branche maternelle de Pedro Lopez de Amezqueta, qui devient seigneur de Saint Pée par son mariage avec l'héritière Jeanne de Saint Pée vers 1372. Quoique étant l'aîné, Pedro Lopez renoncera à la seigneurie de Amezketa en Guipuzcoa, au profit de son frère cadet Miguel Lopez qui, comme chef d'armes, portera les armes seigneuriales d'Amezqueta, et très logiquement, Pedro Lopez reprendra les armes maternelles.

Pedro Lopez de Amezketa était le fils de Martin Lopez de Murua et Lazcano, seigneur de Amezketa (du village du même nom au sud de Tolosa) et sa mère était Elvire d'Asteiz d'Oñaz et Loyola d'Azpeitia, maison natale de Ignace de Loyola, le fondateur de l'ordre des Jésuites en 1541. Les deux familles étaient probablement parentes, car issues toutes deux des Murua.

Du côté paternel de Pedro Lopez, les Lazcano portaient à l'origine une " bande engoulée de deux dragons " ; plus tardivement, sans doute après le mariage Martin Lopez, ils arboreront " deux chaudrons ". Du côté maternel, les Oñaz-Loyola portaient " trois bandes " pour les Oñaz et " un ou deux chaudrons " pour les Loyola.

Ce sont ces meubles des armes maternelles (les chaudrons et les bandes transformées en pals), qui figurent dans les armes de Pedro Lopez de Amezqueta, seigneur de Saint Pée.

Dans la lecture symbolique de ces armes, les pals, lorsqu'ils sont en nombre, ont une signification militaire, ils évoquent une palissade, une fortification. Le chaudron est un signe de nourriture abondante. Par extension, il symbolise, prospérité et richesse; c'est un meuble très présent dans l'héraldique du Pays Basque sud.

Saint Pierre d'Irube

SAINT PIERRE D'IRUBE / HIRIBURU (Labourd)

" D'or au chevron d'azur chargé de trois coquilles de limaçons du champ , accompagné en pointe d'une hydre de sinople à quatre têtes lampassées de gueules dont l'une est en partie tranchée et ensanglantée de gueules , et en chef de deux canons adossés de sable "

Ces armes ont été adoptées en 1987.

Per de Yruber est témoin dans un acte par lequel Pierre Bertrand, vicomte de Bayonne, donne à l'évêché la dîme de Bassussarry. Yruber (qui donnera Irube) devait être semble-t-il, la plus ancienne maison noble ; elle est citée vers 1170.
Lissague, est la principale maison noble de Saint Pierre ; les Yruber sont seigneurs de Lissague entre 1150 et 1250. Vers 1380, Garcie Arnaud III de Belzunce, seigneur de Pagandure à Macaye (Pagandure est aux Belzunce dès 1279) et de Belzunce à Ayherre, épouse l'héritière de Lissague. Garcie Arnaud III était bailli de Labastide Clairence et châtelain de Saint Jean Pied de Port.

C'est en 1407 qu'eut lieu le combat légendaire, au cours duquel Armand de Belzunce meurt, après avoir terrassé un dragon qui terrorisait hommes et bêtes.

Jean V de Belzunce, vicomte de Macaye, en proie à des difficultés financières, vend Lissague pour 15000 livres à Marie d'Arbeletche, bourgeoise de Bayonne en 1615. Du reste, les familles bourgeoises bayonnaises jetteront leur dévolu sur Saint Pierre d'Irube.

Pierre Ogier de Larre, fils héritier de Marie d'Arbeletche, épouse en 1641, Catherine de Lespés de Hureaux, riche famille patricienne de Bayonne. Au décès de son mari elle est instituée héritière testamentaire.

