Tardets

TARDETS-SORHOLUS / ATHARRATZE (Soule)

" Losangé d'or et de gueules "

Ces armes sont déjà citées au XVI° siècle.

Tardets et Sorholus sont réunies le 17 avril 1859.

Le nom de Tardets est connu dès 1249, sur un acte où il s'intitule " Tardedz ", avant la fondation de la bastide de " Villeneuve les Tardets " en 1299.

Toute la Soule était incluse dans le diocèse de Dax jusqu'à la fin du XI° siècle. L'histoire de la Soule est aussi une succession de conflits sanglants qui opposeront régulièrement les Souletins aux Béarnais.

Les vicomtes de Soule revendiquèrent toujours leur indépendance tant envers le duc d'Aquitaine et son allié le vicomte du Béarn, qu'envers le roi d'Angleterre. C'est toujours sous la contrainte que les vicomtes de Soule prêteront hommage. En 1307, Auger III de Mauléon se retirera en Navarre plutôt que de se soumettre au roi d'Angleterre.

La bastide de " Villeneuve les Tardets " fut fondée en 1299 par Auger III de Mauléon ; elle devait bénéficier de diverses franchises et posséder sa milice et sa propre justice. De cités seigneuriales, Tardets comme Mauléon, deviendront villes royales.

Avant la création de la bastide de Tardets, une seigneurie existait déjà autour d'un château féodal, sans doute sur la motte de Gaztelu Zahar. Ce territoire initial était tenu par Guillaume Arnaud de Tardets qui épouse vers 1245 Arnaude, héritière d'Ahaxe.

Vers 1365, par alliance, les deux branches aînées de Luxe et de Tardets ; Arnaud Sanche, seigneur de Tardets et d'Ahaxe, épouse Saurine de Luxe, héritière de la baronnie après le décès de sa sœur Jeanne. Leur descendance prendra le nom et les armes des Luxe. La branche cadette des Tardets, par diverses alliances, se retrouve dans la seigneurie de Ahetze de Peyriède à Ordiarp et dans celle de Sauguis.

Les seigneurs de Luxe, Tardets, Ahaxe, Ostabat et Lantabat, mettront volontiers leur épée au service des rois de Navarre. Ils demeurent à Luxe jusqu'en 1524, date à laquelle leur château est rasé par Henri II d'Albret, roi légitime de Navarre, après le ralliement de Jean IV de Luxe à Charles Quint qui avait annexé la Navarre. Jean IV s'installera alors définitivement au vieux château de Tardets ; il y décède en 1559.

Charles de Luxe, fils de Jean IV, naît à Tardets en 1535 ; c'est lui qui à la fin du XVI° siècle construira le nouveau château de Tardets à Gaztelu Gain; l'ancien tombait en ruine. Les dépendances du nouvel édifice devait s'étendre jusqu'au Saison. En 1567, Charles de Luxe, avec les gens de son lignage, prit la tête des troupes catholiques en Soule et Basse Navarre, face au Calvinisme imposé par Jeanne d'Albret. En 1587, Charles de Luxe qui occupait le château de Mauléon, devra céder sous les assauts de Jean de Belzunce et de Gérard de Bella qui combattaient pour les protestants. Charles de Luxe devra se réfugier à Oxagabia accompagné de sa seconde femme Marie de Jaurgain (il l'avait épousé en 1584). Il y restera six ans, la conversion au catholicisme d'Henri IV en 1593 lui permettra de rentrer enfin en Soule. Charlotte de Luxe, fille aînée du premier mariage est héritière de Tardets-Luxe ; elle épouse en 1593, Louis de Montmorency-Bouteville. Leur fils François de Montmorency-Boutteville (1628-1695), baron de Luxe, duc de Luxembourg après son mariage en 1661 avec Madeleine Charlotte de Clermont, héritière du duché de Luxembourg, devient maréchal de France en 1675.

Du second mariage de Charles de Luxe et de Marie de Jaurgain (elle avait 18 ans lors de son mariage et lui en avait 50), viendront six enfants qui sont évidemment hors de la succession des Luxe, mais pas des biens de Jaurgain. L'aîné Valentin sera curé d'Ossas puis en 1623 (sa demi-sœur Charlotte de Luxe lui donnera les cures de Tardets et d'Abense de Haut ; elle en possédait le patronage). Jean, le second fils, capitaine au service du roi, continuera la maison et le lignage des Jaurgain. Arnaud et Valentine entreront dans les Ordres et Espérance de Luxe épouse Arnaud Berteretche de Menditte ; l'historien J. de Jaurgain fut un descendant de ce lignage.

Après la mort de Charles de Luxe en 1604, la désunion apparaît un temps entre les enfants des deux mariages. Les biens de Tardets étaient néanmoins chez les Luxe Montmorency en 1671. A cette date, François de Montmorency-Boutteville, le futur maréchal, vend la baronnie de Tardets à Armand Jean de Peyré, comte de Tréville, gouverneur de Soule, pour 110 000 livres. Son frère cadet Joseph Henry de Peyré lui succède ; il meurt sans alliance en 1708 ; lui succède son neveu, Armand Jean de Montréal, marquis de Monein, baron de Beyrie, Orsanco et Montory, capitaine châtelain de Mauléon et gouverneur de Soule depuis 1676. Son fils Jean de Montréal sera à la tête de biens considérables jusqu'à la Révolution.

Jean de Montréal, ne demeurera pas au château de Tardets. En même temps que sa charge de gouverneur, il avait acquis à Mauléon le château d'Henri de Gramont, qui portera son nom avant de devenir sous-préfecture puis mairie de la capitale souletine. Le château de Tardets, déjà en bien mauvais état, fut sans doute, en ce début du XVIII° siècle, laissé définitivement à l'abandon.

L'ancienne église de Tardets, celle de Sorholus, s'élevait au centre du cimetière. En 1859, le conseil municipal avait décidé la construction d'une nouvelle église ; celle-ci ne sera effective qu'en 1866. Elle possède un retable remarquable, sans doute du XVII° siècle, qui fut celui de l'ancienne église Saint Lucie. En 1896, le curé Uhart construira le presbytère, l'école Saint Sauveur, et restaurera la chapelle de La Madeleine. Il se lance également dans la construction de l'hôpital Saint Antoine ; il convaincra les Franciscaines de Marie Immaculée présentes à Saint Palais depuis 1866, de s'installer à Saint Antoine en 1901. Les religieuses travailleront de leurs mains à la construction du bâtiment et de leur chapelle Notre Dame du Bon Secours, qui est bénie en 1902. L'hôpital accueillera 58 malades en 1905 et 656 en 1940.

Vers 1830, Tardets fut un centre important de négoce du fer, en provenance des forges de Licq et de Larrau. Le minerai de fer, extrait des mines de Licq, Montory, Laguingue, Haux, Etchebar, Lichans, Larrau, était transporté à dos de mulet. L'apparition de la houille entraînera le déclin des forges souletines.

A La Madeleine, autour d'un autel votif portant une inscription latine, une chapelle fut construite à une date indéterminée, sans doute les premiers temps du christianisme. Cette chapelle, dédiée à Sainte Marie Madeleine, avait remplacé un temple primitif et qui selon l'inscription, fut dédié au maître " de l'orage, de la pluie, de l'éclair et de la foudre ". La chapelle de La Madeleine fut restaurée en 1894 par le curé Uhart, puis en 1961 grâce à la générosité des Souletins. La chapelle possède un petit retable du XVII° siècle.