En 1719, Lissague se divise en deux entités : le Petit Lissague , qui reste chez les Lespés de Hureaux jusqu'en 1856, et le Grand Lissague, acquis par Mgr Druilhet, évêque de Bayonne, qui en fait sa résidence d'été. Deux autres évêques de Bayonne, Mgr de la Vieuxville et Mgr d'Arche, posséderont le Grand Lissague, avant que les Roll-Montpellier, autre grande famille bourgeoise bayonnaise, n'en fassent l'acquisition en 1778 ; en 1823, ce seront les Arcangues qui achètent le château. Pour satisfaire une demande de part d'héritage, le Grand Lissague sera mis en vente aux enchères et sera acquis en 1878, par Alfonso de Souza de Portugal, marquis de Guadalcázar qui demeurait à Madrid. A cette occasion, il changera le nom de Grand Lissague en " Villa Quieta ".

Saint Pierre d'Irube fut démembrée du quartier de Mousserolles où officiaient beaucoup d'artisans, victime de l'expansionnisme de la cité bayonnaise ; les limites définitives entre les deux communautés ne seront officialisées qu'en 1832, au bénéfice des Bayonnais, après plus de deux siècles de contestations.

Au XVI° siècle, il s'agissait de définir l'aire de juridiction du bailliage du Labourd (Bayonne n'en faisait pas partie), mais, hors des remparts de la ville, Bayonne étendait son contrôle sur la pêche et le commerce sur l'Adour. La riche bourgeoisie bayonnaise possédait sur le plateau de Saint Pierre de splendides résidences d'été. C'est ainsi qu'outre les Lespés de Hureaux, les Roll-Montpellier et les évêques de Bayonne, les Dulivier possédaient Le Basté, les Duvergier de Hauranne, puis les Bruix seront au Camp de Prats. Xuhur appartenait aux Capdevielle. Le moulin d'Escoutepluye était en 1662 aux Lalande d'Arcondau, autre notables bayonnais.

Sous l'ancien Régime, la paroisse était administrée par un maire-abbé et quatre jurats, un par quartier (Ametzondo, Baratategi, Karrika, Mizpirabakoitz) ; il y avait 80 maîtres de maisons en 1718.

C'est à Saint Pierre d'Irube que se déroule le 13 décembre 1813, une bataille décisive entre les troupes napoléoniennes, commandées par Soult et l'armée Anglo-portugaise commandée par Wellington, qui aura difficilement le dessus. Les pertes furent très lourdes dans chaque camp. En quelques jours, les Français perdront 5900 hommes et les alliés 5600. Le monument de la croix de Mouguerre rappelle ces événements tragiques

Dans les armes communales, le chevron dessine le " mont " de Saint Pierre ; l'hydre rappelle la légende du dragon de Lissague tué en 1407 par Gaston Armand de Belsunce dans une grotte de la paroisse. Cet hydre figure également dans l'écartelé de l'écu des Belzunce; Jean de Jaurgain, pense qu'il s'agit des armes des Lissague, mais rien ne le confirme et les Belzunce continuent de porter cette hydre même après la vente de Lissague en 1615 . Les canons évoquent la bataille livrée par les troupes de Soult contre Wellington en 1813 sur les hauteurs de Mouguerre et Saint Pierre d'Irube. Les coquilles d'escargot sont pour la confrérie du " Petit Gris ".

Sames

SAMES (Pays de Gramont)

" Coupé au 1 d'azur au cheval passant contourné d'argent sellé de gueules ; au 2 de sinople à la bande d'argent chargée de jumelles d'azur , parti de gueules à la croix de Malte à huit branches d'argent "

Ces armes ont été adoptées par la commune en 2004.

Toute l'histoire de Sames est étroitement liée à celle de la seigneurie de Came, puis de la principauté de Bidache. Sames possède des barthes immenses, sur plus de la moitié de sa superficie.

En 1255, un censier du Chapitre de Bayonne témoigne de l'existence de Sames. Jean de Came paie les dîmes novales des terres qu'il possède à Sames ; les dîmes novales concernaient des terres nouvellement défrichées.

En 1312, Raymond Arnaud de Came est aussi seigneur de Sames. Agnès de Came, héritière de Came et de Sames, fille de Jean de Came, épouse Arnaud Raymond II de Gramont vers 1372 ; leur fils Jean I de Gramont est seigneur de Gramont (Viellenave), Bidache, Bergouey, Came et Sames.