Augustin Chao (1811-1858) est né à Tardets en 1811. Homme de lettres, philosophe, journaliste, il se distingue par des prises de position assez originales concernant la religion et le peuple Euskarien. On retiendra surtout son ralliement au Carlisme, son nationalisme révolutionnaire et sa publication en 1836 " Etudes grammaticales sur la langue euskarienne ".

Les armes communales sont celles des premiers seigneurs de Tardets, elles nous sont connues à travers un sceau utilisé lors du mariage de Saurine de Luxe et de Arnaud Sanche IV de Tardets au XIV° siècle, puis dans les armoriaux du XVI°. Les armes des Tardets, apparaissent souvent aux côtés de celles des Luxe.

Uhart-Cize

UHART- CIZE / UHARTE- GARAZI (Basse Navarre)

" Coupé mi-parti en chef : au 1 d'or à deux fasces ondées d'azur au franc quartier d'azur à un avant mur adextré d'un porche couvert, ouvert et ajouré du champ et surmonté d'un clocher ajouré du même, le tout d'argent et maçonné de sable ; au 2 d'argent à trois fasces de gueules ; au 3 d'azur à un pommier au naturel fruité de gueules terrassé de sinople et un chaudron d'argent posé sur la terrasse brochant sur le fût, cantonné de quatre coquilles d'or "

Ces armes ont été adoptées en 2004, d'après une enluminure de M. Padrones.

Uhart Cize, Uharte en Basque signifiant " entre les eaux ", traduit bien la situation du village entre la Nive d'Esterençuby et celle d'Arnéguy qui se rejoignent à Uhart Cize.

Uhart Cize devait exister avant l'apparition des fortifications et de la ville neuve de Saint Jean Pied de Port, au même titre que Saint Eulalie d'Ugange, située hors de l'enceinte fortifiée, entre la Nive et le Laurhibar. Uhart Cize et Ugange n'étaient séparées que par un gué (en basque : " ur gabe " qui a peut être donné Ugange) ; elles ne formaient qu'une seule entité administrative, mais les paroisses devaient être distinctes, chacune possédant sa propre église. Ugange fut absorbée par Saint Jean Pied de Port, durant le XIV° ou le XV° siècle ; Uhart Cize gardera son autonomie.

L'église gothique d'Uhart Cize, est remarquable ; elle fut partiellement détruite lors des guerres de religion, le chœur fut miraculeusement épargné.

L'abbaye de Roncevaux percevait le quart de la dîme d'Uhart Cize, après donation du seigneur de la maison noble d'Elizetxe en 1203.

On dénombrait à Uhart Cize 22 maisons nobles, dont les plus importantes furent : Hegoburu, Berroetagibel, Argaba, Elizetxe (à Ugange)…

Jeanne d'Aguerre, dame d'Aguerre de Lasse, possédait Argave et Berroetagibel d'Uhart Cize en 1580, lors de son mariage avec Jean d'Etchauz, vicomte de Baïgorry. En 1745, Martin d'Alhaste était seigneur de Berroetagibel.

En 1658, les Salles de Elizetxe et Halzpuru étaient à Roger de Tartas d'Etcharry en Soule. Il vendra ces deux Salles à Pierre Berrogain. Celui-ci les vendra à Pierre Dujac, major de la garnison de Saint Jean Pied de Port avec rang et sépultures à l'église. Elizetxe était à Clément de Logras en 1771.

Hegoburu appartenait aux Hosta en 1708 ; JB. Gallardon curé de Saint Jean le Vieux, reçut ce fief en 1719. En 1755, Dupin de Saut est reçu aux Etats de Navarre pour Hegoburu en 1755.

Jean de Huarte, médecin, il exerça à Madrid, auteur vers 1575 de " Examen de los Ingenios para las Ciencas " et qui possède une stèle à son effigie à Saint Jean Pied de Port, était de Uhart Cize.

Jean Ybarnégaray, avocat, homme politique, était également d'Uhart Cize. Il fondera la Fédération Française de Pelote Basque en 1929. Son château était l'ancienne maison noble d'Argaba.

Dans ces armes communales, les fasces ondées représentent les deux Nives d'Esterençuby et d'Arneguy qui bordent le village. Le franc canton évoque l'église gothique du XIV° siècle. Les fasces de gueules et le chaudron sont empruntés aux armoiries de la famille noble Hegoburu d'Uhart Cize. On ne sait si ces Hegoburu étaient en parenté avec les Hegoburu en Soule, magistrats et bailli royal de Mauléon au XVIII° siècle.

Le pommier est l'Arbre de Vie, symbole de vie; chez les Celtes, il était un arbre sacré au même titre que le chêne ; la pomme est le fruit de la science. Le chaudron évoque l'abondance. Les symboles du pommier, de la pomme et du chaudron, sont largement utilisés par les " initiés ", comme devaient l'être sans doute les Hegoburu. Les coquilles rappellent bien sur la vocation jacquaire de tout ce Pays de Cize, mais aussi l'association récemment crée qui regroupe les quatre villages " Huarte " : Uhart Cize, Uhart Mixe, Huarte et Huarte Arakil, ces deux derniers en Navarre.

Il est dommage que ces armes ne respectent pas la règle des émaux.

Uhart-Mixe

UHART- MIXE / UHARTIRI (Basse Navarre)

" Coupé au 1 d'azur à un Oratoire d'argent prolongé à senestre d'un abri ouvert du même le tout couvert au naturel et accompagné sur le flanc senestre de trois coquilles d'argent rangées en pal, la façade est portillée au naturel et sommée d'une croisette de sable ; au 2 d'or à une fasce ondée d'azur surmontée de quatre étoiles de gueules rangées en fasce "

Ces armes ont été adoptées par la commune en 2002.

Uhart (ou ur arte), signifie " entre les eaux ", ce qui est le cas du château Uhart, construit entre la Bidouze et l'un de ses affluents. Uhart Mixe est la localité charnière entre les Pays de Mixe et d'Ostabarret ; elle était aussi un carrefour sur les chemins de pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle. C'est sur le territoire d'Uhart Mixe, au pied de la colline Saint Sauveur, que se dresse la stèle de Gibraltar, point de convergence des voies en provenance de Sorde l'Abbaye (par Garris et Saint Palais), d'Orthez (par l'Hôpital d'Orion et Osserain) et de Navarrenx.

Pourquoi ou comment ce nom de Gibraltar ? Selon C.Urrutibéhéty, il s'agit probablement d'une déformation progressive de " Chalbadore, puis Chabaltare", traduction basque de Saint Sauveur. De Gibraltar, le chemin s'élevait vers l'oratoire de Soyharce et rejoignait ensuite la clairière d'Haranbeltz.

La chapelle de Notre Dame de Soyharce qui servait de halte aux pèlerins, aurait été occupée par un ermite. Le jour de Pentecôte, les paroissiens s'y rendaient en procession pour la protection des récoltes. C'est d'ailleurs au cours de l'une de ces rogations que décèdera en 1953 le curé d'Uhart Mixe; une stèle rappelle cet événement sur le chemin qui monte vers l'oratoire. La chapelle de Notre Dame de Soyharce fut reconstruite en 1894. La procession visitait le même jour une autre chapelle de la paroisse, Sainte Engrâce d'Elizaño au quartier Aincy, qui était elle dédiée au culte des enfants.