La terre de Sames restera incorporée à la seigneurie puis au duché de Bidache jusqu'à la révolution. Les Gramont possédaient les droits de haute et de basse justice dans le duché. Le souverain de Bidache se réservait le droit de nommer le bayle, les jurats et le syndic, membres de la Cour de justice qui se réunissait au château de Came. L'assemblée paroissiale désignait quatre jurats, chargés généralement pour un an, de régler les affaires communes : entretien des ponts, des chemins et de l'église, utilisation et police des bois, recouvrement des taxes, organisation des journées de corvées dues au seigneur, (elles semblent avoir été très importantes avec les Gramont), levée des miliciens.

C'est sur la commune de Sames que les Gaves Réunis se jettent dans l'Adour (Bec du Gave) ; la Bidouze longe la commune avant de rejoindre l'Adour (Bec de la Bidouze, situé sur la commune de Guiche). Cet important carrefour fluvial était aussi la limite extrême de l'étendue juridictionnelle de Bayonne sur l'Adour (Hourgave). La Bidouze est navigable depuis Came ; c'est cette situation avantageuse, qui incitera les Chevaliers de Saint Jean de Jérusalem d'implanter en 1441 une commanderie (Saint Jean d'Etchart), au quartier Saint Jean, avant le bec de la Bidouze. Un port existait à cet endroit et les, à Irissarry et à Aphat- Chevaliers percevaient péages et taxes sur les marchandises naviguant sur la Bidouze. Ils étaient également présents à Saint Esprit à Bayonne, à Amorots Ospital à Saint Jean le Vieux. Il faut rappeler que les Hospitaliers de Saint Jean avaient pour principale mission de pourvoir aux charges des chevaliers hospitaliers présents en Méditerranée.

La commune de Sames, comme ses voisines d'Urt, de Came et de Bidache (la maison de Gramont possédait ses propres haras), possède une tradition équestre affirmée depuis le XVII° siècle. Un haras et un centre équestre fonctionnent au bord des Gaves, au quartier des Iles.

Les armes communales reprennent ces divers thèmes. Le cheval est pour le haras et le centre équestre, même si nous ne comprenons pas pourquoi le cheval est contourné. La bande d'argent est l'Adour, dans lequel se jettent les Gaves Réunis et la Bidouze, évoqués par les jumelles d'azur. La croix de Malte, rappelle la présence de la Commanderie des Chevaliers de Saint Jean (ils ont donné leur nom au quartier) ; les Chevaliers de Saint Jean sont désignés Chevaliers de Malte depuis leur installation dans l'île de Malte en 1530.

Sare

SARE / SARA (Labourd)

" D'azur à la cuirasse d'argent surmontée d'une salade (casque) contournée et ornée de trois panaches du même ; accompagnée de trois fleurs de lys d'or "

Les armes de Sare furent concédées en 1693 par Louis XIV, pour récompenser les habitants de la paroisse d'un acte de bravoure.

En effet, les villages frontaliers étaient l'objet d'attaques et de pillages de la part de bandes venues de Vera. Ascain subit à son tour à ces actes de brigandage et lors de cette attaque, Sare fut prévenue que le même sort lui était réservé. Les habitants de Sare, armés de faux, de fourches et de bâtons, ayant pour chef Cristobal Ithurbide , dit " Capusail ", le seul armé d'un fusil, rencontrent les brigands dans un bois de Vera et les mettent en fuite après la mort de leur chef. Les trophées saisis resteront en mairie de Sare jusqu'en 1793.

Le roi, informé par le gouverneur de Bayonne, concéda aux Saratars les armes qu'ils portent toujours. Une inscription sur le fronton de la mairie rappelle cet événement " Sarari balhorearen eta leyaltassunaren saria emana Luis XIV 1693 " (don de Louis XIV en 1693, en reconnaissance de la valeur et de la loyauté de Sare).