Dans l'histoire ancienne, Uhart Mixe est dénommée Uhart Suson ; le dénominatif " suson ou suzon " très courant au Moyen Age, il précise la position "amont " (ou haute) ; le terme " juson " relate la situation " aval " (ou basse). Uhart juson désignait les Uhart à Aïcirits ; il n'était pas envisageable de changer le nom patrimonial.

Les Uhart seront les seuls seigneurs à Uhart Mixe et à la proche bourgade de Sorhapuru. Vers le milieu du XIII° siècle, sans doute par alliance, Uhart Suson est la propriété d'une branche cadette des Luxe.

Bertrand d'Uhart participe à la croisade de 1270 avec Saint Louis. Un capitaine d'Uhart, sans doute un fils cadet, se distinguera brillement lors des guerres d'Italie.

En 1633 Jacques d'Uhart est pourvu de la charge de bailli d'Ostabarret, il est le représentant du roi et à ce titre, il rend la justice civile (sauf à Ostabat et Lantabat qui sont inféodées aux Luxe) ; les Uhart garderont cette charge du bailliage jusqu'à la Révolution de 1789. En outre, le seigneur d'Uhart rendait la basse justice sur les terres d'Uhart Mixe et de Sorhapuru.

Uhart sera érigée en baronnie puis en marquisat.

Clément d'Uhart , baron d'Uhart suzon et de Sorhapuru , bailli d'Ostabarret, épouse en 1679 Louise de Montréal de Monein ; son nom figure sur le linteau du château d'Uhart comme ayant réalisé les dernières réparations en 1699 . Son fils Gabriel, par son mariage en 1710 avec Magdeleine héritière de Sauguis, ajoute la seigneurie de Sauguis aux baronnies d'Uhart et Sorhapuru.

La branche aînée des Uhart s'éteint avec Clément Barbe Gustave , sous préfet du 4° arrondissement des Basses Pyrénées , décédé à Sauguis en 1830 ; son fils Charles , dernier du nom , enseigne de vaisseau , meurt sans descendance à Rio de Janeiro en 1851.

Les seigneurs d'Uhart percevaient la dîme à Uhart Mixe, Larribar, Sorhapuru, Arhansus et Domezain. En 1699, ils possédaient quarante deux maisons fivatières (métayers) qui pouvaient s'acquitter de leurs redevances en nature, argent ou travaux. Ces fivatiers se trouvaient en majorité à Uhart, Larribar et Sorhapuru, mais aussi à Saint Martin d'Arberoue et Saint Esteben. On peut raisonnablement penser qu'ils possédaient une grande partie de la paroisse d'Uhart Mixe.

En 1730, les Uhart s'étaient enrichis de la seigneurie de Pikassarry à Larribar et d'une dizaine de métayers à Garris en 1750.

Dans les armes communales, l'oratoire est la chapelle de Soyharce, haut lieu compostellan. La fasce ondée évoque la Bidouze qui traverse le village et les étoiles rappellent les quatre villages " Huarte " regroupés en association : Uhart Mixe, Uhart Cize, Huarte et Huarte Arakil, ces deux derniers en Navarre.

Urcuit

URCUIT / URKETA (Labourd)

" Tranché de sinople et de gueules chargé chacun de trois oiseaux d'argent volants de face rangés en pal , au chef d'argent à la couronne antique voûtée cousue d'or issante du chef surmontée des initiales de sable URKETA et à la champagne cousue d'azur chargée d'un saumon contourné d'argent "

Ces armes ont été adoptées par la commune en 1976.

L'histoire ancienne du village nous est très mal connue. Il est probable que, comme à Urt, les premiers peuplements dépendaient des Prémontrés, installés à Lahonce vers 1100. Comme partout le long de l'Adour, les Barthes furent assainies et exploitées à partir du XVII° siècle.

Vers 1096, Guillaume-Bertrand lors de sa réception au chapitre de Bayonne, apporte en dot le quart de la dîme de Saint Etienne d'Urcuit ; Guillaume était le fils de Bertrand, vicomte de Labourd.

Jauregia ou Salle d'Urcuit est citée en 1120. " Garcie Belce " est seigneur des Salles d'Urt et Urcuit.

En 1283, sont cités Bernard de Belzunce et sa femme Esmène, fille et héritière de Pierre d'Urcuit seigneur d'Urcuit en Labourd. A cette date, ils vendent pour 12 livres, un bois à la commune de Bayonne. Le seigneur et les habitants d'Urcuit se réservaient le bois nécessaires aux besoins ménagers. Les chênes et les hêtres étaient réservés aux ponts de Bayonne. Cette cession fut confirmée par quelques notables et les habitants en 1296.

Urcuit possédait au quartier du Port, un centre de constructions navales au XVIII° siècle.

Urcuit est représentée au Biltzar du Labourd en 1567.

La maison de Souhy fut anoblie en 1663. Pierre Diez, seigneur de Souhy, épouse au XVII° siècle, Marie Diharce, petite-nièce de Salvat Diharce évêque de Tarbes, de Labastide Clairence.

Leur fils Bernard Diez, seigneur de Souhy, épousera Catherine d'Olce, sœur de Mgr d'Olce d'Iholdy. Leur fille Suzanne, se marie à Antonin de Gouzian de Saint Martin, militaire. Leur arrière-petit-fils, Adrien de Souhy, fut maire de Mauléon de 1895 à 1945.

Dans ces armes communales, les oiseaux sont des palombes, la couronne rappelle St. Etienne (patron de la commune), la rivière est l'Adour, le poisson évoque la migration du saumon. Que penser de la présence des palombes ? Urcuit ne peut être considéré comme un haut lieu de chasse traditionnelle, à l'instar des cols pyrénéens. Doit-on lire dans cet écu un appel à la joie de vivre, à la nature ? Ces armes ne respectent pas hélas les règles héraldiques.

Urepel

UREPEL / UREPELE (Basse Navarre)

" Ecartelé au 1 d'or à l'escarboucle pommetée et fleuronnée de gueules allumée de sinople ; au 2 de sinople à deux brebis au naturel accornées d'or rangées en pal ; au 3 de gueules aux initiales accolées VE d'or ; au 4 d'or à trois fasces ondées d'azur ; sur le tout d'azur à une plume d'or posée en barre "

Ces armes ont été adoptées par la commune en 2002.

La vallée des Aldudes se peuple au XVII° siècle, elle est due à un accroissement important de la population de Baïgorry ; les cadets des principales maisons n'ont d'autre ressource que de s'établir dans cette fertile vallée. Le nom " montes de alduides " cité dès 1237, désignait déjà les immenses pâturages de montagne, appelés Pays Quint. Ces biens étaient indivis entre la vallée de Baïgorry et les vallées de Erro et Baztan de Haute Navarre. Le peuplement des Aldudes commence avec la construction de quelques cabanes (il y en a 70 au XVII°), le village se développe dans l'anarchie et la violence car l'installation entraînait forcément des défrichements ; les traités d'Elizondo en 1785 et 1856 ne feront qu'entériner une situation anarchique. L'église des Aldudes est construite en 1688 et la paroisse naît en 1793.

Le village d'Urepel (" eau tiède " en Basque) est issu d'une séparation avec Les Aldudes, conséquence d'une colonisation peu contrôlé. Urepel est érigée en commune en 1862 ; l'église date de 1841 ; comme toujours, la " paroisse " précède la " commune ". Le village se trouve au confluent de plusieurs ruisseaux dont Lohitzeko erreka, Imiliztegiko erreka et Ithurrihandi. Ces trois ruisseaux en se rejoignant à Urepel, constituent la Nive des Aldudes qui se jette dans la Nive d'Esterençuby à Saint Martin d'Arrossa.

Lorsqu'en 1530, on tracera une frontière avec l'Espagne, une partie de ces territoires, appelée toujours Pays Quint, située à la pointe sud de la vallée au village d'Urepel, a conservé le même statut d'indivis. Le mot " Quint ", vient de " quinte ". La Quinte était un prélèvement ; sur les troupeaux de porcs mis à la glandée, une tête de porc sur cinq était (en principe) prélevée au bénéfice du roi de Navarre.

Les conflits, souvent armés, furent très fréquents avec les hauts Navarrais pour l'utilisation de ces vastes forêts ; ils se poursuivront durant près de trois siècles. Périodiquement, des conventions tenteront en vain d'apaiser les tensions, notamment en 1614 et 1717. C'est en 1785 qu'est établie la ligne frontière dite " d'Ornano ", d'ailleurs rapidement contestée.

Ces territoires indivis dans toute la vallée de Baïgorry, s'étendent sur 8500ha de pâturages et 3500ha de bois. Les trois communes de la vallée haute (Banca, Aldudes et Urepel) comptent à elles seules 6000ha (71%) ; Urepel représente 2290ha.

Actuellement, le bétail de la vallée peut aller paître, moyennant une redevance par tête à la vallée d'Erro. La deuxième quinzaine de Mai, 350 vaches vont à " la marque d'Urepel ". Le garde du Val d'Erro appose au fer rouge les initiales " VE " (Valle de Erro)

Urepel est la patrie du grand " bertsolari " , poête et berger " Xalbador ", alias Fernando Aire décédé le 7 novembre 1976 , au cours d'une fête qui lui était destinée ; il avait 56 ans. Certaines de ses œuvres ont été éditées sous le titre " Odolaren Mintzoa " (La voix du sang) ; Erramun Martikorena lui a dédié une très belle chanson " Urepeleko Artzaina " (Le berger d'Urepel).

Dans ces armes communales, l'escarboucle qui figurait sur les armes des rois de Navarre, évoque bien sur l'antique royaume de Navarre. Les deux brebis rappellent la vocation pastorale de la vallée avec ses vastes pâturages, toujours gérés en indivis. VE, est la célèbre marque d'Urepel (signifiant Val d'Erro), apposée sur les bovins au début du mois de mai. Les fasces ondées sont pour les trois rivières qui se rejoignent à Urepel, avant de former la Nive des Aldudes. Enfin la plume d'écriture rend hommage au plus prestigieux fils d'Urepel, l'écrivain Xalbador (pour son œuvre Odolaren mintzoa), sans oublier le merveilleux " bertsolari " qu'il fut également.

Urrugne

URRUGNE / URRUÑA (Labourd)

" D'or au lion de gueules tenant de sa dextre un dard péri en barre du même ; parti d'azur à une fleur de lys d'or "

Ces armes ont été enregistrées en 1696 par Charles d'Hosier.

Le village est désigné " … la ville d'Ourrogne, capitale du Pays de Labourd ".Elles avaient été déposées par " la capitale "du Labourd pour enregistrement.

Ustaritz, ancienne capitale historique du Labourd, siège du bailliage, porte les mêmes armes. Ce sont aussi les armes de la province du Labourd.

Richard Cœur de Lion supprime la charge de vicomte de Labourd en 1194. Un bailli, nommé par le roi, sera à la tête de la province. Entouré des lieutenants de bailliage, il est chargé de la gestion administrative, judiciaire et militaire. Le bailli demande au syndic la convocation du Biltzar s'il le juge bon, même s'il n'intervient pas directement dans son fonctionnement, car le Biltzar, assemblée du Tiers Etat, ne légifère pas. La charge de bailli devient héréditaire au XIV° siècle, et elle sera tenue par des gentilshommes basques issus le plus souvent des lignages de Sault, de Saint Pée et d'Urtubie.

Pourquoi le terme " capitale " pour Urrugne ? Etait-ce parce que le bailli y résidait (le château d'Urtubie est à Urrugne) ? Urrugne était-elle devenue (après Ustaritz) le siège du bailliage ? Ou était-elle considérée comme telle ? On ne sait.

Salvat d'Urtubie détient le bailliage depuis 1654 ; avec lui, la fonction de bailli quelque peu effacée jusque là, atteint une dimension plus politique et plus prestigieuse. La terre d'Urtubie est érigée en vicomté toujours en 1654. C'est sans doute la forte personnalité d'Urtubie, qui fait d'Urrugne " la capitale " du Labourd, car les institutions du bailliage ne semblent pas avoir jamais quitté Ustaritz, la capitale historique. Observons enfin que Ustaritz et Urrugne, portent les mêmes armes ; ces armes ne seraient-elles pas celles que portait le bailli ? C'est très possible, nous l'évoquerons plus loin. Que penser également de cet usage constaté, lors de l'appel des paroisses aux réunions du Biltzar : Urrugne était appelée en premier et Ustaritz en dernier.

Urrugne s'étendait à l'origine de Saint Jean de Luz à la Bidassoa ; elle englobait les communes de Ciboure, Hendaye et Biriatou. La maison d'Urtubie, érigée en vicomté en 1654, possédait à Urrugne des biens considérables ; elle percevait les trois quarts de la dîme de la paroisse.

Les Urtubie s'opposeront violemment à toutes les procédures d'émancipation des nouvelles communes et aux jurats d'Urrugne. Ils se déclarent notamment propriétaire des terres communes et détenteurs de la dîme de Ciboure, après son autonomie en 1574, puis son érection en commune en 1603.

L'accès à la rade de Saint Jean de Luz représentait une source importante de profits. La pêche hauturière et le commerce s'y étaient fortement développés, bénéficiant du déclin du port de Bayonne, lié à l'ensablement du lit de l'Adour. Urrugne (par Ciboure) avait accès à la rade et très tôt, le seigneur d'Urtubie s'opposera aux jurats de Saint Jean de Luz en s'appropriant les taxes sur les marchandises et les droits d'entrée au port. Sollicité, le Parlement de Bordeaux rend un premier jugement favorable aux Urtubie. Ce jugement fut annulé par le roi en 1603 ; il impose aux Urtubie le remboursement des taxes indûment perçues.

Lors des opérations de bornage entre Ciboure et Urrugne, les deux paroisses s'opposeront au représentant royal et aux Urtubie qui prétendaient être toujours propriétaire des terres. Urrugne était une paroisse rurale et comme partout en Labourd, les paysans ne reconnaissaient aux nobles aucun droit de propriété sur les terres communes. Dans ce conflit comme dans d'autres, les Urtubie, pourtant baillis du Labourd, s'opposeront aux bourgeois luziens, installés récemment à Ciboure : Boutrau, Poustil, Saint Jean, tous issus des branches cadettes des Haraneder, richissimes armateurs de Saint Jean de Luz, ainsi que les Lohobiague, Dolhabaratz, Diestuguy.