Pour toute récompense, Cristobal Ithurbide ne revendique que l'honneur de " sonner les cloches " pour lui et ses descendants. Cette charge honorifique prend fin vers 1890 avec la mort du dernier descendant de Cristobal.

Parmi les anciennes maisons de Sare : Lahet, maison noble citée au XII° siècle, est la plus connue. Les Lahet s'allieront aux seigneurs de Saint Pée ; ils seront aussi seigneurs de Haitze d'Ustaritz en 1413, baillis de Capbreton. Bertrand de Lahet est évêque de Bayonne (1504-1519). En 1754, la maison de Lahet est au sieur d'Ibarolle, autre maison noble de Sare, alliée elle aux Luro de Cambo et aux Urtubie de Garro.

Haranburua, maison forte citée en 1505, toujours visible sur la route de Bera. Sorhaindo, maison noble citée en 1505. Ihartzegarai, Olha, Garate, Etxegaraia… près de 80 maisons sont connues à Sare au XVI° siècle.

Au XVII° siècle, les Saratars, achètent la charge de maire ; ils auront, des problèmes avec les seigneurs de Lahet, qui prétendaient posséder toujours les droits de préséance à l'église.

Sare, comme Aïnhoa et Saint Pée, possédait des mines de minerai fer ; près de Cherchebruit (quartier de Saint Pée sur Nivelle), au bord de la Nivelle, on trouvait des forges ; la force motrice de ces forges était assurée par un moulin.

Bien qu'étant à vocation agricole relativement éloignée du littoral, la paroisse était comprise dans la zone maritime, et donc soumise à réquisition pour servir la marine royale ; en 1697, on y dénombrait 61 marins, soit 4% de la population.

Le village entretenait des relations privilégiées avec ses voisins du Baztan ; les alliances avec les Navarrais furent nombreuses.

Face à l'offensive espagnole du 5 février 1794, dans plusieurs paroisses frontalières réfractaires à l'incorporation, les désertions se multiplient. Les habitants de Sare sont accusés de trahison et d'espionnage au profit de l'Espagne ; une partie de la population sera exilée durant quelques mois dans les départements limitrophes. A leur retour, ils trouveront leurs biens vendus ou pillés. Ce fut l'épisode le plus sanglant de la Terreur en Pays Basque.

Sare est remarquable surtout par ses magnifiques demeures, signes d'une évidente opulence au XVIII° siècle, qui en font un des plus beaux villages du Pays Basque.

L'église Saint Martin, fut restaurée au XVII° siècle par Axular, curé de Sare, ainsi que le rappelle une dalle funéraire à l'intérieur de l'édifice. La paroisse compte également une douzaine de chapelles.

Souraide

SOURAIDE / ZURAIDE (Labourd)

" D'or au lion de gueules cantonné en chef de deux coquilles au naturel "

Ces armes ont été adoptées par la commune en 1999.

Le hameau primitif de Souraide se nommait Gostoro, c'était un fief des Ezpeleta, seigneurs d'Espelette. Gostoro deviendra commune de Souraide en 1789, son histoire se confond avec celle d'Espelette.

Les Ezpeleta, se nommaient seigneurs d'Espelette, de Gostoro et d'Amotz, ce dernier quartier sera rattaché à Saint Pée sur Nivelle en 1789. Les Ezpeleta, Navarrais d'origine, serviront successivement le roi de Navarre, le roi d'Angleterre et le roi de France. En 1462, Louis XI érigera Espelette en baronnie en faveur de Jean II d'Ezpeleta, avec droits de justice ; mais on ne sait si Gostoro était intégrée à cette baronnie. En 1637, Richelieu, en représailles de leur soutien au roi d'Espagne, confisque la baronnie à Bertrand II d'Ezpeleta. Les paroissiens d'Espelette et sans doute aussi de Gostoro, en profiteront pour raser le château seigneurial ; il est évident qu'ils ne devaient pas les tenir en grande estime. Mais le Parlement condamnera ces actes et les paroissiens se verront astreints à verser 25000L pour la reconstruction du château ; cette dette ne sera soldée qu'en 1670.