Un nouvel arrêt du Parlement de Paris accordait en 1616 aux seules paroisses de Saint Jean de Luz et Ciboure la perception des taxes portuaires. Les gens d'Urrugne, encouragés par Urtubie pillèrent six navires luziens au mouillage. Un nouvel arrêt imposa à Tristan d'Urtubie de démolir les entrepôts construits à Socoa en toute illégalité. En 1617, il sera proposé aux trois paroisses de Saint Jean de Luz, Ciboure et Urrugne, de se partager équitablement la propriété du port, mais le vicomte d'Urtubie refusera. Cette solution fut néanmoins imposée en 1620, après la mort de Tristan d'Urtubie ; un impôt exceptionnel de 100000L fut levé pour la construction des quais. Ces travaux de construction se poursuivront jusqu'en 1627.

Hendaye obtint son émancipation en 1654, malgré les protestations des jurats d'Urrugne. Biriatou, avait obtenu la sienne en 1603, mais dans ce modeste hameau de sept maisons, la sécurité fut assurée par Urrugne.

Urrugne était surtout à vocation agricole, mais avec le développement de Saint Jean de Luz, au XVII° siècle, 3% de la population était tournée vers les métiers de la mer. Urrugne possédait 750 feux en 1697 (environ 3700 ha) ; à Saint Jean de Luz on comptait 800 feux.

C'est à la demande d'Urrugne que vers 1660, fut construit le fort de Socoa. Censé protéger la rade, (malgré l'opposition de Saint Jean de Luz), ce fort construit par Vauban ne servira jamais, même si une garnison y fut installée. Les Espagnols l'occuperont en 1636.

Lors des guerres républicaines de 1793, la commune se couvre de redoutes : Jolimont, Mont du Calvaire, Bordagain, Louis XIV et du Camp des sans-culottes ; plus de deux cents maisons seront détruites. En 1813, lors des guerres napoléoniennes, les armées de Soult, chassées d'Espagne par Wellington, occuperont ces mêmes redoutes. Le village fut pillé, tant par les troupes anglo-espagnoles que françaises ; Wellington, beaucoup plus respectueux de l'habitant, indemnisait les dommages causés.

Urrugne possédait un Ospitalia près du bourg et un prieuré Saint Jacques de Zubernoa à Hendaye, qui servaient tous deux de refuge aux pèlerins de Compostelle, voyageant le long de la côte vers Bilbao ou vers Burgos.

Urrugne, comme les villes littorales, était soumise chaque année à la conscription maritime. Le commissaire informait le maire-abbé du contingent d'hommes (matelots, canonniers, charpentiers) que devait fournir la paroisse. Le maire-abbé et les jurats avaient la lourde charge de " désigner " les volontaires par quartier. La paroisse fournissait en outre 50 hommes à la milice du Labourd, équipés et armés aux frais de la collectivité.

L'église Saint Vincent fut édifiée vers le XVI° siècle sur l'emplacement d'une chapelle primitive. Il se dégage de cet édifice un sentiment de puissance, il ressemble plus à une forteresse qu'à une église. La chapelle de Sokorri, est fondée vers 1630 ; l'église Saint Jacques de Béhobie est construite en 1858.

Outre les maisons nobles Boniortz (à Biriatou), Irandatz et Urtubie, connues vers le XII° et XIII° siècle, une centaine de maisons sont recensées, la plupart au XVI° siècle.

Pour revenir aux armes communales d'Urrugne, certains héraldistes, tel J. Meugey, pensent que le lion est celui de Guillaume Arnaud de Sault, dernier vicomte du Labourd et la fleur de lys évoquerait le rattachement du Labourd à la monarchie française en 1451. C'est fort possible, mais que penser du " dard ", accentuant l'agressivité naturelle du lion ?

Il a été parfois écrit que le dard représentait la pointe d'un harpon, pour évoquer la pêche à la baleine qui se pratiquait sur nos côtes. Dans une telle éventualité, on aurait utilisé une baleine, une barque, un harpon, un pêcheur…, autant de symboles que l'on découvre dans les armes de Biarritz, Hendaye, Fontarabie ou Saint Sébastien pour rappeler la pêche hauturière, mais certainement pas un lion…. D'autre part, si la pêche aurait pu éventuellement être évoquée à Urrugne, elle ne pouvait en aucun cas être envisagée pour Ustaritz, qui portait les mêmes armes, mais était surtout bien trop éloignée de la mer…

Un " lion armé d'un harpon " n'est pas une allégorie de la pêche. Le support " lionné " est un symbole de puissance, de noblesse, emblème de pouvoir, sans aucun rapport avec une activité de pêche. Nous préférons pour notre part assimiler ce dard à une arme ; elle est tenue au-dessus de la tête comme une épée, c'est un attribut militaire.

Avant de devenir armoiries communales d'Urrugne, dans cet écu le " lion dardé " rassemble à lui seul le pouvoir suzerain et le pouvoir militaire. N'étaient-ce pas là justement les attributs du bailli ? Le bailli était représentant du roi et colonel de la milice du Labourd. Ceci n'aurait-il pas aussi l'avantage d'expliquer pourquoi à une période inconnue Ustaritz arbora les mêmes armes ?

Urt

URT / AHURTI (Labourd)

" D'azur à un pont alaisé à trois arches cousu de gueules maçonné de sable accompagné en pointe de deux saumons d'argent posés en fasce et rangés en pal l'inférieur contourné et en chef d'une étoile d'argent "

Ces armes ont été adoptées par la commune en 1984.

Les pêcheries d'Urt sont citées dans le cartulaire de Sorde vers 1020. Vers 1120, est mentionné un seigneur d'Urt et d'Urcuit. Guillaume Raymond de Sault, vicomte du Labourd défriche de nouvelles terres à Urt en 1193. En 1331, Edouard III, roi d'Angleterre et duc d'Aquitaine, en compensation, accorde à Raymond Durand, chevalier agenais dépouillé de ses biens par les Français, les revenus et les droits de justice des paroisses de Urt, Guiche, Bardos et Briscous. Déjà toutes ces paroisses semblent intégrées dans la seigneurie de Guiche.

Il est pourtant un acte curieux d'octobre 1243, par lequel la paroisse d'Urt se place sous la protection de Thibaut I roi de Navarre ; on comprend mal ce qui provoque cette démarche, peut être la multiplication des incidents entre Anglais et Navarrais a-t-elle incité Urt à choisir son camp et son protecteur.

En 1444, Urt fait partie de la nouvelle baronnie de Guiche, érigée en faveur de Charles de Beaumont lequel avait épousé Anne de Guiche en 1407. A la fin de la guerre de Cent Ans, après la prise du château de Guiche par les Français, les Beaumont étant repassés en Navarre, les Albret sont apanagés de la baronnie de Guiche par le roi de France. En 1485, Alain d'Albret vend ou fait donation de Guiche à Roger de Gramont ; Urt se trouve désormais dans les biens des Gramont, elle y restera jusqu'à la révolution.

La situation d'Urt, ainsi que Guiche et Bardos, vis-à-vis du Labourd, fut toujours ambiguë et il s'en suivit plusieurs incidents. Malgré l'appartenance d'Urt au duché de Gramont, les Labourdins, qui eux ne reconnaissaient aucun pouvoir à la noblesse, leur demandaient de payer leur quote-part de charges communes. Les Urtois avaient demandé leur participation au Biltzar du Labourd en 1763 ; ils tenaient énormément à leur appartenance au Labourd sans doute pour échapper à la pesante domination du duc de Gramont; ils le faisaient encore savoir en 1789, lors de la rédaction du " cahier des doléances ".