Le duc Antoine de Gramont, se verra remettre la baronnie d'Espelette par Louis XIV, pour services rendus. Barbe d'Ezpeleta, héritière de la baronnie, contestera cette donation. Après transaction, elle récupèrera le château avec ses terres attenantes et les droits de justice ; les autres biens resteront propriété du duc de Gramont. En 1707, Barbe d'Ezpeleta étant décédée sans descendance en 1694, par adjudication, les paroissiens acquirent le château et les droits de justice.

Gostoro, fut un prieuré-hôpital situé à Elizaldea, face à l'église. Il fut tenu par les Prémontrés, et servait de refuge aux pèlerins de Saint Jacques de Compostelle. Les Prémontrés étaient également présents au prieuré de Otzantze, cité en 1249 " Hospitale Paradisi " et dont on peut voir les ruines dans les bois de Saint Pée ; on trouvait aussi les Prémontrés au prieuré de Saint Sauveur à Jatxou. Cet " axe des Prémontrés " conduisait à l'abbaye d'Urdax. Au XIII° siècle, Garcie Arnaud d'Ezpeleta, fils de Sanz d'Ezpeleta seigneur d'Espelette, est cité comme hospitalier de Gostoro, sans que l'on sache s'il était Prémontré ou seigneur laïque.

En 1502, les paroissiens d'Espelette et de Gostoro sont en conflit avec le seigneur d'Ezpeleta. Ils ne reconnaissent pas la propriété du seigneur sur les bois et les terres de pacage. Le Parlement leur donne raison en 1566 en leur accordant le droit de pacage et celui de prélèvement du bois de chauffage. Souraide possédait en 1567 une représentation au Biltzar du Labourd. Elle possédait donc à cette date d'une population conséquente et disposer d'une organisation sociale et peut être gérer des biens communautaires.

En 1791, les habitants de Souraide s'opposeront à la nomination de Diharassarry, curé assermenté, qui requerra la protection de la garde nationale pour son installation. Il se plaindra au district révolutionnaire " de l'opposition acharnée des gens de Souraide ". Durant cette période troublée, les sœurs Gorostarzou, originaires d'Arizcun, vivant à Elizaldea, organisaient chez elles les offices religieux ; elles durent s'exiler à Elizondo en 1794. A la Révolution, Souraide fut appelée Mendialde ; l'église est dédiée à Saint Jacques le Majeur.

Dans les armes communales, le lion, rappelle les armes des Ezpeleta, seigneurs d'Espelette et de Souraide. Les coquilles, évoquent bien sur le prieuré-hôpital de Gastoro, et la vocation primitive du hameau au service des pèlerins.

Suhescun

SUHESCUN / SUHUSKUNE (Basse Navarre)

" Ecartelé aux 1 et 4 d'azur à trois coquilles d'argent rangées en pal ; aux 2 et 3 d'argent à deux vaches de gueules également rangées en pal "

En 1393, puis en 1400 à Cherbourg, Per Arnault, seigneur jeune de Jauregia de Suhescun, est au service armé du roi de Navarre.

Manaut de Suescun, secrétaire royal, en Navarre au début du XVI° siècle, sieur de la Salle de Azoz, est originaire de Larranda, maison franche à Suhescun. Ses fils obtiendront reconnaissance de noblesse en 1561.

Au début du XV° siècle, Guillaume Arnaud de Suhescun, seigneur du lieu, épouse Jeanne Enriquez d'Asiayn de Lacarre, héritière de la seigneurie de Lacarre. A partir de cette période, les seigneuries de Suhescun et de Lacarre seront unies jusqu'à la fin du XVII° siècle.

Catherine de Lacarre, dame de Suhescun, Lacarre et Gamarthe, petite fille de Jean de Suhescun, épouse en 1525, Jean d'Arbide, seigneur d'Arbide et Santa Gracia, maisons nobles de Juxue, mais aussi de la Salle de Gotein.

En 1666, la seigneurie de Suhescun passe chez Daniel de Lafutsun, famille béarnaise, après son mariage avec l'héritière Jeanne Marie d'Arbide.

Daniel de Lafutsun vend la Salle de Suhescun à Jean Valentin de Bidou de Saint Martin, vicomte de Saint Martin d'Arberoue. Cette famille des Lafutsun se trouve au XVIII° siècle en possession de nombreuses seigneuries : outre les biens de la baronnie de Lacarre, ils posséderont Saint Julien d'Ahaxe en 1704 ; la baronnie de Sault à Hasparren la vicomté de Saint Esteben et la seigneurie de Saint Martin à Larressore avec Uhaldia d'Halsou vers 1739. En proie à de graves difficultés financières, les Lafutsun vendront progressivement tous ces biens.

Jean Valentin de Bidou, seigneur de Suhescun, hérite des biens et des charges de son père vers 1700 ; il est vicomte de Saint Martin, capitaine entretenu du Pays d'Arberoue et gouverneur du château de Pau. Il avait épousé en 1680, Marie de Capdeville, frère de Arnaud de Capdeville baron de Brassempouy en Béarn.

La petite fille de Valentin de Bidou, Marie Angélique Valentine, épouse en 1729, Louis de Capdeville, baron de Brassempoey et parent de Marie. Le baron Louis de Capdeville est reçu aux Etats de Navarre comme seigneur de la Salle de Suhescun en 1731 ; il le fut encore en 1745, 1748, 1758 et sans doute jusqu'à la Révolution.

Sur le linteau de Jauregia située près de l'église à Suhescun, sont sculptées des armes " De Navarre, coupé d'azur à trois coquilles d'azur en pal, parti d'or à trois fasces de gueules " accompagnées de la date de 1590. On reconnaît dans ces armes celles de Martin Enriquez de Lacarre, maréchal de Navarre, (qui en 1404 reçut en concession les armes de Navarre), celles de Jauregia de Suhescun (qui portait trois coquilles en pal) et celles des Arbide (d'or à trois fasces de gueules). En 1590, ce sont les Arbide qui possèdent les seigneuries de Suhescun et de Lacarre ; ce sont donc eux qui portent ces armes et qui les font sculpter à Suhescun.

Enriquez de Navarre, était le fils bâtard de Henri le Gros, frère du propre roi de Navarre Thibaut II et qui montera sur le trône en 1270. Henri le Gros avait eu une liaison avec l'héritière de Jauregia de Lacarre vers 1265.

Lors de l'enquête de monnayage de 1353, on comptait à Suhescun neuf maisons nobles, ce qui peut paraître important. Suhescun, était alors le dernier village de Cize, limitrophe avec les principautés autonomes d'Irissarry et d'Iholdy, mais surtout avec la baronnie de Lantabat du seigneur de Luxe. A Lantabat, haut lieu de pèlerinage vers Compostelle, affluait une importante population qui par le col des Palombières, rejoignait ensuite Saint Jean le Vieux et les Ports de Cize. Cette migration de pèlerins était aussi une source de revenus conséquents pour les paysans qui trouvaient là un débouché à leur production, mais aussi pour les nobles qui imposaient des péages aux pèlerins traversant leurs terres.

On comptait également au XIV° siècle une douzaine de maisons fivatières (qui payaient une redevance en argent ou en nature) de la seigneurie de Suhescun. Le 6 mars 1676, la junte générale de Cize se réunit à La Magdeleine ; à l'instar des autres paroisses de Cize, Suhescun était représentée par un jurat.

Les armes adoptées par la commune sont celles des premiers seigneurs de Suhescun, citées au XVI° siècle. Les coquilles évoquent le passage ou l'accueil de pèlerins sur une voie Compostellane. Ici, Suhescun draine les pèlerins entre Lantabat et Saint Jean le Vieux. La vache est un symbole de pastoralisme, de fertilité et de capacité nourricière de la terre, voire d'opulence.