Urt est cité pour son port dès 1137. Située à l'embouchure de la Joyeuse (ou Aran), il était le débouché naturel de la Basse Navarre vers Bayonne, car les galupes remontaient la Joyeuse jusqu'à Labastide Clairence ; c'est d'ailleurs la raison de la fondation de Labastide en 1314.

Le transport fluvial sur l'Adour avait encore cours au XX° siècle. En 1910, une gabarre (L'Eclair) effectuait la navette entre Bidache et Bayonne, avec une escale à Urt, tous les lundis jours de marché et il y avait une buvette à bord.

Avec le commerce fluvial, l'autre activité importante était la pèche. Elle se pratiquait au moyen de nasses, qui étaient de véritables barrages en travers de l'Adour, constituées de pieux placés en dents de scie et reliés entre eux par des branchages qui piégeaient saumons, aloses et esturgeons. Ces nasses ne prévoyaient qu'un étroit passage pour les gabarres, ce qui posait de sérieux problèmes de circulation fluviale ; les conflits entre pêcheurs et bateliers étaient permanents. Un tel ouvrage existait un peu plus en amont, face à l'île Mirepeix.

Ce sont les Prémontrés de Lahonce qui sont, semble-t-il à l'origine des premiers peuplements de la paroisse ; ces populations se fixeront autour du port du Vern, là où se concentrait l'essentiel de l'activité. Les Prémontrés recevront en 1492, un don de Roger de Gramont : une grange de 40 arpents et une chapelle Saint Sauveur d'Orthecole ; au Moyen Age une grange est un domaine agricole.

Les barthes seront aménagées à partir du XVI° siècle d'abord en pacage ; plus tard on y cultivera le maïs et on plantera des peupliers.

La maison noble Vergez est connue en 1585 ; à cette date, les Vergez possédaient Saubadon et Naguille. En 1620, Pierre de Suhigaray, par son mariage avec l'héritière Jeanne de Vergès, est sieur de Vergès ; les Suhigaray étaient originaires de Bardos. En 1647, Pierre de Cruchette est seigneur de Vergez. Par son mariage avec Jeanne de Cruchette, Laurent Dajac, écuyer de Saint Jean Pied de Port est sieur de Vergès et de Elizetxe à Uhart Cize.

Autre famille noble, les Lissalde s'installeront dans l'île de Saudan, 206 arpents de superficie. Cette terre fut anoblie en 1640 par Louis XIII, en même temps que les maisons Attisans et Macaye. Bertrand de Lissalde, maître d'hôtel du comte de Guiche (Antoine II de Gramont) acquit de en 1639 le Soudan, pour 12000livres. Il construisit un château qui fut incendié et dont il ne reste que les dépendances. Vers 1770, Joseph de Laborde-Noguez, d'une famille bourgeoise de Bayonne hérite de Lissalde ; il sera maire de Bayonne de 1803 à 1806.

Contrairement aux paroisses labourdines où les règles de la vie communautaire résultent du droit coutumier, la population d'Urt se verra imposer l'usage des bois et forêts par le comte de Gramont en 1598.

Au XVIII° siècle, comme ailleurs en Pays Basque, les rapports avec la noblesse se tendent et deviennent conflictuels. Les Urtois desserrent progressivement l'étreinte féodale du duc, les assemblées paroissiales se font plus contestataires envers les Gramont, les remontrances deviennent systématiques. En 1735, le notaire royal signale que les habitants procèdent régulièrement à des coupes de bois pour payer la capitation et rembourser les dettes ; ils vendent aux enchères les plus beaux chênes ; même les jurats se prêtent à toutes sortes de trafics qui échappent au contrôle du duc de Gramont. En 1740, la jurade fait procéder à l'abattage de plus de300 chênes ; tout ce bois s'entasse sur le port, en attente d'embarquement. La conséquence de ces coupes anarchiques et continuelles entraîne la ruine rapide de la forêt. En 1744, le duc de Gramont poursuit en justice les jurats d'Urt, accusés d'avoir vendu pour 60000 livres de bois.

Le rôle des jurats était considérable. Ils assuraient la répartition des corvées nécessaires pour l'entretien des chemins, des canaux ou du reboisement. Ils répartissaient les glandées (libre parcours du bétail). Ils fixaient les taxes (vin, pain, viande…), collectaient les impôts, surveillaient les marchés et les auberges, contrôlaient les poids et mesures. Ils géraient le budget communautaire, rétribuant le régent (maître d'école), le greffier (notaire royal) et assurant l'entretien des bâtiments. Les jurats n'étaient pas rémunérés, seuls étaient rétribués les frais occasionnés par l'exercice de leur fonction.

Le " coutumat " de Bayonne, contrôlait toute la navigation sur l'Adour jusqu'à Hourgave. Il imposait le déchargement des marchandises à Bayonne avec la perception des droits de coutume, taxes perçues sur toute marchandise entrant ou sortant de Bayonne ; les transactions ne pouvaient avoir lieu qu'à Bayonne. Les droits des Bayonnais étaient prohibitifs. Bien évidemment, les incidents furent très nombreux avec les Bayonnais, d'autant que le port du Vern drainait des marchandises en provenance du pays d'Hasparren, de l'Arberoue et d'une partie de la Basse Navarre ; il s'en suivait des transactions qui devaient éviter le passage au port de Bayonne.

En 1718, on comptait à Urt 260 feux (1300 ha)

En 1875, sera fondée l'abbaye bénédictine qui jouera un rôle essentiel lors de la dernière guerre, ce qui valut la déportation à son abbé et à son prieur.

Le pont d'Urt est construit en 1886 par Eiffel, jusque là, on traversait l'Adour avec des bacs.

Dans les armes communales d'Urt, le fond d'azur est pour l'Adour ; y figurent deux saumons dont l'un est contourné pour évoquer la remontée et la descente des salmonidés. Le pont relie le Labourd et le pays de Gosse. Au-delà, il réunit les acteurs économiques des deux rives, tellement semblables, partageant les mêmes difficultés et les mêmes espérances, mais tous furent soumis durant des siècles à l'hégémonie de Bayonne.

Il est néanmoins regrettable que ces armes, d'une part ne respectent pas le règle des émaux ; d'autre part, le pont aurait du joindre les bords de l'écu ; un pont relie toujours deux berges, planté au milieu du fleuve, il perd toute sa symbolique.

Ustaritz

USTARITZ / UZTARITZE (Labourd)

" D'or au lion de gueules tenant de sa dextre un dard péri en barre du même ; parti d'azur à une fleur de lys d'or "

Ces armes sont identiques à celles d'Urrugne ; ce sont aussi celles du Labourd.

Jatxou était à l'origine incluse dans Ustaritz ; elle s'émancipera en 1507. La commune comprend les quartiers de Bourg Suzon, Hiribehere (ou Bourg Juzon), Herauritz et Arruntz.

Richard Cœur de Lion, duc d'Aquitaine, sépare le Labourd de Bayonne vers 1170 ; il se méfiait des Labourdins. Le vicomte du Labourd, Arnaud Bertrand, doit quitter Bayonne et il siègera désormais à Ustaritz. Il construit son château à l'emplacement de l'actuelle mairie d'Ustaritz comme le rappellent deux plaques commémoratives. C'est dans ce château de la Motte, qui à l'origine devait être une simple tour, que se dérouleront les assemblées populaires du Biltzar et que s'établira le siège du bailliage à partir de 1245. Ustaritz fut la " capitale " historique du Labourd.

Richard Cœur de Lion, devenu roi d'Angleterre en 1189, rachète à Guillaume Raymond IV de Sault, les droits de la vicomté en 1194. La province sera à l'avenir administrée par un bailli désigné par le roi, choisis pour l'essentiel chez les Sault, les Saint Pée puis les Urtubie occuperont cette charge qui devint héréditaire. L'administration du bailliage comprenait : avocats, lieutenants de bailliage, procureur du roi, sergents… ; autour de tous ces offices de gouvernement se développe rapidement une certaine bourgeoisie, que le village a longtemps véhiculé.

Les assemblées du Biltzar, réunissaient les délégués de toutes les paroisses labourdines. Ces assemblées possédait une caractéristique, contrairement à la Basse Navarre, la Soule ou le Béarn…, la noblesse et le clergé n'étaient ni consultés ni encore moins représentés ; c'était une assemblée du Tiers Etat. Le Biltzar ne légiférait pas, il assurait la gestion des biens et des charges collectifs. Le plus ancien procès verbal du Biltzar date de 1595.

Après la guerre anglo-navarraise de 1243, une enquête eut lieu en 1249 pour recenser les dommages causés en Labourd lors des combats. A Ustaritz, on dénombrera 52 maisons incendiées et des pertes sévères dans le cheptel. La population agricole, pratique l'élevage des porcs et des brebis (les bovins sont rares), on utilise pour cela le libre parcours du bétail dans les bois communautaires. Les paysans d'Ustaritz furent semble-t-il, les premiers européens à cultiver le maïs en 1523. Au XVIII° siècle, comme dans plusieurs autres paroisses, nombreux étaient les paysans qui, le temps d'une saison, se transformaient en tuiliers et émigraient en Navarre.

A hauteur d'Ustaritz, la Nive s'attarde paresseusement ; elle dessine de larges méandres, entre lesquelles seront creusées plusieurs canaux dérivants, pour alimenter des nasses à pêcheries et quatre moulins à grains. Arnaud Sans de Luc, seigneur de Berriotz, possédait une nasse et un moulin en face du château. Le Bourg Suzon s'établit sur cette terrasse dominant la rivière. Au pied d'Herauritz, la maison noble Haitze, profitait également d'une nasse et d'un moulin qui avait été concédé en 1424, à Augier de Lahet, seigneur de Haitze. Le moulin d'Arquie, encore exploité par la minoterie du même nom à Hiribéhère, appartenait à Jeanne de Naguile (famille d'Ustaritz), dame d'Arquie en 1582. Toujours au Bourg-Suzon, au pied de château des vicomtes, le moulin de Sorhouete (Eihera Zaharra) cité en 1267, était le plus ancien ; la famille de Sorhouete partageait les revenus de ce moulin avec le roi d'Angleterre. Le moulin de Chopolo (Eihera Berria), toujours en activité sur la route de Jatxou, date de 1580 ; il fut géré par la collectivité, propriétaire de l'ouvrage, il était affermé par l'assemblée capitulaire ; ainsi en 1683, Martin Detchebide est nommé fermier pour quatre ans ; les habitants sont tenus sous peine d'amende, d'y faire moudre leur grain et sont astreints de nettoyer le canal une fois l'an.

Ustaritz disposait semble-t-il de deux ports : le principal, au pied du château vicomtal, l'autre en amont de la nasse de Haize, sans doute, comme son nom l'indique, à Portuberria, au quartier de Arruntz. Avant de rejoindre Bayonne, les produits navarrais transitaient par Ustaritz.

Parmi les maisons nobles, Arquie, citée en 1256, est alliée aux Haitze en 1710, aux Urtubie d'Urrugne en 1680, aux Lalanne d'Ispoure et aux Larralde de Villefranque vers 1640.

Beloki, citée en 1588, qui s'alliera aux Etchauz de Baïgorry.

Au XIV° siècle, les Luc, famille bourgeoise bayonnaise, sont seigneurs de Berriotz ; puis au XVI° ce sera la famille Prat-Luc. Par alliance, la seigneurie passe aux Lalande-Berriotz ; en 1732, Bernard de Haitze est seigneur de Berriotz. En 1813, André de Haitze lègue Berriotz à son neveu Amédée de Laborde Noguez, qui sera maire d'Ustaritz en 1878 et 1884.

Haitze, est citée en 1233. Les Haitze s'allieront aux Sault d'Hasparren vers 1245 et aux Arcangues vers 1516. Ils seront par alliance seigneurs d'Arquie vers 1710. En 1732, Bernard de Haitze épouse Placide de Lalande-Berriots, qui hérite de Lalande-Berriotz en 1755. Leur fille cadette Jeanne de Haitze épouse en 1763 Salvat Diharce, seigneur de Luro à Cambo. En 1798, André de Haitze est seigneur de Haitze et Berriotz ; en 1838, son neveu Amédée de Laborde-Noguez, gendre du maréchal d'Empire Exelmans, hérite de ses biens.

Hirigoien est citée en 1249. Vers 1339, Martin de Sault est seigneur de Hirigoien ; il est lieutenant du bailli de Labourd et fils de Pierre Arnaud de Sault qui avait épousé vers1305 l'héritière de Hirigoyen.

Sorhoeta, antique maison noble citée en 1235, était aux Etchegoyen en 1693. Les Etchegoyen connus à Cambo en 1541, apparaissent donc à Ustaritz en 1693.

L'assemblée paroissiale d'Ustaritz qui regroupait les maîtres de maisons, se tenait au bois de Kapito Harri, les quartiers (Herauritz et Arruntz étaient réunies) désignaient quatre jurats pour les représenter à l'assemblée capitulaire. Au XVIII° siècle, les assemblées paroissiales regroupaient trop de monde, le tumulte, les vociférations, entraînent beaucoup de confusion et d'incidents. Afin de faciliter le fonctionnement, chaque quartier délèguera ses jurats à l'assemblée paroissiale. La gestion des bois, l'entretien des ponts, secours aux sinistrés et indigents, relevaient des compétences de l'assemblée paroissiale. Les berges de la Nive étaient aménagées en prairies collectives.

Le XIX° siècle fut à Ustaritz, celui des " Américains ". Revenus du Mexique ou du Chili, les nombreux émigrants construiront des riches demeures, dont certaines se voulaient singulières. Ce furent : Guadeloupe, Aranco, Talcahuano, California, Argentina. Sans oublier les châteaux : le château de Lota, construit par JB. Duhart, le château de Halty bâti par Sauveur Halty né à Espelette, et le château de Arkiberria qui appartint à Jean Olhagaray de Villefranque.

Vers1850, le vénérable château vicomtal, fut remplacé par la bâtisse abritant la mairie ; l'antique église Saint Vincent s'étant écroulée, on édifia l'église actuelle de style néo-gothique.

Le couvent des Filles de la Croix est fondé au milieu du XIX° siècle ; le petit séminaire apparaît au XVIII°

Dans les armes communales, le lion viendrait des Sault d'Hasparren pour le dernier vicomte du Labourd ; la fleur de lys est pour le rattachement du Labourd à la couronne de France ; mais que penser du dard accentuant l'agressivité naturelle du lion ?

En 1931, J. Meurgey cite " qu'on a quelquefois attribué à la ville d'Ustaritz les armes d'Urrugne " ce qui laisse penser qu'Ustaritz n'utilise ces armes que postérieurement à Urrugne, même si son titre de capitale du Labourd est beaucoup plus ancien.

Il est tout de même curieux que Ustariz et Urrugne, portent les mêmes armes. Urrugne présente ces armes à l'enregistrement en 1696, sous la dénomination " … la ville d'Ourrogne, capitale du Pays de Labourd ".

Un " lion armé d'un harpon " n'est pas une allégorie de la pêche comme certains ont pu l'écrire, pour Urrugne cela aurait pu se concevoir, mais Ustaritz se situe un peu trop loin de la mer… Le support " lionné " est un symbole de puissance, de noblesse, emblème de pouvoir, sans aucun rapport avec une activité de pêche. Non, le dard est ici une arme ; elle est tenue au-dessus de la tête comme une épée, c'est donc un attribut militaire.

Le " lion dardé " rassemble à lui seul le pouvoir politique et le pouvoir militaire. N'étaient-ce pas là justement les attributs du bailli ? Le bailli était représentant du roi et colonel de la milice du Labourd. Il est possible que les armes d'Ustaritz (d'Urrugne et du Labourd) furent les armes que portait le " bailli du Labourd "

Ceci n'aurait-il pas aussi l'avantage d'expliquer pourquoi à une période inconnue Ustaritz arbora les mêmes armes ?

Villefranque

VILLEFRANQUE / MILAFRANKA (Labourd)

" Parti au 1 d'or au lion tenant de sa dextre un dard péri en barre le tout de gueules et posé en pointe ; au 2 d'azur à une fleur de lys d'or posée aussi en pointe ; sur la partition un chêne arraché de sinople et une croix latine d'argent issante de l'arbre "

Ces armes apparaissent sur le mur de la mairie. Elles furent sculptées en 1956 lors du centenaire de la mairie, mais on n'en connaît ni l'historique, ni la symbolique.

Villefranque se nommait Saint Martin de Baster en 1200, du nom de la maison noble du même nom dont elle était la chapelle. Villefranque (le nom apparaît en 1501) est issu du gascon " bielle franque ", définissant ainsi ce qui fut sans doute une sauveté, comme le fut Bassussarry de l'autre côté de la Nive.

Aux " Barthes du Quartier Bas ", aux portes de Bayonne, se trouvait un port (on remontait la Nive jusqu'à Cambo). Comme dans tous les ports, l'activité était intense autour des bateliers, des marchands ou des artisans comme le laisse penser les armoiries corporatives de la maison Anxuberro.

Dans ce quartier portuaire, on trouvait aussi des salines de sel gemme, l'exploitation cessera à la fin de la première guerre mondiale ; les galeries d'exploitation descendaient à 40 mètres.

La paroisse possédait plusieurs maisons nobles. Errabiola, citée en 1200, mais dont on ne connaît rien. Donamarte (Saint Martin), très proche de l'église dont elle était titulaire, est citée en 1122, elle donnera son nom primitif au hameau. En 1675, Suzanne de Saint Martin, fille de Saint Martin et de Hélène de Luro de Cambo, épouse Sébastien de Aguerre, héritier de Agerria, maison noble de Hasparren.

Miotz, maison noble citée en 1198. Surplombant le port (comme Sainte Marie), cette seigneurie passe, sans doute par acquisition, aux seigneurs de Sault de Hasparren vers 1300. Elle restera dans les biens de la branche aînée des Sault. En 1581, Tristan de Montréal, seigneur de Sault et de Miotz, vend la seigneurie à Adam de Larralde de Villefranque. C'est au château de Miotz le jour de la Saint Barthélémy en 1343, que Pés de Poyane, maire de Bayonne, fit saisir cinq nobles labourdins pour les noyer au pont de Proudines. La réaction des Labourdins sera sanglante : meurtres et incendies se succèdent à l'encontre des Bayonnais qui n'osent plus sortir de la ville. Le calme reviendra après l'éloignement de Pés de Poyane par le roi d'Angleterre. L'actuel château de Miotz (l'ancien a disparu depuis longtemps) et sa chapelle furent construits au XIX° siècle par les Arcangues. Michel d'Arcangues y mourra en 1980.

Sainte Marie, cette maison noble, citée en 1615, fut acquise en 1664 par Charles de Larralde, fils cadet d'Adam de Larralde. Mort sans postérité vers 1684, Charles de Larralde dotera son filleul (autre Charles de Larralde) et Sainte Marie rejoindra les biens de la branche aînée des Larralde.

Larraldea, maison noble citée en 1615. Le château de Larraldea fut élevé au XVI° ou XVII° siècle. Les Larralde seront lieutenants du roi et militaires ; on a vu qu'ils avaient acquis Miotz en 1581 et Santa Marie en 1664. Arnaud de Larralde fut assassiné devant son château de Villefranque en 1675 par des marins de Saint Jean de Luz. En 1701, Jean de Vergès d'Urt, capitaine d'infanterie, devient seigneur de Larraldea, Miotz et Sainte Marie, après son mariage avec Marthe de Larralde, héritière des biens des Larralde, après le décès sans postérité de son frère Charles. Leur fille Jeanne épousera Jean Baptiste Van Oosterom, bourgeois bayonnais.

Une branche cadette des Larralde s'implantera en Cize. César de Larralde, autre fils cadet d'Adam de Larralde, militaire dans les armées royales. Il épouse Gratianne de Murulu (en Ostabarret). Sans doute par acquisition, il est seigneur de Harrietta, maison noble de Saint Jean le Vieux. Cette terre sera érigée en baronnie en 1691, au bénéfice de son fils Sauveur de Larralde.

L'église est du XVII° siècle, elle est consacrée à Saint Bartélémy. Une autre église fut bâtie au début du XX° siècle, par des particuliers de la maison Petit Bercail. Les autorités ecclésiastiques souhaitaient en faire l'église paroissiale. Mais les paroissiens n'acceptèrent pas de quitter leur vieille église et le nouvel édifice fut démoli en 1968.

Villefranque est aussi le village de Mgr. Saint Pierre (1884-1951), écrivain basque, missionnaire à Hasparren, professeur de théologie, évêque de Carthage en 1930 ; malade, il se retire à Villefranque en 1937. Il est enterré sous le porche de l'église ; le monument funéraire qui porte ses armoiries, fut réalisé d'après un projet de Philippe Veyrin.

Dans les armes communales de Villefranque, avec les armes du Labourd, la présence d'une croix latine issante d'un chêne qui est une caractéristique d'armes ecclésiastiques, interpelle quelque peu. Elles auraient pu être celles de Mgr. Saint Pierre, mais les armes du prélat, qui figurent sur le monument funéraire sont différentes. On en est réduit aux hypothèses ; s'agit-il d'un hommage public rendu à Mgr. Saint Pierre lors des festivités du centenaire de la mairie en 1956 ? L'évêque était alors décédé depuis cinq ans.